Philippe Blerot,
Inspecteur général de la Division Nature et Foret

Monsieur Philippe Blerot, Inspecteur général de la Division de la Nature et des Forêts, Direction générale des Ressources Naturelles et de l'Environnement de la Région wallone.

Pouvez-vous nous rappeler le contexte de la création de l'U.A.B. et ses principales missions ?

Le projet de créer une telle unité existe depuis les années septante, mais il n'a réellement été concrétisé que sous la législature de José Happart (1999-2004). L'U.A.B. a en effet vu le jour le 1er mai 2003, pour une période probatoire de 18 mois. A l'heure actuelle, le Gouvernement wallon a prolongé cette période probatoire jusqu'au 31 janvier 2005, date à laquelle l'U.A.B. devrait être ou non maintenue à durée indéterminée. Les missions de l'U.A.B. sont nombreuses: citons d'abord l'appui aux Services extérieurs de la Division de la Nature et des Forêts (appelés Cantonnements) dans la lutte contre le braconnage, mais aussi contre toute atteinte à l'environnement. Celui-ci s'entend toutefois comme le braconnage dit "industriel". D'autre part, rappelons que les agents de l'U.A.B. ont la qualité d'Officiers de Police Judiciaire et sont compétents, au même titre que tout Préposé forestier de la D.N.F., en matière de:

  • Code d'instruction Criminelle;
  • Code forestier;
  • Loi sur la Chasse;
  • Loi sur la Pêche fluviale;
  • Loi sur la Conservation de la Nature;
  • Code Rural;
  • Lois particulières relatives à l'extension des compétences matérielles des Préposés (ex. : Loi du 28 juillet 1981 portant approbation de la Convention sur le Commerce International des Espèces de Faune et de Flore Sauvages menacées d'extinction - CITES);
  • C.W.A.T.U.P. (Code Wallon de l'Aménagement du Territoire, de l'Urbanisme et du Patrimoine).

Pouvez-vous nous décrire le cadre et la composition de l'U.A.B. ?

L'U.A.B. se compose d'une cellule extérieure comprenant 16 préposés forestiers détachés de leur Cantonnement. Ceux-ci ont pour mission de récolter et de recouper toute information en matière de braconnage. Ces informations leur parviennent soit du call-center de l'U.A.B. (0800/12.322), soit des nombreux contacts avec leurs collègues des Cantonnements, mais aussi avec les polices locales ou la police fédérale. Des opérations sont alors menées par ces mêmes agents sous la responsabilité de la cellule centrale afin d'appréhender les auteurs présumés des infractions relevées. Ces agents interviennent également sur des flagrants délits de braconnage même si dans la majorité des cas, les opérations de l'U.A.B. ne sont menées qu'après un travail minutieux de récolte d'informations.

Une cellule centrale, composée actuellement d'un Commissaire Divisionnaire de la Police fédérale et d'une secrétaire ainsi que de l'agent de la D.N.F. chargé de la gestion de l'armement, s'occupe quant à elle de la coordination des opérations, de l'administration et de la logistique et, depuis le mois de septembre 2004, de la coordination de la formation de tous les Préposés de la D.N.F.

Comment se déroule le travail de l'Unité sur le terrain ?

Le travail de terrain est bien entendu l'apanage des membres de la cellule extérieure. Celui-ci consiste surtout à récolter de précieuses informations et donc, les agents développent en priorité leur réseau de contacts et rencontrent régulièrement leurs informateurs. Ensuite et avant toute opération, des repérages sont effectués afin de mettre en place les dispositifs. Si les opérations sont fructueuses, la procédure et les contacts avec les Parquets prennent le relais, même si de nombreuses opérations sont menées conjointement aux différents travaux d'enquête. Toutes ces opérations étant coordonnées par le Commissaire Divisionnaire. Il est à noter que le braconnage à proprement parler se déroule de nuit et que donc, la majorité des opérations de l'U.A.B. sont nocturnes. Par contre, les infractions au Code forestier ou à la Loi sur la Conservation de la Nature sont relevées de jour.

Pour l'instant, quel bilan peut-on dresser de l'activité de l'U.A.B. ?

Après bientôt 21 mois d'existence, l'U.A.B. a rempli de nombreuses missions et s'est efforcée de répondre au mieux aux attentes de l'administration, des parquets et des citoyens. Des opérations d'envergure ont engrangé d'excellents résultats et ont permis de mettre à jour d'importantes filières de braconnage et des trafics d'espèces protégées. Par ailleurs, certaines pratiques à la limite de la légalité en matière de chasse ont pu être - si pas enrayées - nettement diminuées. Le bilan est donc plus que positif aussi bien dans l'application de la loi sur la chasse que celle de la loi sur la conservation de la nature (grenouilles, oiseaux, ...) et que celle du Code forestier (circulation des véhicules à moteur en forêt).

Comment envisagez-vous la suite des activités de l'U.A.B. ?

Les techniques d'investigation utilisées jusqu'à présent resteront les mêmes. L'U.A.B. a su se faire connaître et la crainte qu'elle puisse être présente à tout moment a permis de contribuer à la régression de certains phénomènes tels que la circulation en forêt à l'aide d'engins motorisés, le lâcher de faisans le jour de la chasse, etc. Les missions de l'U.A.B. resteront donc certainement identiques, d'autant plus que de nombreuses informations récoltées durant la période probatoire doivent encore donner lieu à des opérations.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.
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