Frédéric Deceuninck,
Ingenieur process

Le secteur de l'agroalimentaire comporte également tout un aspect de production qui fait appel aux biotechnologies. C'est le cas notamment pour la brasserie, qui utilise aussi un "matériel vivant", les levures, pour la fabrication de la bière. Frédéric Deceuninck est ingénieur industriel responsable des "process" chez Interbrew.

Quel est votre travail chez Interbrew ?

Je suis ingénieur Process sur le site de production d'Interbrew à Jupille. Cela veut dire que je suis chargé d'optimaliser le procédé de fabrication de la bière. C'est donc assez large : trouver des idées pour optimaliser certaines parties de la production, ou solutionner certains problèmes. Je gère principalement les projets d'investissements, par exemple pour l'acquisition de nouvelles machines susceptibles d'améliorer les rendements de fabrication.
Je m'occupe également de la formation du personnel sur de nouveaux équipements, ou pour les procédés de brasserie, etc.
Depuis que je suis là, il n'y a pas eu 2 jours similaires ! Cela va de la mise en place d'une nouvelle machine à un projet de fabrication d'une nouvelle bière.
C'est vraiment différent de A à Z.

Voilà un bel exemple concret : lancer une nouvelle bière sur le marché. A votre stade, comment cela se passe-t-il ?

Moi, je n'interviens pas dans la recherche de départ. Si Interbrew décide de créer une nouvelle bière, je n'interviendrai qu'à la fin pour qu'on puisse la fabriquer sur notre site, c'est-à-dire après le processus de recherche et la création de la nouvelle bière à petite échelle. La fabrication à petite et à grande échelle étant fort différente, mon travail consistera à adapter la recette inventée à la fabrication à l'échelle industrielle.

Depuis quand êtes-vous chez Interbrew ?

Cela fait 3 ans que je suis sur le site mais cela fait 6 mois que j'occupe la fonction d'ingénieur Process. J'ai d'abord été dans le "département qualité". J'étais Coordinateur Environnemental sur le site. Dans ce cadre, je m'occupais de la station d'épuration des eaux usées. D'une capacité importante ! Car il faut savoir que lorsqu'on produit beaucoup de bière, on consomme beaucoup d'eau, qu'il faut traiter avant de la rejeter.
J'ai été chargé de la certification selon la norme ISO14 000, qui est une norme de qualité concernant l'environnement. Cela consiste à faire une analyse des impacts de notre site de production sur l'environnement (sur l'air, l'eau, la consommation d'énergie, etc.) et à trouver des solutions pour réduire ces impacts, tout en faisant en sorte que les performances s'améliorent sans cesse.
En résumé, il s'agissait de mettre en place un système de gestion pour permettre de s'améliorer tout en respectant les normes environnementales en vigueur. Cela m'a permis de travailler avec tous les départements du site, de rencontrer différentes personnes. C'était très intéressant, j'ai appris énormément grâce à cette expérience.

Quelle est votre formation ?

J'ai une formation d'ingénieur brasseur de l'Institut Meurice.

Votre formation vous aide-t-elle dans votre travail ?

Oui, pour tous les aspects techniques, de la nouvelle machine à manipuler à la réduction des consommations d'énergie ou à l'optimalisation des groupes de travail, etc ...
Par contre, la gestion de personnel, cela ne s'apprend pas à l'université. C'est selon moi quelque chose que l'on a en soi ou pas. Cela s'apprend tous les jours en discutant avec les gens. C'est ce qui est bien évidemment le plus imprévisible et donc le plus difficile à maîtriser.

Quels sont les avantages et les inconvénients de votre travail ?

C'est très varié et cela me convient. C'est aussi très gai d'essayer de découvrir les différences qui existent entre les différentes bières, leurs défauts, etc.! J'aime aussi avoir une certaine responsabilité. Il va de soi que cette variété dans le travail rend les horaires lourds et intenses à certains moments, ce qui n'est pas toujours facile à gérer.

Quel était votre rêve lorsque vous étiez enfant ?

J'ai eu plusieurs phases. J'aimais bien les sciences, j'avais de bonnes notes à l'école, mes parents et mes profs me disaient de me diriger dans ce domaine-là mais ce n'était pas une vraie passion, loin de là ! Je préférais le sport ou le travail à la ferme. C'est marrant quand j'y repense, je ne sais pas comment je suis devenu ingénieur car j'ai d'abord voulu être fermier puis prof de gym. Même à 18 ans, j'ai longtemps hésité entre la licence en éducation physique et les études d'ingénieur.
Puis j'ai commencé à Mons, les études d'ingénieur civil architecte, mais ça ne s'est pas très bien passé. J'ai rencontré ensuite quelqu'un qui avait fait des études d'ingénieur brasseur. Ce qu'il me racontait m'a plu ! Après mes deux candidatures, je me suis donc inscrit en licence à Anderlecht, à l'Institut Meurice.

Quelles sont les qualités nécessaires pour faire ce boulot ?

Il faut être à la fois rigoureux et imaginatif : puisqu'on nous demande d'optimaliser, il faut donc avoir des idées d'amélioration. Ce n'est pas toujours facile à trouver !
Il faut également être sociable et suffisamment "débrouillard" pour trouver la bonne information.

Quelles sont vos perspectives personnelles ?

D'ici 2 ou 3 ans, j'aimerais pouvoir travailler à l'étranger, tout en restant à l'intérieur d'Interbrew, afin de découvrir autre chose. Je pourrais aller au Canada par exemple. J'ai d'ailleurs commencé des cours d'anglais intensifs, il y a peu.
Sinon, comme beaucoup de brasseurs, je rêve d'avoir ma propre brasserie mais là, je ne sais pas si ça se réalisera un jour !

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.
Ce site web utilise des cookies à des fins d'analyse ou d'expérience utilisateur. En savoir plus