Mr André Houyon, Tourneur-fraiseur

Interview réalisée en septembre 2006

Peut-on en savoir plus sur votre formation, votre parcours ? 

J'ai une formation A3 en tournage-fraisage. Il n'existait que deux grandes branches à l'époque ; il n'y avait pas d'électricité. J'ai été à l'école jusque 16 ans et j'ai commencé à travailler comme tourneur en 1962. Le salaire était alors la moitié de celui d'un tourneur qualifié mais il devenait équivalent après cinq années. J'ai travaillé pendant neuf ans, et cela pour trois sociétés différentes. A ce moment-là, on pouvait facilement passer d'une société à l'autre. 

Quel regard portez-vous sur votre profession de tourneur-fraiseur ? Comment la définiriez-vous ? 

Les tourneurs, c'est une profession qui devient rare ! Je pense que c'est dû au fait que les jeunes ne prennent plus le temps d'apprendre, de faire des études. Ils connaissent les bases de la programmation et ils travaillent dans une société qui dispose de machines numériques. Donc, leur rôle se confine à celui d'un presse-bouton mais ils ne sont pas qualifiés. Ils n'apprennent pas réellement le métier. Or, il faut maîtriser le conventionnel avant de pouvoir aborder le numérique. 

En quoi consiste votre travail ? Quelles sont les tâches principales ? 

Il s'agit de faire de la production sur un tour. A partir d'un plan, le tourneur-fraiseur encode sa programmation. Ensuite sa tâche consiste à réaliser une pièce en faisant en sorte qu'elle soit la plus précise possible, avec les machines qui sont à sa disposition. 

Quelles qualités faut-il réunir pour exercer la profession de tourneur-fraiseur ? 

Il doit principalement aimer son métier, être motivé par ce qu'il fait. De plus, il doit être curieux, c'est-à-dire s'intéresser à tout ce qui existe dans le secteur de l'usinage. Un bon touneur-fraiseur qualifié doit pouvoir s'adapter aux différentes machines ainsi qu'à la manière de les utiliser. Même si dix sociétés ont la même machine, on ne travaillera pas de la même manière. Lorsqu'on change de société, cela nécessite donc toujours un temps d'adaptation. 

Le métier a-t-il évolué ces dernières années (automatisation, nouvelles technologies) ? De quelle manière ? 

En tournage-fraisage conventionnel, la profession n'a pas tellement évolué, sauf au niveau des outils mis à sa disposition. Cependant, la base reste la même. Pour les autres, les machines, les outils de coupe évoluent donc les ouvriers doivent suivre le mouvement. 

Quels sont les avantages de ce métier ? 

Un avantage indéniable pour moi, c'est sa rareté. 

Quelles sont les contraintes du métier de tourneur-fraiseur ? Comporte-t-il des risques pour la santé ? 

Le coût des machines est toujours plus élevé et il faut pouvoir les amortir de plus en plus vite, même si cela s'est un peu calmé ces dernières années. Pour favoriser cet amortissement, il est nécessaire de travailler avec plusieurs équipes. 

Est-ce un métier d'avenir selon vous ? 

Bien sûr ! On aura toujours besoin de tourneurs-fraiseurs, surtout qualifiés, et cela même si certaines pièces sont à présent fabriquées à l'étranger. En tous cas, celui qui veut faire carrière, il doit se donner le temps de faire des études et d'apprendre le métier. 

Qu'auriez-vous envie de dire à une personne qui souhaite se lancer dans la profession de tourneur-fraiseur ? 

Il faut aller à l'école, apprendre les bases du métier et faire des stages dans plusieurs entreprises. Les premières années, il faudra peut-être faire des sacrifices financiers (être moins bien payé) mais c'est le passage obligé pour pouvoir progresser.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.
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