Mme Sophie Bronne,
Responsable de la maison d’hôtes d’exception Le Vaulx-Renard

Interview réalisée en novembre 2025

Pouvez-vous retracer brièvement votre parcours scolaire et vos expériences professionnelles ? 

Mon rêve était de devenir assistante sociale, j’ai donc obtenu mon bachelier dans ce domaine. Après deux ans d’expérience dans le domaine, j’ai rejoint l’entreprise familiale dans laquelle j’ai occupé plusieurs postes : déléguée commerciale dans l’audiovisuel, assistante de direction, etc. Ensuite, j’ai repris la gestion d’une société de gestion de patrimoine privée familiale. Depuis 3 ans, avec mon mari, nous avons ouvert des chambres d’hôtes dans la maison familiale de ses grands-parents. 

En quoi consiste votre travail ? Comment s’organise-t-il ? 

Je m’occupe de tout : accueil des clients, préparation et service du petit-déjeuner, ménage, gestion des réservations, paiements, stocks alimentaires, linge, etc. Une journée type commence par le petit-déjeuner, suivi du nettoyage des chambres, de la gestion administrative et la planification des courses.

Quels sont les aspects positifs et négatifs de votre profession ? 

Le côté positif, c’est le projet familial, le fait de faire vivre la maison des grands-parents, perpétuer leur tradition d’accueil. J’aime rencontrer des personnes du monde entier. Nous avons déjà eu des voyageurs de Chine, Australie, Minnesota, Vancouver, etc. Notre livre d’or est rempli de langues différentes.

Le côté négatif, c’est la charge de travail physique et mentale, on n’a pas le droit à l’erreur. La vigilance est constante pour donner envie aux gens de revenir. Nous devons aussi travailler lorsque les autres sont en congé.

Selon vous, quelles sont les qualités requises pour exercer ce métier ? 

Il faut être organisé, structuré, bienveillant, attentif, disponible, soigneux et très vigilant. Chaque détail compte pour offrir une expérience irréprochable aux clients. Il faut aussi anticiper, surtout dans la gestion des stocks alimentaires pour ne pas faire de courses tous les jours.

Avec qui collaborez-vous ? Est-ce un travail d’équipe ? 

Je travaille principalement seule, mon mari m’aide parfois le week-end selon ses disponibilités. Les enfants (adolescents et jeunes adultes) donnent aussi un coup de main pour l’accueil. Il m’arrive d’avoir des aides ponctuelles via des stagiaires venant d’une école spécialisée.

Je fais les courses, principalement de produits locaux, moi-même. Je m’occupe aussi du linge de bain mais je fais appel à une blanchisserie pour le linge de lit.  

Quelles sont vos conditions de travail ?

 Je suis indépendante. Comme je vis sur place avec ma famille, ça facilite la gestion quotidienne. Il y a des portes distinctes pour notre partie familiale et la zone accessible aux hôtes, ce qui permet de préserver notre espace privé.

L’accueil se fait en fin de journée (17h-19h) et je suis rarement dérangée la nuit. Les journées sont par contre très physiques. Les tâches ne sont pas difficiles en soi mais c’est la succession des tâches, l’une à la suite des autres qui devient pesante.

Quels sont les conseils que vous donneriez à un jeune qui a envie de se lancer dans ce métier ?

Il faut être structuré et organisé car il faut faire de tout. Il est aussi important d’être à l’écoute, disponible et attentif. On peut parfois faire des économies (de temps et d’argent) en remarquant qu’une famille ne mange pas de croissant le matin, on peut aussi interroger les clients pour savoir ce qu’il faut réellement préparer pour les petits-déjeuners. Dans ce travail, on s’active quand les autres sont en congés, il ne faut pas compter ses heures et être rigoureux. C’est un métier enrichissant humainement !

Pourquoi avoir choisi ce métier ?

Ce n’était pas le choix de carrière initial. C’est le projet familial qui nous a motivés : préserver la maison des grands-parents et lui redonner vie. C’est ce lien affectif et cette volonté de transmission (les grands-parents de mon mari aimaient beaucoup recevoir), qui nous ont poussé à ouvrir des chambres d’hôtes.

Avez-vous une anecdote ?

Une dame flamande est venue avec son fils pour faire du vélo, elle m’a demandé dès le petit-déjeuner si elle pouvait revenir la semaine suivante avec une amie et sa fille. C’était le tout début et ça m’a beaucoup touchée.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.