Quelle est votre parcours ?

J'ai 42 ans et j'ai commencé le métier à 15 ans avec mon père en tant qu'ouvrier manœuvre. J'ai, bien entendu, travaillé chez différents patrons. Ensuite en 1985, j'ai monté ma propre entreprise en carrelages et chapes à Sprimont. J'ai trois employés.

Sur quels critères engagez-vous quelqu'un ?

Etant donné les conditions pécuniaires pour engager quelqu'un, cela devient très difficile.  Un employé coûte cher, un jeune coûte beaucoup d'argent avant de devenir rentable.  Le dernier suivait une formation du RAC et cela permet de former un jeune dans de bonnes conditions.

Travaillez-vous en équipe ?

Il faut toujours être au moins à deux sur un chantier. 

Comment se déroule une journée-type de travail ?

Nous arrivons sur chantier vers 7h15 pour installer la machine et dérouler les tuyaux.  Il faut également installer le courant et l'eau et le travail démarre à 7h30.

La veille, le fournisseur a amené du sable et du ciment. On installe la pompe à chape et en fonction de la demande, je décide ce qu'il faut y mettre selon que nous travaillons des chapes à 200  ou 300 kg.

Une fois que la machine a fait la préparation, on lance cela dans les tuyaux.

Quelle est votre clientèle ?

Je travaille beaucoup avec des architectes et avec une ou deux entreprises de « clé sur porte ».

Quand intervenez-vous sur un chantier ?

La chape est un travail de finition. Le gros-oeuvre est fini, le plafonnage et l'électricité aussi. Nous intervenons après le chauffagiste.

Le métier exige -t-il une bonne condition physique ?

Oui, nous représentons un des métiers les plus durs dans le bâtiment. Nous sommes toujours pliés au niveau du dos et nous tirons les règles, cela est physiquement éprouvant.

Quelles sont les qualités indispensables pour bien exercer le métier ?

Notre métier se travaille au millimètre, le maçon travaille au demi-centimètre. Il faut évidemment être très précis. Etre patient aussi. Pour bien connaître le métier, il faut cinq ans et pour être parfaitement productif, on peut en compter six.

Quels sont les avantages et les inconvénients de la profession ?

Le grand avantage de la profession est sa diversité. Un bâtiment n'est pas l'autre et on ne fait jamais deux fois le même boulot. L'inconvénient majeur est que c'est un métier dur, le chapiste travaille dans l'humidité et dans le froid. Il y a de petites choses que l'on apprend pour se protéger à long terme de certains maux. Par exemple, couvrir ses genoux d'un plastic permettra de les protéger de l'humidité, ne jamais laisser le dos découvert,... Ce sont des détails qui, en vingt ou vingt-cinq ans de métier, évitent bien des ennuis de santé. Sinon, un chapiste peut souffrir de tendinites aux bras et d'arthrose.

En vingt-cinq ans de métier, les matériaux ont-ils évolué de façon à faciliter votre travail ?

Les sacs de ciment, bien sûr, lorsqu'ils sont passés de 50 kg à 25 kg.  Au niveau de l'outillage la seule vraie évolution c'est l'apparition du laser, un appareil qui projette tous les points au même niveau, ceci est considérable pour gagner du temps.

Est-ce un secteur porteur d'emplois ?

Oui, énormément.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune ?

Aimer son métier, être sérieux et avoir du coeur à l'ouvrage. Savoir que lorsqu'on sort de l'école, on doit encore tout apprendre, mais c'est un beau métier et si on le pratique bien, on gagne bien sa vie. De plus, on éprouve une grande satisfaction personnelle d'un travail bien fait.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.
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