Bernard Delattre,
Correspondant de presse

De nationalité belge, Bernard Delattre (38 ans) est correspondant permanent à Paris pour le quotidien La Libre Belgique. Interview d'un «belgianman in Paris». 

Travaillez-vous pour d'autres organes de presse ?

Je travaille à temps plein et exclusivement pour La Libre Belgique.

Les pratiques journalistiques recouvrent des réalités disparates. Quelle est la particularité du correspondant permanent à l'étranger ?

Le correspondant permanent à l'étranger est un journaliste comme les autres, astreint aux mêmes responsabilités et à la même déontologie que ses collègues et confrères. Mais, par la force des choses, le fait d'être basé à l'étranger l'empêche évidemment d'exercer un certain nombre de tâches qui sont le lot courant des journalistes travaillant au sein d'une rédaction («desk», mise en page, relecture de textes, recherche iconographique, etc.). Le fait qu'il soit censé couvrir seul l'actualité de tout un pays l'oblige aussi à une certaine polyvalence et à une grande disponibilité.

Vous serait-il possible de décrire une journée type ? Quels sont vos actes posés quotidiennement ?

Les journalistes de presse écrite quotidienne, basés à l'étranger ou non, ont rarement des «journées type», celles-ci étant rythmées par l'actualité, forcément imprévisible. Sauf actualité majeure et imprévue donc, ma journée de travail se déroule généralement de la sorte:

-       7-9 heures : suivi des médias audiovisuels

-       9 heures : arrivée au bureau

-       9-10 heures : revue de la presse écrite

-       10 heures : conférence de rédaction téléphonique avec le chef de service Etranger, 1ère  ébauche des sujets à traiter pendant la journée

-       10h15-13h00 : recherche de documentation et/ou de contacts pour la rédaction des papiers envisagés

-       13h-14h : pause-déjeuner (rarement)

-       15h-16 h : confirmation par Bruxelles des papiers souhaités et de leurs volumes

-       17h-19h : rédaction des papiers commandés

-       19h : départ du bureau

-       20h-? : suivi des journaux télévisés, des émissions politiques éventuelles, et surveillance de l'actualité en soirée.

Quels sont vos principaux outils de travail ?

Mes principales sources d'information sont les contacts personnels, les conférences de presse, les collègues et les médias. Quant aux outils informatiques, j?utilise un PC directement reliéau système informatique de la rédaction située à Bruxelles, permettant une visualisation et une intervention en temps réel dans les pages du quotidien.

Comment êtes-vous devenu correspondant de presse ?

Après des humanités modernes, j'ai fait une licence en traduction-interprétariat (ISTI) et une licence en journalisme et communication (ULB). Je travaille à La Libre Belgique depuis avril 1990, successivement attaché aux rédactions régionale, économique, politique belge et politique étrangère. Je suis permanent à Paris depuis avril 2001, après la décision du journal de renforcer sa couverture de l'actualité française dans la perspective des élections présidentielles et législatives de 2002.

Votre formation a-t-elle été suffisante pour exercer votre profession ?

Oui.

Que pensez-vous des stages ?

Les stages me semblent une des portes d'entrée les plus efficaces dans ce métier.

Quels sont les aspects positifs de votre métier ?

Une relative indépendance dans l'organisation du travail, la variété des sujets traités, la richesse et l'intérêt de l'actualité, la notoriété de la fonction et le plaisir de vivre dans un autre pays.

Et les aspects négatifs ?

La masse de travail à traiter, l'exigence de disponibilité permanente, l'élasticité des horaires de travail, le manque de considération et de disponibilité des autorités locales pour la presse étrangère, le peu de participation au processus décisionnel et à la vie du journal.

Pourriez-vous nous donner une échelle de rémunération quant à cette fonction ?

Généralement, la rémunération des correspondants permanents résidant dans des capitales étrangères où le coût de la vie est plus élevé qu'à Bruxelles (Paris, par exemple) est sensiblement plus élevée que celle de leurs collègues travaillant en Belgique, précisément pour compenser cette différence. Le traitement des journalistes basés à l'étranger, comme celui de leurs collègues basés en Belgique, varie cependant selon l'âge, la formation et l'ancienneté de l'intéressé, de même que selon le tirage du journal qui l'occupe et les moyens dont il dispose.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui souhaiterait exercer votre métier ?

D'y réfléchir à deux fois et de bien se renseigner, vu les contraintes inhérentes à ce métier, qui est vraiment un apostolat. Puis, s'il (elle) est bien sûr(e) de sa vocation, de prendre son courage à deux mains et de se lancer, sans redouter les obstacles.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.
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