Eric Bertrand, Médiateur scolaire

Interview réalisée en janvier 2008

Eric Bertrand est chargé de mission auprès de la Direction Générale de l’Enseignement Obligatoire de la Communauté française. Il est régulièrement appelé dans les écoles pour faire de la médiation scolaire.

Pouvez-vous nous présenter brièvement les services de médiation scolaire en Belgique francophone ? 

On retrouve deux services distincts : le « Service de Médiation Scolaire en Wallonie », pour lequel je travaille, et le « Service médiation scolaire bruxelloise ». A Bruxelles, on ne retrouve que des médiateurs internes, c’est-à-dire attachés à un établissement. Ils sont donc nombreux. Pour ce qui concerne la Wallonie, il y a trente médiateurs externes, pas un de plus, pas un de moins. Les médiateurs, qui interviennent tous réseaux confondus, couvrent chacun une ou plusieurs zones : Namur, Sud Luxembourg, Mons-Borinage, Hainaut Sud, Hainaut Occidental, Hainaut Centre, Charleroi, Liège et Brabant wallon. Pour ce qui me concerne, je travaille dans les régions namuroise et luxembourgeoise. Ainsi, je peux donc être appelé par chacun des établissements de ces deux zones en fonction des besoins. 

Qui fait justement appel à vous ?

Cela peut-être les directions d’école elles-mêmes mais aussi les enseignants, les éducateurs, les élèves, les parents d’élèves, les services d’aide à la jeunesse ou toute personne inquiète par rapport à la situation d’un élève.

A quoi sert un médiateur scolaire ?

Il facilite le dialogue entre les acteurs, il évite les tensions, il formule des solutions possibles et construit des actions à moyen et long terme. Il traite des cas de violence à l’école, de décrochage scolaire, d’assuétudes et de maltraitance. Il met en pratique des projets à travers l’éducation à la citoyenneté, les espaces de rencontre et des projets de prévention. Il est important de souligner qu’un médiateur n’impose pas un accord ou un projet. Il contribue simplement à sa construction. Il lance des pistes de travail et aide à la réalisation d’outils pour conduire les acteurs de l’école à plus d’autonomie. 

Dans quel cadre inscrit-il son action ?

Il l’inscrit dans une communication créative, une compréhension de soi et des autres et un respect des personnes et des lois. 

Quel a été votre parcours personnel ?

J’ai longtemps enseigné l’éducation physique puis des cours généraux et accompagnement en CEFA. Je souhaitais toutefois réorienter quelque peu ma vie professionnelle. Et j’ai appris que la Communauté française cherchait des médiateurs. Mes expériences professionnelles m’ont donné une bonne connaissance du monde scolaire et m’ont amené à postuler. 

Quelle est la procédure de recrutement ?

En cas de poste vacant, une annonce est diffusée dans les écoles ainsi que sur les sites du FOREM et/ou de l’Orbem. Les personnes intéressées sont invitées à présenter leur CV et à passer des examens écrits et oraux qui portent directement sur des situations typiques de médiation scolaire. Il est souhaité d’avoir un passé d’enseignant et/ou de travailleur social comme psychologue ou assistant social. Le métier nécessite en effet un certain vécu. A Bruxelles, c’est le « Service de médiation bruxelloise » qui s’occupe du recrutement des chargés de mission et en Wallonie c’est le « Service de médiation scolaire ». 

Quelles sont les tâches les plus fréquentes que vous devez effectuer ? 

Les situations de décrochage scolaire sont abondantes. Dans la plupart des cas, cela est souvent lié à des problèmes familiaux. En cas de conflit entre un élève et un professeur, l’objectif est de comprendre ce qui déclenche le comportement de l’élève et, le cas échéant, d’aller expliquer brièvement, car on est tenu au secret professionnel, au professeur la raison de l’indiscipline. Cela lui permettra de mieux comprendre son étudiant et d’éviter la réapparition d’un conflit. Toujours en cas de problème à l’école, tels que maltraitance, assuétude ou racket par exemple, on peut-être aussi amené à rencontrer les parents voire le service d’aide à la jeunesse qui suit l’élève. Certains cas ou certaines tâches peuvent être très vite réglés mais d’autres, comme des actions de prévention, peuvent prendre plus de temps. Des animations de prévention sont ainsi menées dans les classes. Je suis actuellement en train de travailler sur un projet qui relie les différentes situations (violence à l’école, décrochage assuétudes, maltraitance) sous forme de jeu.

Qu’est-ce qui vous plait dans l’exercice de votre métier ? 

La grande diversité du travail et le fait que l’on ne sache pas une semaine à l’avance quels cas nous allons devoir traiter. Le travail ne manque pas.

Quel conseil donneriez-vous à une personne intéressée par le médiateur scolaire ?

Elle doit être fortement intéressée par les jeunes en général, et les problématiques qu’ils peuvent rencontrer en particulier, mais aussi par le droit scolaire. Un médiateur scolaire se doit de connaître le système scolaire belge. Il se doit aussi de très bien connaître toutes les composantes de l’école mais aussi les partenaires externes, comme les CPMS, les associations ou encore les services d’aide à la jeunesse. 

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.
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