Quel est votre parcours? 

Après mes humanités, j’ai effectué une licence en Sciences Zoologiques (équivalent Master) et ensuite un Doctorat en Sciences à l’Université de Liège. J’ai aussi, dans mon parcours de formation, un post-doctorat à l’Irstea de Lyon. Après ma thèse, j’ai été engagé pendant une dizaine d’années comme attaché de recherche, chargé de recherche, puis chercheur qualifié sous contrats. J’ai ensuite été nommé Expert Scientifique à l’Université de Liège. Je suis maintenant responsable du Laboratoire de Démographie des Poissons et d’Hydroécologie dans lequel j’ai effectué mon parcours professionnel.

Quelles sont les missions principales du labo dont vous êtes responsable ?

Notre laboratoire effectue des recherches fondamentales et appliquées sur les thèmes de l’écologie des poissons d’eau douce et de l’hydroécologie. Nous réalisons aussi des expertises pour des organismes publics et privés. J’ai aussi des missions d’enseignement et des missions d’encadrement de mémoires de Master et de thèses de Doctorat. 

Qu’est ce qui vous a donné envie de vous diriger vers ce domaine ? 

La volonté de faire un travail scientifique, mais plutôt en milieu naturel et non en laboratoire. Le hasard des rencontres au cours de la formation et le choix de mon sujet de mémoire ont également été assez déterminants. Mon premier employeur était un membre de mon jury de mémoire.

En quoi consiste concrètement votre métier ?

Il faut tenter de combiner le plus efficacement possible une multitude de tâches liées aux activités du laboratoire: recherche, enseignement, encadrement d’étudiants, supervision de projets de recherches, rédaction de rapports et d’articles scientifiques, participation à des réunions, gestion des budgets et réalisation d’expertises. Ce n’est pas toujours évident et il ne faut souvent pas trop compter les heures de travail. Mais la passion prend le dessus.

Qu’est-ce qui vous plait le plus dans ce métier ? Le moins ? 

La variété des tâches est très agréable, mon thème de recherche me permet de combiner à la fois le travail intellectuel, avec des missions de terrain pour lesquelles il faut se dépenser physiquement. J’apprécie la liberté que nous avons à l’Université pour gérer nos activités et pour prendre position sur des sujets en toute indépendance. Mon travail me fait aussi énormément voyager dans des régions magnifiques, un peu partout dans le monde. Le contact permanent avec les étudiants est également très agréable et enrichissant. Par contre le travail est tellement prenant que j’y pense vraiment tous les jours, c’est parfois nerveusement épuisant de ne pas pouvoir prendre un peu plus de distance à certains moments.

Quelles sont, d’après vous, les connaissances et compétences à posséder pour devenir ichtyologiste? 

Il est nécessaire d’avoir la fibre scientifique. Il faut d’abord être biologiste et ensuite se spécialiser, par exemple, dans le cadre d’un mémoire de fin d’études au sein d’un laboratoire qui étudie les poissons. Ensuite la réalisation d’une thèse de doctorat est possible. Le caractère multi tâches de ma profession m’oblige à être très rigoureux et organisé. Mais il faut essayer de se garder des moments de réflexions plus calmes, pour prendre de la distance par rapport aux tâches quotidiennes et réfléchir, par exemple, pour développer de nouveaux axes de recherches.

Quels sont les principaux débouchés dans ce domaine en Belgique ?

Plutôt dans la recherche, dans des bureaux d’études, dans l’administration dans les contrats de rivière (gestionnaires des cours d’eau), des réserves naturelles. Cela reste une profession assez marginale. 

Travaillez-vous en collaboration avec d’autres professionnels ?

Dans le domaine scientifique, avec des ingénieurs, des hydrauliciens, des écotoxicologistes, des géographes et, bien entendu, des biologistes spécialisés dans d’autres domaines que le mien. Nous collaborons aussi avec des administrations du service public, des bureaux d’études, des asbl spécialisées dans la protection de l’environnement et des cours d’eau.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui envisagerait de devenir Ichtyologiste?

Ichtyologiste, ce n’est pas vraiment un métier reconnu, c’est un biologiste qui s’est spécialisé dans l’étude des poissons. Donc, il faut suivre une formation scientifique et se diriger en fin de cursus vers ce genre de spécialité.  Avoir à l’esprit qu’en fin de parcours, il fait saisir les opportunités et ne pas se focaliser uniquement sur l’ichtyologie, il faut avoir un minimum de flexibilité.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.
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