Jean-Paul Jullion, Fontainier

Interview réalisée en mai 2010

Jean-Paul Jullion, fontainier chez Vivaqua depuis 27 ans.


En quoi consiste votre activité au quotidien ?

Mon métier consiste à réparer les fuites d’eau en voirie et à poser de nouvelles canalisations. J’effectue aussi les branchements d’eau des nouveaux immeubles. Je suis toujours dehors et toujours sur la route, mais uniquement à Bruxelles, dans les 19 communes. La durée d’un chantier est variable. Une fuite doit être colmatée dans la journée pour que les abonnés ne manquent pas d’eau. Le remplacement des conduites d’une rue entière peut durer un mois ou deux. Avant de commencer à creuser, je lis les plans de réseau pour être sûr de ne pas toucher une conduite de gaz par exemple. En cas de doute, j’appelle le service compétent. Je suis équipé d’une foreuse, d’une disqueuse et d’emboîteurs. J’utilise aussi une mini-pelle pour ouvrir des tranchées. L’équipe de travail est plus ou moins importante selon le chantier mais je ne suis jamais seul. 

Quelles sont les qualités nécessaires pour exercer votre profession ?

C’est un métier très physique et je travaille par tous les temps. Le matériel vraiment lourd est soulevé à l’aide d’engins de levage comme des grues mais je dois quand même porter des sacs de ciment et des sections de tuyaux assez conséquents. Il faut donc être relativement costaud. La diplomatie est aussi une bonne chose parce que les gens ne sont pas toujours satisfaits quand on leur annonce qu’on doit fermer l’eau dans leur rue. 

Quels sont les avantages et les inconvénients de votre métier ?

Je suis toujours en déplacement. Je travaille dans des quartiers variés. Je croise des gens différents tous les jours. Pour quelqu’un qui n’aime pas trop les bureaux, c’est l’idéal. Par contre, travailler sous la pluie ou sous la neige, ce n’est pas toujours facile. 

Quel est l’horaire de travail ?

Je commence à 7h30 et je termine à 16h. En cas de fuite, je travaille plus tard. Je ne laisse pas les gens sans eau, dans la mesure du possible. Lorsqu’une fuite se déclare en soirée, la garde intervient et coupe l’eau et je viens réparer le lendemain matin. Je suis de garde quatre week-ends par an.

Quelles études avez-vous faites pour accéder à votre profession ?

J’ai une formation de plombier. J’ai donc appris à poser et réparer des conduits de diamètres restreints. En arrivant chez Vivaqua, j’ai été formé à l’utilisation de plus gros tuyaux et à la lecture des plans. J’ai appris le métier sur le tas, en observant un fontainier dans son travail.

Quel a été votre parcours professionnel ?

J’ai travaillé pendant huit ans dans une société de plomberie avant de commencer comme fontainier.

Pourquoi avez-vous choisi ce métier ?

J’aime être en plein air. Ce métier me permet de rencontrer des gens, de voir un peu de tout.

Que diriez-vous à un jeune qui souhaite se lancer dans cette voie ?

C’est un beau métier, le salaire est intéressant mais il faut être robuste.

Avez-vous une anecdote à raconter ?

J’ai déjà assisté à de belles excavations ! J’ai vu des routes enfoncées sur quatre ou cinq mètres de profondeur suite à une fuite d’eau. Il n’y avait plus rien ! 

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.