Marja Donkers, Chef de production

Chef de Production chez Saatchi & Saatchi

Pourriez-vous nous présenter brièvement Saatchi & Saatchi ?

Saatchi & Saatchi est une agence de publicité représentée mondialement dans plus d'une centaine de pays. La maison mère est située à Londres et les clients internationaux sont traités au niveau international ou européen. L'antenne bruxelloise a démarré il y a 11 ans avec 14 personnes et à présent, nous sommes une cinquantaine. Récemment, nous avons fusionné avec la société Rowland (spécialisée en Relations Publiques) qui a été intégrée dans notre division Saatchi Business Communication, l'autre division à Bruxelles étant Saatchi Advertising. Le département de production fait partie de l'agence de publicité mais nous faisons aussi de la production pour Saatchi Business Rowland.

Quelle place le département de production occupe-t-il et quel est son rôle ?

Nous sommes 2 personnes à travailler en team à la production. Concrètement, la production commence quand les stratégies commerciale, créative et média ont été définies et approuvées par le client. L'AD rassemble tous les éléments permettant la mise en oeuvre du projet et nous consulte parfois au niveau exécutif (couleurs, format, type de papier,...). Le département média nous fournit des fiches techniques qui dressent la liste de tous les éléments (noms des magazines, dates de livraison et d'insertion) et matériaux nécessaires. A partir de toutes ces données, nous établissons le budget de production et préparons un briefing pour le studio de mise au net qui produit le matériel définitif, à partir de cette fiche technique média mais aussi de la conception créative. Le créatif peut avoir travaillé en format A4 et la fiche technique mentionner d'autres types de format : il faut donc adapter la création à la fiche technique. Le studio de mise au net se charge également de la reliure des magazines, de la transposition du texte dans la bonne langue, de l'intégration d'éléments visuels. Nous assurons le suivi de toutes les mises au net, vérifions que tout se passe comme prévu, que les responsables ont apposé leur signature,...

Entre le début de la production et le briefing pour le studio de mise au net, nous faisons notre budget de production qui doit aussi être approuvé par le client avant de pouvoir commencer à travailler. Ce budget qui concerne les médias et les imprimés est basé sur le plan média, les fiches techniques et les lay out de la création. Nous devons faire un calcul de prix en prenant en compte divers facteurs (format, type de papier, couleurs d'impression, nombre de langues, etc.) et faisons appel à des fournisseurs extérieurs (photograveurs et imprimeurs). Nous devons superviser, gérer et organiser tout en jouant aux petits policiers pour que tout arrive à temps. Dans tout ce processus, une bonne planification est fondamentale parce que nous ne sommes que deux à la production.

Au début de la mise au net, l'image est travaillée (avec les textes, les logos, toutes les infos) en résolution basse et sert de positionnement pour le stade suivant. L'AD et le copywritter visualisent l'ensemble et apportent éventuellement des modifications. Au final, on fait la sortie au laser en couleurs. Quand cette copie est approuvée (dans les différentes langues et proportions), tant en interne qu'en externe, elle part à l'exécution. A ce moment-là, nous contactons le photograveur qui va mettre les images en haute résolution et sortir des films sur papier.

Le facteur temps est déterminant dans le processus, il faut donc travailler le plus efficacement possible. C'est pour cette raison qu'il est important d'opérer les relectures et vérifications avant que les films ne soient faits. Quand ceux-ci sont prêts, il est hors de question d'apporter des modifications, d'une part parce que le délai à respecter ne le permet pas mais aussi parce que le budget n'a pas prévu deux jeux de films.

Quand les films sont sortis, ils nous parviennent et nous les jugeons, avant de les transmettre à l'AD, au directeur de création et au commercial. Lorsque tout le monde a approuvé, nous joignons une note d'envoi aux films, avec toutes les indications nécessaires (parution, positionnement) et qui permet d'acheminer le matériel au bon endroit, chez la bonne personne. Les médias reçoivent cette fiche et collectent toutes les autres annonces à paraître dans les magazines afin de les expédier en bloc chez l'imprimeur. C'est un gain de temps pour tout le monde. Le stade suivant est la post-production : on vérifie les parutions pour voir s'il n'y a pas de problèmes.

Quel est votre parcours scolaire ?

J'ai fait des études d'arts graphiques et d'arts plastiques en 2 ans à Anvers.

Quel est votre parcours professionnel ?

J'ai eu une carrière assez diversifiée. J'ai commencé à travailler directement après mes études, dans un bureau de design et d'advertising à Anvers, en tant que créatif et graphiste. C'était une toute petite société et nous faisions tout. J'y ai fait des prises de vue, des mises au net, des créations de logos,... Mon premier travail était donc très complet et enrichissant. Après 2 ans, j'ai eu envie d'en connaître davantage sur le monde de la publicité et j'ai intégré un studio de mise au net. A cette époque, les mises au net se faisaient à la main sur des cartons. J'ai travaillé dans ce studio pendant un an et au moment où la mise en page a débuté sur ordinateur, j'ai intégré le département production d'une agence de publicité à Malines. Lorsque le chef de production a quitté l'agence, on m'a proposé de le remplacer et j'ai accepté ce challenge. Pour devenir chef de production, il faut être conscient de tout ce qui se passe en amont, il faut travailler «en fonction de...». Une personne qui a fait des stages ou travaillé chez des imprimeurs ou des photograveurs a une idée de ce qui se passe d'un côté mais pas de ce qui se passe préalablement. C'est un peu comme les gens qui apprennent la mise en page à l'école sans savoir comment se fait une mise au net (qui intervient d'abord dans le processus).

Après 2 ans, une autre agence a fait appel à moi pour travailler à Bruxelles. J'y suis restée pendant 3 ans et j'ai ensuite travaillé dans un bureau qui ne faisait que de la production. En team avec un autre collègue, nous faisions la photocomposition et la mise au net de brochures produites au niveau européen. Au bout de 2 ans, les 4 personnes qui ont démarré Saatchi sont venues me chercher pour travailler avec eux et j'y suis depuis 11 ans.

Comment se déroule une journée type ?

Je commence à travailler à 9 h et je ne pars jamais avant 18 h 30 - 19 h. Le planning prévoit les travaux à réaliser en interne et en externe. Le matin, je sais par exemple qu'il faut que je passe au studio parce que j'ai besoin de tel document pour tel commercial. Je sais quand des épreuves ont été imprimées chez le photograveur et quand elles vont arriver par courrier. Je dois prévoir l'arrivage des courriers express pour les transmettre aux médias. Je vais à l'extérieur pour donner les bons à tirer dans les imprimeries et parfois chez les photograveurs quand il s'agit de faire une correction chromatique sur écran avec l'opérateur. Je peux aussi être amené à travailler chez l'annonceur.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune ?

Il faut élargir son horizon, ne pas travailler avec des oeillères et envisager les choses globalement : en tant que maillon d'une chaîne, voir ce que l'on peut apporter de positif dans le déroulement. Ce mode de fonctionnement est important tant au niveau de la création que de la mise en page. Les stages constituent un bon apprentissage et permettent d'appréhender le marché : en agence de publicité, dans une maison d'édition ou chez un imprimeur. Après les cours théoriques, il faut se confronter à la réalité. La connaissance des langues est aussi très utile.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.
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