Docteur Lelubre,
Spécialiste en médecine interne

Interview réalisée en février 2019

Quel est votre parcours scolaire et professionnel ?

J’ai commencé mes études à l'ULB en 1999. En 2006, j’ai choisi ma spécialisation en médecine interne. J’ai effectué des stages très différents puisque nous changions de stage tous les trois mois. Je suis passée du service de pneumologie à celui de cardiologie, de gériatrie, de cancérologie ou encore de néphrologie. Le spécialiste en médecine interne peut s’occuper de différentes pathologies et notamment des maladies orphelines. Il est donc très important d’en connaitre un bon nombre pour pouvoir réaliser un diagnostic.

Devez-vous suivre régulièrement des recyclages ?

Oui, nous devons assister à des exposés, des séminaires, des colloques ou encore des congrès. La plupart du temps, il n’est pas évident d’avoir des disponibilités pour ce genre de formations. C’est pour cette raison qu’entre collègues, nous discutons beaucoup afin de nous entraider. Il est très important que nous nous maintenions à jour par rapport à toutes les évolutions. 

Quelle est votre charge de travail ?

J’ai un poste à temps plein à l’hôpital Marie Curie et j’habite à Bruxelles. Je fais les trajets tous les jours. Les journées sont longues et nous effectuons également les gardes. Il y a parfois des journées qui paraissent interminables… On commence tôt le matin et on peut terminer le lendemain. Les week-ends, nous avons nos gardes, cela nous permet de faire le tour de nos patients durant leur hospitalisation. Il y a également nos permanences pendant lesquelles nous sommes joignables de 8h à 18h. 

Quelles qualités faut-il pour être médecin interniste ?

Il faut être perfectionniste et curieux car nous recherchons le moindre détail. Il faut toujours vouloir améliorer ses connaissances. Il est également très important d’être à l’écoute, c’est fondamental pour cette fonction. Il faut décoder les plaintes des patients au-delà des « mots » - « maux », ce qui n’est pas toujours clair au début du métier. 

Quel est l’aspect négatif de votre profession ?

C’est un métier contraignant qui prend beaucoup de votre temps. La relation avec les collègues est parfois tendue. Les patients sont de plus en plus revendicatifs, comme les étudiants. Le respect a nettement diminué pour notre fonction. Avec l’arrivée d’Internet, les patients cherchent eux-mêmes la « solution » et ils croient la détenir. Ils n’hésitent pas à mettre la parole du médecin en doute. Ce n’est pas que négatif car ils deviennent de plus en plus acteurs de leur santé. Cependant, nous passons beaucoup de temps à leur expliquer notre manière de fonctionner. C’est une perte de temps pour tout le monde.

Quels conseils donneriez-vous à un étudiant qui veut entamer ses études en médecine ?

Je leur conseillerai de choisir une spécialité en fonction de leur vie privée. De bien réfléchir à leurs objectifs de vie et de comprendre que la médecine interne prend beaucoup de temps.

 
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