Gwenaëlle Biard, Coloriste textile

Interview réalisée en janvier 2007

Gwenaëlle BIARD est coloriste textile depuis 1 an.

En quoi consiste votre activité au quotidien ?

Je fais partie d’une entreprise de coloration de tissus. Les particuliers ou entreprises font appel à nous pour un projet bien précis. Nous réalisons, dans notre usine, l’impression des couleurs en fonction des matières. La confection-même ne se fait pas chez nous. Mon domaine d’intervention quotidien est très large : cela va de la recherche des tendances de couleurs et de matières jusqu’à la validation des projets en machine. Les tendances sont trouvées via les magazines, l’internet, les salons, l’observation au quotidien,… Une fois que les tendances sont décidées, on en ressort les grandes thématiques et les orientations des couleurs pour la décoration d’intérieur. L’objectif est de trouver une harmonie, un équilibre dans le visuel des couleurs en décoration d’intérieur. Ensuite, on applique sur les maquettes informatisées (créées ou non par nous) les couleurs définies par le projet. Après, l’étape de validation des couleurs sur machine est indispensable, elle varie en fonction des différentes techniques, de la demande du client et de la matière du textile utilisé. Le prototype est imprimé et transféré à l’ingénieur couleur qui fera le dosage et le mélange des pigments afin de colorer la matière finale. Le prototype est imprimé sur des bons à tirer et le client achète en mètres. Mais on ne fait pas de confection !

Quelles sont les qualités nécessaires pour exercer votre profession ?

Il faut de la persévérance et de la rigueur dans son travail. C’est important d’être curieux et créatif, que ce soit pour les couleurs, la matière ou les maquettes. Il faut avoir un véritable sens de l’observation pour découvrir les nouvelles tendances. Ça peut paraître bizarre, mais il faut de la sensibilité dans les couleurs et une certaine spontanéité dans la création, toujours avec le souci de coller à l’image de marque de l’entreprise. Il est très important également d’avoir ce côté précurseur, avant-gardiste, de toujours avoir ce souci de nouveauté. Il ne faut pas avoir peur de l’originalité, d’apporter des nouvelles idées. Il faut apprécier le travail en équipe et avoir confiance en ses collègues. Il faut également apprécier le côté commercial et donc, avoir une bonne gestion du temps et du travail. Le sens du contact relationnel est une priorité, que ce soit avec son équipe ou les clients.

Quels sont les avantages et inconvénients de votre métier ?

Comme avantages, je citerais en priorité le contact social et le travail en équipe. C’est important pour moi d’avoir confiance en mes collègues au niveau professionnel. J’apprécie aussi les contacts avec les clients. Mon travail au quotidien est différent, je ne travaille jamais avec le même dessin ou les mêmes couleurs. Le travail avec les couleurs est pour moi un réel plaisir, je vois cela comme un moyen d’expression des émotions.

Les inconvénients, je n’en vois pas beaucoup…sans doute parce que je suis en début de carrière. Pour certains, cela pourrait être le travail sur ordinateur, mais pour moi, c’est un outil de travail essentiel. Le temps de travail et de la masse de travail ne sont pas toujours simples à gérer : malgré tout, ce n’est pas un inconvénient majeur. Pour moi, c’est plus un défi. Les contraintes de production sont parfois exigeantes, il faut pouvoir aussi gérer cela.

Quel est l’horaire de travail ?

C’est difficile de répondre à ce genre de questions car c’est très variable. Le plus souvent, je travaille de 8h à 17h, avec parfois quelques heures supplémentaires. Les horaires varient selon les entreprises et selon les contraintes de production. Je pense qu’à certaines périodes, il faut se montrer flexible dans les horaires.

Quelles études avez-vous faites pour accéder à votre profession ?

J’ai terminé mon bac général en sciences économiques et sociales avec l’option art plastique. Ensuite, j’ai suivi une année préparatoire en arts appliqués. J’ai obtenu, en deux ans, le BTS (Brevet Technique Supérieur) en communication visuelle. J’étais alors graphiste. J’ai travaillé dans cette fonction pendant trois ans. En parallèle avec mon travail, j’ai suivi une formation d’une an en créateur textile.

Quel a été votre parcours professionnel ? 

Pendant mes études, j’ai travaillé comme habilleuse pour les défilés de mode. Pendant mon BTS en communication visuelle, j’ai travaillé en alternance comme graphiste dans une entreprise. Lorsque j’ai obtenu mon diplôme supérieur, j’ai travaillé pendant une année comme graphiste dans une autre entreprise. En fin de formation de créateur textile, j’ai réalisé un stage en tant que coloriste textile dans une entreprise qui fabriquait des tapis d’art contemporain. Et maintenant, cela fait deux ans que je suis coloriste textile sur ordinateur à Masureel International. 

Que diriez-vous à un jeune qui souhaite se lancer dans cette voie ?

Qu’il faut s’accrocher, que ce n’est pas toujours facile mais que cela en vaut la peine. Je dirais qu’il est important de savoir se détacher de son travail et d’accepter la critique. Les critiques ne sont pas personnelles, elles sont objectives et portent sur un travail. Il faut utiliser les critiques comme un outil constructif !

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.
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