Horeca : les étudiants sont-ils en train de prendre la place des salariés ?
| Posté le 11/03/2026 — Actualité suivante |
Le nombre d'étudiants qui travaille dans l'Horeca a presque triplé en dix ans. S'ils sont indispensables au secteur, vont-ils pour autant en chasser les employés ?
Ils étaient 79 645 étudiants employés dans l'Horeca en 2013 et en 2024, ce nombre s'élevait à 215 831. Qu'est-ce qui explique cette augmentation ? Le secteur Horeca est fluctuant : en fonction de la météo, des saisons ou encore de la situation économique, le besoin de main-d'œuvre est plus ou moins important. Les contrats étudiants sont donc avantageux car ils sont temporaires et flexibles. En effet, les travailleurs de l'Horeca sont appelés à travailler à des horaires atypiques (le soir, le week-end et les jours fériés) car les modes de consommations changent et l'Horeca tente au mieux de s'adapter à la demande. Le secteur est également peu attractif en raison de ces horaires atypiques et des salaires souvent considérés comme faibles.
Et les étudiants, en plus d'être souvent flexibles, sont également intéressants d'un point de vue économique pour l'employeur. A volume d’heures équivalent, ils paient moins cher leurs jobistes que leur personnel salarié puisqu’ils ne doivent verser pour eux qu’une cotisation de solidarité, inférieure aux cotisations sociales traditionnelles. Un commis de cuisine sous contrat classique coûte ainsi 26,79 euros/h, alors qu’un étudiant faisant le même travail ne coûtera que 16,70 euros/h. De plus, le salaire peut être modulable selon l'âge de l'étudiant.
Les étudiants prennent-ils donc la place des salariés ?
Selon un économiste, ces données sont impossibles à quantifier actuellement. Cependant, les étudiants occupent une place de plus en plus importante dans le secteur et un effet de substitution s'observe depuis quelques années. S'ils viennent uniquement compléter le travail des salariés ordinaires, leur impact est plutôt positif. En revanche, la tendance qui se dessine montre une augmentation du nombre d'étudiants au détriment des demandeurs d'emploi (principalement les exclus du chômage). Et l'augmentation du nombre maximal d'heures (600h) que les étudiants peuvent prester n'aide pas à temporiser la situation.
Le Vif, 11 mars 2026