André Hage,
Ingénieur en construction navale

Interview réalisée en novembre 2020

Pouvez-vous présenter votre société d’ingénierie de construction navale ? 

DN&T fournit des services et de la consultance allant de la conception initiale de bateaux jusqu'à la conception de détails et de plans de production. Nous fournissons, selon les besoins des clients, des solutions complètes et optimales de bateaux. 

Fort axé sur la recherche et le développement, nous proposons le design ainsi que les calculs d’ingénierie détaillés pour différents types de bateaux, qu’il s’agisse de cargos, de bateaux de pêche, de remorqueurs, de bateaux passagers et ferries ou encore de yachts et bateaux de plaisance. 

Dans toutes ces conceptions, nous étudions et réalisons le design préliminaire, l'analyse de faisabilité, les spécifications techniques, les plans de base et de classification, les plans détaillés de coque, les équipements et les fichiers de découpe.

Par ailleurs, nous utilisons et commercialisons notre propre logiciel (LBR-5) pour l'optimisation des structures sur base du poids ou des coûts de construction. Depuis quelques années, nous avons aussi développé d’autres logiciels tel qu’un simulateur de navigation en 3D (vue 3D de l’environnement où le bateau navigue) et un simulateur de trafic sur les voies de navigations intérieures.

Quelles sont les grandes étapes de conception d’un bateau ? 

Aux premières étapes du processus de conception, il s’agit de déterminer les paramètres de base qui influenceront les dimensions du navire, la forme de la coque, le système de propulsion et ce en accord avec les exigences du client. Nous spécifions les dimensions principales suivant le type de navire, sa vitesse et sa capacité de chargement, et nous envisageons le design de l'arrangement général ainsi que l’étude des formes et de faisabilité. Par ailleurs, il s’agit aussi d’analyser le système de propulsion, d’effectuer des calculs préliminaires de stabilité, etc. L’objectif est la recherche de la configuration optimale des navires en limitant la quantité de matériaux, tout en respectant les règlements des sociétés de classification. 

Une part importante du travail consiste à intégrer les métiers de maquette numérique, maillage et calculs par éléments finis dans les domaines tels que la vibration, la propagation de fissures, l’interaction fluide/structure ou encore la dynamique rapide (chocs, impacts, explosions, etc.).

Les études hydrodynamiques par l’utilisation de la simulation numérique constituent aussi une autre facette très importante du métier. Ces études couvrent des domaines comme la résistance à l'avancement, la propulsion, la tenue en mer. Nos ingénieurs collaborent étroitement avec le bassin des carènes de l’Université de Liège. 

Y-a-t-il d’autres aspects du métier d’ingénieur en construction navale ? 

Il peut proposer des études à des fins d'assurance ou de financement ou des analyses sur des dommages survenus aux navires, aux installations portuaires ou aux équipements de transbordement. Celles-ci s'étendent à la réalisation d'études économiques, de faisabilité technique et financière, de gestion de projet ou encore en vue d'un changement de classification et de nationalité de navire. Ainsi, par exemple, nous avons procédé à des synthèses concernant l’aménagement et la réhabilitation de chantiers navals mais aussi d’infrastructures portuaires (terminaux pour navires, etc.) ou encore des calculs de structures flottantes (pontons, docks flottants, etc.).

Un ingénieur peut également être appelé comme expert auprès des particuliers, des professionnels de la navigation et des compagnies d'assurances aussi bien en Belgique qu'à l'étranger. Il effectue ainsi des mesures des formes de navires, des essais de stabilité, des calculs de structure en vue de la transformation, des inspections de la coque pendant la construction, la modification ou la réparation des bateaux. 

Sur quels types de projets travaillez-vous en ce moment ? 

Nous sommes en train d’effectuer les études suivantes :

  • Conception et suivi de construction de deux bateaux écoles pour une école de navigation à Montélimar.
  • Etude de conception d’un bateau à passager pour la communauté des communes de Cérgy Pontoise. 
  • Le port de plaisance de Jemeppe.

Et des projets pour le futur ? 

Nous souhaiterions réaliser un modèle de navire virtuel innovant. Nous avons aussi plusieurs projets de bateaux habitation en conception.

Trouve-t-on beaucoup d’ingénieurs en Belgique dans la construction navale ?

En Belgique francophone, seule l’ULg propose un master spécifique Ingénieur civil mécanicien avec une finalité « Advanced ship design ». Une vingtaine d’étudiants s’y inscrivent chaque année, dont beaucoup d’étudiants étrangers. La particularité de ce master est que la 2e année se déroule quasi intégralement en Espagne, France, Allemagne ou Roumanie.

Des ingénieurs ayant pris une autre finalité peuvent aussi intégrer la construction navale, notamment pour les calculs, mais ils sont forcément moins bien préparés. 

Y a-t-il beaucoup de débouchés dans l’ingénierie navale en Belgique ?  

Comparé à d’autres secteurs, la construction navale propose moins de débouchés dans la mesure où il y a relativement peu d’entreprises comme la nôtre spécialisée dans ce secteur précis. En Wallonie, nous sommes les seuls. En Flandre, il y en a plus.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.
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