Jean-François Six, Mareyeur

Interview réalisée en janvier 2020

Pouvez-vous retracer brièvement votre parcours scolaire et professionnel ?

Mes parents étaient agriculteurs. Quand j’avais 8 ans, mon père s’est lancé dans la pisciculture, tout en gardant sa ferme. Il fournissait des truites aux étangs de pêche et fumait ces poissons. En 1995, il a investi dans un bâtiment industriel. Je travaillais avec lui. On livrait les écoles, les restaurants, les poissonneries.  En 2002, j’ai arrêté la pisciculture car cela me demandait trop de temps et je me suis concentré sur le commerce de poisson.

J’ai fait un peu d’agronomie à l’école mais c’est surtout en observant mes parents travailler et en les aidant que j’ai appris mon métier.

Pourquoi avoir choisi cette profession ?

Je suis tombée dans la marmite quand j’étais petit !

En quoi consiste votre travail ? 

Je me lève à 4h30 et me rends d’abord dans ma société. Je suis le premier à arriver. J’écoute les messages sur le répondeur et je consulte les commandes dans le programme de traçabilité. Le dimanche soir, je regarde déjà sur Internet ce qui est disponible en termes de tonnage. Le lundi matin, je vais à la criée à Zeebrugge ou à Ostende. Afin de couvrir les frais de mon trajet, je charge donc dans mon camion les commandes que je livre à la côte. Lorsque j’arrive à la criée, je regarde la qualité des poissons disponibles. Je note les numéros de lots de poisson et les bateaux qui m’intéressent. La vente aux enchères commence à 6h45. C’est une vente descendante, c’est-à-dire que le crieur propose un prix pour un lot. Ce prix descend jusqu’au moment où un mareyeur décide d’acheter la marchandise. Les ventes se font bateau par bateau. J’achète généralement environ 1.000 kilos de poisson mais je peux parfois monter jusqu’à 1.500-1.800 kilos. Je me rends à la criée 2 fois par semaine, le lundi et le mercredi. De plus, chaque nuit, des camions me réapprovisionnent en poisson provenant de Norvège et d’Islande (saumon), ainsi qu’en moules et crustacés de Hollande.

Quels sont vos horaires de travail? 

Ce sont de longues journées. Le lundi, je me lève à 4h30 et je rentre chez moi vers 19h30-20h. Le mardi matin, mon équipe est là dès 5h pour préparer les commandes.

Quels sont les aspects positifs et négatifs de votre profession ?

Je ne vois pas beaucoup d’aspects négatifs, à part que n’ai pas beaucoup de vie de famille. J’ai tout concentré sur ma société.

Les points positifs sont les compliments des clients sur mes produits. Ils me félicitent sur la qualité de mon savoir-faire, de ma marchandise. Ils sont fidèles. Peu importe le client, qu’il soit particulier ou grossiste, il faut lui offrir le même service.

Quelles sont les qualités requises pour être mareyeur ?

Avant tout, il faut être courageux et avoir la fibre commerciale. Sans cela, ce n’est pas la peine de se lancer dans ce métier. Par ailleurs, découper un poisson nécessite une dextérité hors norme. Il faut minimum un an pour l’apprentissage de la technique.

Avec qui collaborez-vous ? 

Avec la criée et des importateurs du monde entier.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui souhaite se lancer dans ce métier ?

Il faut être passionné. Ne pas baisser les bras. Quand mon père a quitté la société, j’ai dû la gérer seul. Il a fallu être positif à 100% et résister au maximum.

Ce métier offre-t-il des débouchés ?

Oui, il y a de la demande. Mais il faut un gros capital pour commencer. En effet, les banques ne prêtent pas facilement quand il n’y a pas d’apport personnel.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.