Infirmière en chef en Maison de Repos et de Soins

Interview réalisée en janvier 2007

Interview d'une infirmière en chef en MRS, Cliniques de l'IPAL, site du Valdor.

Quelle est la différence entre une maison de repos et une maison de repos et de soins ?

L’échelle de KATZ, qui mesure la dépendance d’un patient, permettra d’évaluer si une personne âgée ira en maison de repos ou en maison de repos et de soins.Il s’agit d’une échelle liée aux activités quotidiennes comme, par exemple, la capacité à se laver, s’habiller, se déplacer, se rendre aux toilettes… ainsi que les capacités au niveau de l’appréhension du temps et de l’espace. En résumé, on peut estimer qu’une personne a sa place en maison de repos et de soins lorsqu’elle n’est pas malade dans le sens où son état n’exige pas la présence quotidienne d’un médecin mais qui est incapable de vivre seule à domicile: leur dépendance est plus importante que ceux que l’on rencontre en maison de repos. Ce sont souvent des personnes grabataires.

Quelles sont les aptitudes pour travailler en maison de repos et de soins ?

Il faut avant tout aimer l’aspect social du métier.On soigne d’une manière globale, le spectre de nos actes est très large. L’hébergement de nos patients doit avoir un sens. Le but est qu’ils profitent de la vie qui leur reste à vivre. Notre tâche est de trouver l’équilibre entre le plaisir qu’ils éprouvent à rester en vie et des soins de qualité. Nous travaillons au cas par cas mais avec une équipe pluridisciplinaire. Je vous donne un exemple : nous avons une pensionnaire de 98 ans, elle est diabétique et sous insuline et, son péché mignon est le gâteau au chocolat ! Et bien nous la laissons en manger et nous adaptons son insuline.

Quels sont les soins que vous apportez aux personnes âgées ?

Une observation constante, des soins d’hygiène... Leur hébergement doit avoir un sens, on essaie que le patient profite de la vie. Le plaisir permet une certaine qualité de vie.

Comment est organisée votre journée de travail ?

Elle est essentiellement axée sur les soins d’hygiène et sur une observation constante.Cette dernière est primordiale. Les pensionnaires n’étant pas « malades » au sens strict des soins, nous nous devons d’observer attentivement leur quotidien. Ne pas les forcer à manger, par exemple, mais s’en inquiéter si cela arrive et trouver la solution au cas par cas. Peut être n’aime-t-il pas ce repas, peut être est-il fatigué ou souffre-t-il d’un mal au ventre.

Quels sont les rapports que vous entretenez avec les familles ?

L’ambiance est ici très familiale. Nous connaissons bien les familles mais nous nous efforçons de garder des limites professionnelles. Il existe des personnes qui considèrent que nous faisons partie de leur cercle familial de part notre présence. Certaines nous tutoient, se servent dans les armoires… Nous devons créer une distance professionnelle qui est très bénéfique à tout le monde. Il existe aussi un autre problème : celui de la culpabilité ressentie par la famille obligée de placer un proche en maison de repos et de soins et qui est très critique vis-à-vis de nous. Notre travail est de leur faire accepter sereinement la situation.

Comment vivez-vous le côtoiement avec la souffrance, la vieillesse, la mort ?

Très souvent, la personne décline et les choses se passent en douceur.

Ce métier nous apprend à intégrer la mort comme une partie de la vie. C’est une profession humaniste, il faut aimer s’occuper des autres et aimer travailler en équipe. Notre équipe, pour trente-deux lits, se compose de sept infirmières, sept auxiliaires de soins, une kinésithérapeute, une logopède, une ergothérapeute et une animatrice. Les décisions sont toujours collégiales.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.
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