Nicolas Jamotte,
Menuisier Charpentier

Quelle est votre formation ?

J'ai réalisé des humanités professionnelles qui m'ont donné accès à la profession. J'ai aussi mon diplôme de gestion.

Et votre parcours professionnel ?

Mon premier emploi était chez un marchand de bois pendant deux ans. Ensuite, j'ai travaillé deux autres années dans le transport, puis j'ai obtenu un emploi dans la menuiserie.  Je me suis associé avec un collègue pour nous installer comme indépendants, mais notre collaboration n'a pas fonctionné. Je suis donc retourné travailler chez un patron pendant huit ans et je me suis ensuite installé à mon compte et j'en suis ravi.

Quels sont les différents aspects de la menuiserie ?

Le menuisier-charpentier travaille aussi bien la menuiserie extérieure que la menuiserie intérieure : portes, escaliers, cloisons, faux plafonds,... D'autre part, il y a le travail de charpente pour les toitures et enfin une autre qualification qui est l'ébénisterie.

Selon quels critères engagez-vous des jeunes ?

Je suis patron d'une entreprise et ma première attente lorsque j'engage quelqu'un est d'avoir en face de moi un homme courageux et qui a beaucoup de volonté.

Il faut pouvoir donner sa chance à un jeune qui sort de l'école, mais pour un patron cela n'est pas facile. Il coûte cher et n'est pas rentable tout de suite. Personnellement, la formule du contrat d'apprentissage me convient parce que je peux lui apprendre réellement le métier. L'école c'est bien, mais on apprend réellement que sur chantier.

Le métier a-t-il évolué ces dix ou vingt dernières années ?

Très largement, surtout au niveau du placement. Par exemple, les fixations permettent de travailler plus vite.

Sinon, et de façon plus générale, on peut affirmer que le métier a évolué dans le sens de la spécialisation. Avant, un menuisier fabriquait et plaçait ses matériaux. Aujourd'hui, il ne fabrique plus et se spécialise dans l'un des aspects de la profession. Il devient spécialiste en châssis, en portes intérieures, en escaliers...

Vos horaires sont-ils compatibles avec une vie familiale ?

En tant qu'indépendant, c'est un sujet délicat. Ce n'est pas un métier où l'on compte ses heures. On sait toujours lorsque l'on commence, rarement quand on finit. De plus après journée, il faut s'occuper des devis, des factures, aller chez les clients.  D'un autre côté, les congés sont impératifs et entièrement consacrés à ma famille.

Le rapport avec le client est aussi important dans votre métier ?

Le côté relationnel dans notre métier est très important. Le contact avec le client ne se résume pas à la vente. Je ne suis pas un vendeur.

Mon premier souci est d'écouter ce que veut le client, installer la confiance et répondre au mieux à ses attentes, comprendre réellement ce dont il a besoin.

Quelles sont les qualités indispensables pour devenir un bon menuisier ?

La première des qualités et certainement la plus indispensable est d'aimer son métier.  Avoir envie de travailler, réaliser un métier que l'on aime.

Que pensez-vous des formations pour devenir menuisier ?

La formation scolaire est basée surtout sur la fabrication, pas trop sur le placement qui lui, s'apprend vraiment sur chantier.

Normalement, après la formation scolaire et si on rencontre quelqu'hn qui en veut, il faut une à deux années pour savoir travailler. On ne retient bien que ce que l'on fait, la théorie sans pratique on l'oublie.

A quoi doit s'attendre un jeune qui débute ?

Il doit s'attendre à un métier physiquement dur, ne pas avoir peur du travail. Il doit aussi savoir que tout s'apprend et que s'il est bien entouré, ça ira.

Il doit également posséder un bon matériel, il s'agit d'une condition indispensable pour bien travailler.

Le métier compte-t-il encore beaucoup de débouchés ?

Oui, c'est un métier d'avenir. Il manque des menuisiers.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.
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