Docteure Sophie Cockx,
Médecin du sport

Interview réalisée en janvier 2019

Quelle est votre formation ?

Depuis l’âge de 6 ans, je veux devenir médecin et je n’ai jamais changé d’avis. Mon père est médecin donc je savais dans quel domaine je me lançais. C’était par contre plus compliqué pour choisir ma spécialité. J’aimais l’orthopédie et je voulais y inclure le sport. Mon père me disait que médecin du sport n’était pas une spécialité, alors j’étais un peu perdue. On m’a conseillé de choisir médecine physique et de réadaptation, cela reprenait l’orthopédie et la rééducation. 

Durant mon cursus en médecine physique et réadaptation, j’ai pu y associer une formation en médecine du sport. Cette formation est un certificat interuniversitaire organisé par l’ULB, l’UCL et l’ULG. 

En quoi consiste concrètement le métier d’un spécialiste en médecine physique et réadaptation ?

Les spécialistes en médecine physique et réadaptation suivent des patients qui ont besoin de rééducation due à leur pathologie ou leur handicap. Par exemple, une personne devenue paraplégique suite à un accident ne sait pas subitement vivre avec son handicap. C’est le spécialiste en médecine physique et réadaptation qui va l’accompagner pour lui apprendre à utiliser un fauteuil roulant, à se déplacer, à s’organiser dans la vie de tous les jours. 

Par rapport à votre parcours, que vous apporte la certification en médecine du sport ? 

La médecine du sport est un domaine très large. Nous traitons à la fois la physiologie du sportif et la partie traumatique. Pour un sportif, la moindre inflammation doit être traitée très rapidement. Pour Monsieur Tout-le-monde, une inflammation passe avec le temps, mais le sportif n’a pas le temps d’attendre. Il y a tous types de sportifs, aussi bien débutants que professionnels. Nous avons aussi des non-sportifs qui veulent devenir sportifs et commencent à pratiquer un sport et se font généralement de petites blessures, donc c’est bien de les conseiller. 

La médecine du sport comprend également la partie antidopage, aussi bien dans la prévention que dans la répression. Ce n’est pas toujours pour réprimander le sportif, mais pour l’accompagner et pour l’informer sur les différentes substances qu’il prend.

Le médecin du sport peut également s’occuper du sport pour les personnes handicapées. C’est notamment un domaine que je connais bien car je travaille avec Handisport et pour le comité paralympique. Il ne faut pas oublier qu’eux/elles aussi sont considéré·es comme des sportifs et qu’ils/elles ont besoin d’un suivi.

Un médecin du sport peut également coacher une équipe sportive dans son entrainement, dans ses compétitions et dans son évolution. Les médecins qui s’orientent dans ce domaine doivent être conscients des nombreux déplacements, de la charge de travail et de l’engagement qu’ils prennent car ils sont tenus à obtenir des résultats. Néanmoins, c’est très gratifiant de faire évoluer une équipe. 

Le sport est pour moi comme un médicament et je pousse les gens à en faire. D’ailleurs, un nouveau concept apparait petit à petit, c’est de proposer des activités sportives aux personnes souffrant de maladies chroniques ou de pathologies lourdes. Un certificat universitaire existe d’ailleurs, cela s’appelle « Exercise Medicine ». L’objectif du programme est de former les praticiens à utiliser l’activité physique comme outil de prévention secondaire dans la prise en charge de malades chroniques. 

Par exemple, nous avons mis en application une thérapie par la danse pour les parkinsoniens. En effet, les personnes atteintes par la maladie de Parkinson bougent de moins en moins et, donc, cette thérapie permet de garder une certaine mobilité et autonomie. L’activité physique a réellement un impact sur le traitement de la pathologie, cependant, il est difficile de le faire comprendre au quotidien pour les patients souffrant de pathologies lourdes comme le cancer. C’est donc au médecin de démontrer la pertinence du sport à cette catégorie de patients. 

Quel est votre cadre professionnel ? 

On travaille directement avec les kinésithérapeutes, les ergothérapeutes et d’autres spécialistes, comme les cardiologues, les neurologues, etc. Nous travaillons en concertation et nous sommes orientés sur les résultats.

A quel moment consulte-t-on un médecin du sport ?

Généralement, le patient est envoyé par le médecin généraliste qui a prescrit des séances de rééducation. Un patient peut aussi venir de manière spontanée. C’est aussi un rôle de collaboration entre les médecins. Le spécialiste en médecine physique et réadaptation collabore avec d’autres spécialistes pour le bien-être du patient. Le généraliste a énormément de pathologies à gérer et donc il doit dispatcher vers les spécialistes. 

Quelles qualités faut-il pour exercer votre métier ?

Il faut des qualités humaines et savoir bien se positionner. Il faut garder en tête que ce sont des patients avant d’être des sportifs. Ce n’est pas toujours facile puisque les sportifs sont orientés sur les résultats, donc ils attendent du médecin de trouver au plus vite une solution à leur problème. Il faut être capable de ne pas céder à la pression des entraineurs ou des sponsors. Quand on est dans un haut niveau, il faut garder la tête froide et conscientiser le patient sur l’enjeu de sa rééducation, qui doit passer avant la compétition.

Quels sont vos horaires de travail et vos tâches quotidiennes ?

J’ai des consultations ouvertes, donc pas vraiment d’horaires fixes. Si on prend en charge une équipe, il faut la suivre sur le terrain, donc difficile d’avoir des horaires fixes. Cependant, ce n’est pas mon cas. Mes tâches quotidiennes sont principalement les consultations, les évaluations et la rééducation.

Suivez-vous des formations complémentaires ?

Je participe généralement à des conférences, des congrès, etc. C’est très important car il y a beaucoup d’avancées dans ce domaine, notamment avec la pratique d’un sport pour les pathologies plus lourdes.

 
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