L’entreprise GSK Biologicals (GlaxoSmithKline) mène des activités de recherche, de développement et de production de vaccins utilisés dans le monde entier. Rencontre avec Karine Goraj, project manager en R&D sur le site de Rixensart. 

Quelle est votre formation, votre parcours professionnel ?

En 1985, j’ai obtenu une licence en biochimie à l’Université de Liège. Puis, j’ai fait un doctorat en biochimie des protéines au sein d’un laboratoire de biologie moléculaire dirigé par le Professeur Joseph Martial qui a par ailleurs fondé la société de biotechnologie Eurogentec. J’ai présenté ma thèse de doctorat en 1990. Je travaille chez GSK depuis 1997. J’ai débuté dans le service des ressources humaines car, à l’époque, la société recherchait un scientifique pour déterminer les profils de fonction. Après un  passage par le service développement de process, je suis devenu project manager voici quatre ans. Nous sommes une vingtaine à occuper cette fonction chez GSK.

Comment pourrait-on décrire la profession de project manager en R&D ? 

Le manager de projet de recherche coordonne potentiellement une équipe composée d’une dizaine de personnes qui représentent un département ou un service et qui ont pour mission de valider la composition d’un vaccin et le plan clinique qui permettra de tester celui-ci. Avec le département production, on met ensuite en œuvre les méthodes visant à fabriquer le vaccin. Mais cette équipe comporte également un regulatory manager dont le rôle est de contacter le responsable des affaires règlementaires pour les aspects règlementaires relatifs aux études cliniques. Enfin, il y a des commerciaux qui définiront la stratégie marketing et les prix des vaccins qui seront mis en vente ainsi que les marchés porteurs.
Au quotidien, mon rôle est de veiller à ce que ces personnes communiquent entre elles. Je dois lire des publications scientifiques afin d’être informée des études cliniques en cours, organiser des réunions et assurer le reporting auprès de la direction sur l’état d’avancement du projet. D’autre part, en tant que scientifique, nous avons aussi à gérer certaines collaborations extérieures, notamment avec les universités.

De quelle manière envisagez-vous votre profession  ? 

GSK est une multinationale, on est ouvert sur le monde. Les contacts au niveau international sont passionnants. Ce métier demande de la rigueur, de l’éthique. Il y a des enjeux énormes, des délais à respecter, une dynamique de groupe international mais il y a surtout une fierté à rendre service dans le but d’améliorer la santé humaine.

Quelles qualités faut-il pour exercer cette profession ? 

La rigueur scientifique, la précision, la curiosité, la créativité, la faculté de s’adapter au changement et de se remettre en question. Il faut se documenter, être attentif aux nouvelles publications scientifiques, comprendre des données souvent complexes et en réaliser une synthèse correcte sous une présentation attrayante. La curiosité, l’ouverture d’esprit doivent être permanentes de même que la capacité à travailler rapidement.
La maîtrise des techniques de laboratoire (bactériologie, virologie, chimie de base, biologie moléculaire) est impérative ainsi que les programmes informatiques Word, Excel et Powerpoint. Enfin, la connaissance de l’anglais doit permettre de communiquer en interne avec tous les collègues d’origine étrangère et en externe avec tous les collaborateurs. En effet, tous les supports scientifiques (publications, brevets…) sont rédigés dans cette langue.

Présente-t-elle certains avantages ou des inconvénients ? 

En entreprise, on dispose de moyens techniques plus élevés qu’à l’université. Nos collaborateurs sont très motivés, ils sont conscients qu’ils vont pouvoir travailler dans des domaines d’innovation. De plus, on peut évoluer dans différentes fonctions au sein de l’entreprise.
Les difficultés que nous rencontrons sont liées aux timings très challengeants et à la capacité de résilience. Il faut constamment s’adapter au changement. Ainsi, un projet peut parfois être modifié, interrompu ou abandonné pour raisons budgétaires ou parce que les priorités ont changé. Mais on peut aussi se rendre compte au cours d’une recherche qu’un vaccin ne peut pas être appliqué à l’humain (phase clinique) alors qu’il a donné de bons résultats sur des animaux (phase pré-clinique). D’autre part, diriger plusieurs projets en même temps est à la fois un avantage et un inconvénient. Cela dépend de la personne, cela peut être soit motivant, soit frustrant.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ? Qu’est-ce qui en fait l’attrait ?

Le travail d’équipe, la multidisciplinarité des collègues, les moyens mis à notre disposition et le fait d’oeuvrer à une meilleure santé. Personnellement, je trouve que c’est motivant de travailler dans une multinationale car on a des relais partout dans le monde.

La profession de chercheur a-t-elle évolué ces dernières années ? De quelle manière ?

La technicité a évolué. L’informatique fait partie de notre quotidien et Internet permet d’être informé des avancées technologiques. Le métier de chercheur est devenu international et global. Une dimension managériale est venue s’ajouter à la profession : le bagage scientifique ne suffit plus, il faut également une capacité à gérer des équipes. De surcroît, la compétition entre les entreprises s’est renforcée. Dès qu’il y a une nouvelle idée, elle est brevetée ! Cette augmentation du dépôt de brevets complexifie encore le travail de recherche.

Quel conseil donneriez-vous à un jeune intéressé par ce métier ?

Il doit être capable de travailler en équipe, de travailler rapidement et de pouvoir synthétiser des données complexes mais aussi faire preuve d’intégrité scientifique en procédant à tous les contrôles nécessaires lors de ses recherches. Enfin, il devra montrer qu’il a de l’énergie et de la motivation à revendre ! 

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.
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