Nathalie De Win, Educatrice - Econome

Interview réalisée en janvier 2009

Nadine de Win est éducatrice – économe depuis 28 ans de l’Institut supérieur de Formation sociale et de Communication (ISFSC)

En quoi consiste votre activité au quotidien ?

La fonction d’éducatrice – économe est appelée à disparaître des Hautes Ecoles. En effet, autrefois, l’enseignement supérieur de type court était considéré comme le prolongement de l’enseignement secondaire. Des profils identiques se retrouvaient donc dans les deux types d’établissements. Dans le futur, mon poste n’existera plus que dans les écoles secondaires. Dans les Hautes Ecoles, il sera remplacé par un profil purement administratif. J’exerce ce travail à l’ISFSC depuis 28 ans. Mes activités ont évolué avec le temps, mais certains aspects sont toujours les mêmes. Je m’occupe des achats pour l’école au sens large. Cela comprend des livres, des fournitures scolaires variées, mais aussi le mobilier et certaines denrées périssables. Je fais les appels d’offre, je compare les prix, je suis en contact avec les fournisseurs et je gère les stocks de l’établissement. Je suis chargée de la gestion du personnel d’entretien. Je dois prévoir les effectifs nécessaires à chaque moment. Je me suis aussi occupée du suivi des salaires, mais actuellement, un secrétariat social se charge de cette partie du travail. La gestion du personnel comprend également la résolution des éventuels conflits ou des problèmes d’absences. Je gère tous les contrats d’assurances, du personnel, du matériel et de responsabilité civile.

Je m’occupe aussi de la gestion budgétaire et des comptes. J’évalue en début d’année le matériel à remplacer, je liste les demandes diverses (mobilier, logiciels, fournitures…), je les budgétise et j’ajuste mes commandes aux rentrées escomptées. J’ai donc des connaissances en comptabilité. D’ailleurs, à l’heure actuelle, cette fonction est plutôt conférée à des personnes qui ont une formation comptable. J’assure également la perception du minerval, ce qui me demande du travail en début d’année. L’intitulé de mon poste est « éducatrice-économe ». Lorsque je travaillais dans l’enseignement secondaire, j’étais parfois surveillante dans la cour de récréation. Ici, je surveille des examens. J’ai un contact avec les étudiants. Je passe à peu près 30h sur 36h dans mon bureau. Le reste du temps, je suis dans l’école. En cas de problème, je vais voir ce qui se passe. Je me rends dans les réserves. J’approvisionne les classes en matériel. Je rencontre les fournisseurs, les firmes de nettoyage… Je m’entretiens aussi avec les professeurs qui me signalent une lampe défectueuse, un carreau cassé ou un rétroprojecteur en panne. La fonction d’économe a un côté ingrat. Je dois, un peu comme un concierge, solutionner le plus rapidement possible tous ces petits problèmes de la vie de tous les jours. Il peut donc aussi m’arriver d’appeler un réparateur, par exemple.

A un moment, nous avons adapté le système de chauffage et d’électricité pour qu’il puisse fonctionner en dehors des heures de bureau, lorsque nous organisions des cours en horaire décalé. Je me suis occupée des devis et du suivi de ces travaux.

Quelles sont les qualités nécessaires pour exercer votre profession ?

Il faut avoir une grande ouverture d’esprit, être intéressé par différentes choses. Je pense qu’il faut aussi être résistant au stress. Certains jours sont très calmes, d’autres, très agités. Il y a parfois dix incidents le même jour et les personnes attendent de vous que ce soit réglé dans l’heure. Il faut pouvoir gérer au mieux ces pics de demandes. La comptabilité et la gestion demandent une grande rigueur et une grande précision. Pour le minerval, par exemple, je dois savoir exactement qui a payé, quoi et quand.

Quels sont les avantages et inconvénients de votre métier ?

Ce métier est très varié. Deux journées ne se ressemblent pas. De plus, ce métier est très compatible avec une vie de famille puisque j’ai les mêmes congés que le personnel enseignant, et que les étudiants, à peu de choses près. Je dois assurer quelques prestations de vacances, mais je suis quand même disponible pendant la plupart des vacances scolaires.L’inconvénient est qu’en cas d’urgence, mes horaires peuvent déborder.

Quel est l’horaire de travail ?

Je peux négocier mes horaires avec la direction. Un temps plein équivaut à 36 heures par semaine réparties de préférence en quatre jours et demie. Je ne travaille plus qu’à mi-temps, mais, autrefois, je prestais un temps plein en quatre jours. D’une année à l’autre, je pouvais demander d’avoir congé un jour plutôt qu’un autre.

Quelles études avez-vous suivies pour accéder à votre profession ?

Mon travail entre dans le cadre du personnel auxiliaire d’éducation. Pour accéder à cette fonction, il faut obligatoirement un diplôme pédagogique, peu importe le domaine. J’ai fait un régendat en langues modernes–économie. J’aurais pu commencer comme économe sans avoir aucune notion de comptabilité ! J’aurais alors appris sur le tas ou suivi une formation.

Quel a été votre parcours professionnel ?

J’ai travaillé un an comme enseignante à mi-temps dans un autre établissement. Je prestais également un mi-temps d’éducatrice ici. J’ai ensuite été engagée par l’ISFSC comme éducatrice avec un intérim comme économe. Puis, le poste d’économe s’est libéré et j’ai postulé. Jusqu’à présent, la fonction d’économe est « une fonction de sélection », c’est-à-dire qu’on commence comme éducateur et qu’on postule lorsque la place est libre pour avoir la place d’économe. Il s’agit donc d’une promotion. Le salaire est supérieur à celui d’éducateur.

Pourquoi avez-vous choisi ce métier ?

C’était un non-choix au départ. Je ne trouvais pas de poste d’enseignante et je souhaitais travailler dans une école. Comme régente en économie, le passage vers l’économat était facile. En 28 ans de métier, j’en ai un peu fait le tour, bien que les choses changent. Quand j’ai commencé, l’ISFSC comptait 250 étudiants, contre 730 aujourd’hui. Des parties de mon travail de gestion ont donc été transférés à d’autres personnes puisque le personnel d’encadrement a augmenté. Et puis, la façon de faire a changé. J’ai commencé la comptabilité manuellement, puis je suis passée à Excel, puis à Cubic et puis à Winbooks. Il faut aimer s’adapter aux nouveaux outils !

Que diriez-vous à un jeune qui souhaite se lancer dans cette voie ?

Je conseillerais à un jeune de rester très ouvert, de s’intéresser à différentes choses, d’être curieux de ce que représente la vie dans une école et de ce qu’il peut faire pour l’améliorer. Il faut parfois aller au devant des demandes du personnel. Par exemple, un tableau a été placé il y a 25 ans. Le corps enseignant était alors plus petit de taille. Aujourd’hui, les gens sont plus grands qu’avant ! Cette évolution entraîne des adaptations. Le tableau est moins facilement accessible aux professeurs actuels. Je dois le placer plus en hauteur. J’essaie de rendre le cadre plus agréable, en tenant compte du budget.

Avez-vous une anecdote à raconter ?

Il y a quelques années, un incendie s’est déclaré dans la cuisine de l’école pendant la remise des diplômes des étudiants. Je n’étais plus sur place mais étant la première à arriver le matin, j’avais été prévenue la veille. Il y avait une forte odeur de brûlé. Cet incident m’a interpellé. Heureusement que c’est arrivé en fin de journée, mais si tous les étudiants avaient été dans les locaux…

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.