Descamps,
Installateur électricien résidentiel

Interview réalisée en janvier 2008

Entretien avec M. Descamps, 63 ans, installateur électricien résidentiel (Etablissements Descamps).

Quel est l’intitulé de votre métier ?

Je suis installateur électricien, donc installateur et dépanneur indépendant. Je suis donc patron et chef d’entreprise.

Quelles sont les différences entre les trois secteurs – résidentiel, industriel et tertiaire ?

Résidentiel, c’est pour les particuliers. L’industriel c’est pour l’industriel, c’est-à-dire les entreprises où il y a de la fabrication de matières. Et le tertiaire, c’est le secteur où il y a du personnel plutôt de type employé, comme les banques, les assurances, etc. Dès qu’il y a du personnel employé, on est dans la partie tertiaire.

Y a-t-il une différence quand vous travaillez pour l’industrie, pour le tertiaire ou pour le résidentiel dans la pratique de votre métier ?

Différence de pratique, pas tellement, mais les réglementations sont tout à fait différentes.

Si vous deviez expliquer concrètement en quoi consiste votre travail au niveau domestique résidentiel, que diriez-vous ? Des exemples concrets de projets, de chantier ?

Le premier travail d’un électricien, c’est peut-être ce qui fait un peu reculer la jeunesse de ce métier, c’est de faire les saignées dans les murs. Ce n’est pas vraiment un travail lourd avec le matériel dont on dispose actuellement, mais fort poussiéreux. L’entrée en matière, faire les rainures, c’est la première chose qu’un électricien exécute dans un bâtiment. Ensuite, il s’agit de placer les tubes avec les fils dedans, les câbles. On va terminer en plaçant l’appareillage aux endroits déterminés, placer les coffrets et faire tous les raccordements. C’est ça le vrai métier d’électricien.

Avez-vous toujours été indépendant ?

Non, j’ai travaillé jusqu’à l’âge de trente-quatre ans comme salarié dans une entreprise. Au début, comme électricien d’entretien dans cette industrie et, après, j’ai été muté, suite à une demande, dans les systèmes de production, plutôt comme cadre.

Que sous-entend le statut d’indépendant au niveau professionnel ? Quels sont les avantages et les inconvénients ?

Disons qu’il y a beaucoup plus d’inconvénients que d’avantages à être indépendant, mais cela donne un certain rendu du travail qu’on fait : on travaille pour soi, donc on se dirige soi-même. Mais ça demande une sérieuse dose de concentration pour la gestion, notamment celle de votre entreprise, surtout quand on a du personnel. Il faut avoir du boulot tous les jours. La grande différence avec un salarié, c’est qu’il ne s’agit pas d’un travail de huit heures par jour, mais de prestations beaucoup plus longues. Il faut être d’une grande disponibilité.

Quelle est votre formation ?

Depuis que je suis tout jeune, l’électricité m’a toujours intéressé. J’ai toujours été attiré par le montage électrique. Il faut dire qu’à cette époque-là, l’électricité arrivait seulement. On avait quelques lampes, quelques prises dans une maison, mais on n’avait certainement pas l’électroménager qu’on possède maintenant. Et puis mes parents ont voulu me faire suivre à l’école des cours en mécanique, ce qui n’a pas marché parce que cela ne m’intéressait pas du tout. Donc, je suis parti en apprentissage en électricité. J’ai fait toutes mes études en cours du soir. Je suis arrivé au niveau graduat en électronique industrielle.

Que donneriez-vous comme conseil à un jeune en termes de formation et pour entrer dans la vie professionnelle ?

Le métier demande quand même une formation théorique assez poussée. C’est assez compliqué et il est très difficile de faire comprendre aux jeunes que la théorie est nécessaire car il est vrai qu’elle ne sert pas souvent, en domestique en tout cas. Je crois que, malgré tout, il faut aller au moins jusqu’au secondaire supérieur avant de se lancer dans le métier.

Au niveau humain, qu’est-ce qui fait, selon vous, un bon électricien ? Au niveau des qualités, il y a évidemment les compétences, donc la pratique, le savoir-faire, ce qu’un électricien est censé faire. Qu’est-ce qui fait la différence entre un bon et un mauvais électricien, en termes de qualités humaines ?

Je pense que la plus grande qualité humaine qui différencie un bon électricien d’un mauvais, c’est la conscience professionnelle. Quand le travail est bien fait, il n’y a aucun risque d’accident. C’est vrai que c’est un métier où il faut toujours être sur le qui-vive.

Au bout de toutes ces années, avez-vous eu l’impression d’avoir été en danger, d’avoir pris des risques ?

Non, justement. Si vous connaissez bien le métier, vous ne prenez pas de risques. Si vous ne le connaissez pas, là, vous prenez des risques énormes. C’est là que la connaissance de la théorie intervient énormément.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.
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