Mr Paul Catoir,
Photographe en laboratoire

Peut-on avoir un aperçu de votre formation, votre parcours ?

J'ai commencé la photo en secondaire à Saint-Luc à Tournai en 1977. Ensuite, j'ai poursuivi par un bachelier à Saint-Luc à Liège. Puis, j'ai travaillé deux ans dans les diapos graphiques à Bruxelles et en 1983, avec mon épouse, j'ai ouvert un magasin à Charleroi.

Qu'est-ce qui vous a amené à la photo ?

Lorsque j'étais en secondaires à Charleroi, j'étais passionné par les sciences et je me suis inscrit à un stage photo organisé par les Jeunesses scientifiques.

Votre formation vous a-t-elle bien préparé à ce métier ?

Oui. J'ai eu beaucoup de chance à ce niveau-là. J'ai fait une première école qui préparait à la vision et ensuite une école davantage tournée vers l'accès à la profession.

Quel effet la photo a-t-elle eue sur vous ? Estimez-vous avoir changé ?

D'abord, cela a été un moyen de m'exprimer lors de mes études. Donc, je me suis complètement ouvert durant mes études. Ensuite, cela m'a permis de me faire une place dans la vie publique et commerciale. C'est un métier dans lequel je m'épanouis complètement.

Quelles sont les particularités du travail en labo ?

A la base, on a démarré avec un labo "service en une heure". On doit être hyper soigneux au niveau de la qualité tout en sachant tenir les délais et puis aussi avoir un prix raisonnable. La difficulté est là : avoir un bon rapport qualité-prix.

A quoi se résume votre activité ?

Principalement la photo en une heure. Je fais aussi quelques reportages en industrie ainsi que de la vente de matériel et d'albums afin que le client se plaise bien chez nous. On a aussi investi dans des bornes numériques (kiosques) : les gens choisissent leurs photos, peuvent les recadrer et puis c'est revu par un opérateur qui va ajouter des corrections de couleurs et de densité.

Quels sont les travaux photo qui vous sont le plus souvent demandés ?

Cela va des photos de vacances aux photos industrielles. On tire aussi des photos de mariage pour des photographes professionnels. Le panel est vraiment très large.

Pourriez-vous nous décrire une journée-type ?

J'ouvre le magasin à 7h30. Je prépare les machines tout en faisant mon courrier. Les premières personnes arrivent vers 8h00. Je passe ensuite du service clientèle au service "quality contrôle", à la facturation, et cela jusque 19h. Enfin, trois fois par semaine, après 19h, je fais environ 1h30 de comptabilité.

Quels investissements votre activité vous demande-t-elle en terme de temps et de matériel ?

Au point de vue temps, je ne compte pas car c'est une passion. Ce qui me semble le plus dur, c'est le labo où le matériel évolue très vite. Depuis 1983, j'ai investi considérablement en matériel et celui-ci se déclasse très vite.

Selon vous, c'est quoi une photo réussie ?

Il est indispensable qu'il y ait une bonne lumière, qu'elle soit bien composée, bien mise en valeur mais il faut aussi qu'elle fasse passer un message.

Quelles sont les qualités demandées pour exercer le métier de photographe ?

Principalement, il faut un bon œil. Je trouve d'ailleurs que les écoles de photo qui n'ont pas de cours de dessin font une erreur car c'est très important de former l'œil. 

Que vous inspire l'apparition de nouvelles techniques comme le numérique ?

Le numérique a beaucoup d'avantages. Je crois que la presse quotidienne ne retournera plus jamais à l'utilisation de négatifs parce qu'il y a des possibilités considérables : on voit tout de suite ce que l'on a fait, on peut sélectionner. Dans certains cas, la qualité est meilleure même si cela consomme beaucoup d'énergie. Mais le négatif aura toujours un certain charme.

Cette évolution vous donne-t-elle à penser que demain tout le monde pourra faire de la photo ?

Tout le monde fait déjà de la photo. Les choses ont été facilitées ces dernières années avec des systèmes de pictogrammes sur les appareils. Par exemple, je suis parfois étonné de la qualité des photos réalisées par certains aquarellistes amateurs alors qu'ils ne savent pas ce qu'est un diaphragme.

Comment voyez-vous l'avenir du secteur ?

Pour moi, l'avenir appartient aux passionnés et à ceux qui sauront se remettre en question. Celui qui n'est pas passionné par la photo, ce n'est pas la peine qu'il s'y investisse.

Quels conseils auriez-vous envie de donner à une personne qui souhaiterait ouvrir un labo ?

Avant tout, il faut essayer de travailler dans un labo. Si une personne aime la photo, elle doit faire des études dans ce domaine et être opportuniste. Elle doit par exemple ouvrir un labo là où il y a beaucoup de passages. Le loyer est plus élevé mais on a des clients. La photo, c'est un tout ! Ce n'est pas uniquement de la prise de vues ou du labo. C'est un moyen d'expression. Il faut être opportuniste et ne pas rester avec des idées préconçues ou se limiter à un seul domaine de la photo. En tous cas, il faut avoir un super œil, un esprit relativement élastique et être vraiment passionné.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.
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