Michel Huart,
Conseiller en énergies renouvelables

Interview réalisée en janvier 2008

M. Michel HUART est conseiller en énergies renouvelables, APERE

Depuis combien de temps exercez-vous la profession de « conseiller en énergies renouvelables » ?

Cela fait 10 ans que je suis secrétaire général de l’APERe et donc que je travaille dans le conseil et l’informationsur les énergies renouvelables.

En quoi consiste votre activité au quotidien ?

J’ai deux grandes parties dans mon métier. D’une part, je me charge de la gestion d’une équipe de douze personnes et, d’autre part, j’informe et je donne des conseils (des séances d’information, des séances de cours…) à des particuliers ou à des organismes porteurs de projets qui se posent des questions sur leur consommation d’énergie et sur la manière de répondre à cette consommation d’énergie en la produisant eux-mêmes. Les séances de cours sont des cours d’introduction à l’énergie dont le but est de faire prendre conscience de ce qu’est l’énergie et de voir la manière dont on consomme l’énergie et comment en maîtriser sa consommation (devenir un consom’acteur). Les personnes qui souhaitent produire elles-mêmes leur énergie bénéficient, par mon intermédiaire, des retours d’expérience d’autres personnes. J’informe aussi sur les évolutions règlementaires (permis) et les techniques des installations mais également sur les possibilités de primes. C’est une mission première : informer tout public sur ce qui existe en matière d’énergies renouvelables applicables ici en Belgique (solaire, éolien, hydroélectricité et chauffage en bois). Informer, c’est également conseiller et donner des relais. Nous sommes un relais entre celui qui veut s’équiper et produire son énergie et celui qui installe (coordonnées,aide pour les devis, conseils…).

Quelles sont, à votre avis, les qualités personnelles et les compétences attendues dans ce domaine professionnel ?

Il faut surtout avoir un langage technique qui permet de savoir de quoi on parle et de pouvoir discuter avec les professionnels du domaine. Il faut néanmoins être capable de traduire ce langage et d’en expliquer les termes aux néophytes. Il faut une connaissance des ordres de grandeur et des unités de mesure. Il est important d’être curieux et de suivre l’actualité. L’esprit critique est très important également : il faut se poser des questions, croiser plusieurs sources d’informations, remettre en questions des choses établies… Il n’est pas nécessaire d’êtreingénieur, mais il faut une base scientifique et un esprit scientifique.

Quels sont, à votre avis, les avantages et inconvénients de ce type d’activité ?

L’avantage principal, c’est de participer à un secteur qui est en pleine ébullition. L’énergie est un secteur central dans beaucoup d’activités : c’est ce qui permet d’avancer, de faire bouger les choses, de donner la vie, d’avoir une activité. Nous sommes au centre de l’activité et ça c’est un bel avantage. Dans ce secteur, on peut également s’exprimer, faire valoir sa créativité et présenter de nouvelles idées. Un autre avantage est la diversité, nous ne sommes absolument pas dans la routine. L’inconvénient principal de mon métier, c’est la négociation quotidienne des contrats de travail de notre association mais cela fait partie de mon travail de gestionnaire. Je passe de plus en plus de temps dans la recherche de fonds plutôt qu’à donner des conseils dans le domaine de l’énergie.

Quel est l’horaire de travail ?

C’est un horaire de bureau : de 8h à 18h. Je dois adapter mes horaires en fonction de l’actualité. J’ai une grande souplesse de travail dans la mesure où il faut de temps en temps donner des conférences ou tenir un stand d’information à un salon le soir ou le week-end. De même, pour les conseils aux particuliers, il faut pouvoir s’adapter à leurs horaires et donc, souvent être disponible en dehors des heures de bureau.

Comment décririez-vous le milieu de travail ?

Je travaille dans une équipe pluridisciplinaire (ingénieur civil, ingénieur de gestion, littéraire, architecte, juriste, ingénieur industriel, géographe, informaticien…) où chacun apporte ses compétences. J’ai de nombreux contacts avec mon équipe de travail, les particuliers, les professionnels… Mon lieu de travail varie, je vais d’une part sur le terrain voir les installations des différentes énergies renouvelables et créer des contacts, et, d’autre part, je travaille au bureau pour les rapports d’activités, les documents d’informations et toute la partie de gestion de l’association (réunion, organisation du temps de travail...).

Quelles études/formations avez-vous faites pour accéder à cette profession ?

J’ai réussi les 5 années d’ingénieur civil en chimie à l’université, ce qui m’a donné un bon bagage technique et théorique. Je me suis beaucoup formé sur le terrain ou via des formations ponctuelles et précises. Je suis également autodidacte donc, lorsque je veux comprendre quelque chose, je mets tout en oeuvre. Par exemple, j’ai appris à poser des systèmes photovoltaïques en accompagnant un électricien poseur de systèmes photovoltaïques. Je consacre du temps également pour la formation continue et c’est très important ! C’est un plus d’apprendre quelque chose en étant dans le bain !

Quelles sont les perspectives d’avenir ?

Il y a une grande demande de mieux comprendre l’énergie et savoir ce que c’est. Il faut donc former des personnes capables d’y répondre ! Le secteur ne va que croître. Par exemple, il y a quelques années, il n’y avait que deux installateurs photovoltaïques en région wallonne alors que, maintenant, il y a presque 200 entreprises. Dans le domaine des chauffe-eau solaires, c’est la même évolution (1.500 m² d’installations en 2001 pour plus de 65.000 m² en 2007). Les possibilités d’emploi sont très importantes et l’éventail des professions est très large. La première compétence relève de métiers techniques de base : électricien pour installer des panneaux photovoltaïques, chauffagiste pour installer des panneaux solaires, exploitant forestier pour aller chercher le bois de chauffage, électromécanicien pour gérer un parc éolien… Une fois l’expérience acquise, on peut devenir un expert pour faire partager ses acquis. Toutes les professions ont leur importance dans le secteur renouvelable.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui souhaite se lancer dans cette voie ?

Il faut qu’il soit curieux et qu’il réfléchisse en utilisant les outils mis à sa disposition. Il faut qu’il ait des compétences techniques et qu’il maîtrise les ordres de grandeur et les unités de mesure. Il ne doit pas agir en suivant comme un mouton et doit montrer un esprit critique.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.
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