Comment devient-on vétérinaire ?

J'ai commencé les études de vétérinaire car j'aimais les animaux et plus particulièrement les chevaux. Cependant, je n'ai jamais eu l'occasion de soigner beaucoup de chevaux. Par la force des choses, je me suis orienté vers les vaches.

Quelle formation avez-vous suivie ?

J'ai suivi deux candidatures en sciences à l'UCL et quatre années à l'école de vétérinaire. Aujourd'hui, c'est différent. C'est une année de candidature en sciences et cinq années de médecine vétérinaire à Liège.

Quelle est la journée type du vétérinaire ?

Les vétérinaires ruraux n'ont pas d'heure pour travailler. Je peux être sollicité jour et nuit et même le week-end. Évidemment, le travail que je peux prévoir comme des vaccinations, je le fais durant la journée. Par contre, lorsqu’un animal tombe malade ou accouche, j'y vais dés je suis averti.

Quelles sont les avantages du métier de vétérinaire ?

Je fais ce que j'aime faire. Ce métier permet de gagner sa vie et celle de sa famille. C'est un métier très passionnant car il y a un équilibre entre les efforts physiques et intellectuels mais il reste néanmoins difficile.

Et les inconvénients ou les difficultés ?

Nous sommes esclaves du métier. Ce métier prend énormément de temps sur la vie familiale si on a une clientèle développée. Nous n'avons pas d'heure pour travailler et nous ne savons pas programmer notre journée. Le vétérinaire est souvent seul (avec l'éleveur) face à des situations graves. Nous devons toujours nous tenir au courant et il n'est pas facile d'assister à des conférences ou à des réunions car nous n'en n'avons pas toujours la possibilité. Actuellement, nous sommes limités dans les traitements car nous devons respecter la loi sur les résidus. Lorsqu’un animal va à l'abattoir, on ne peut pas trouver de trace de médicament dans l'animal. Pour assurer cette traçabilité, nous devons tout noter de ce que l'animal reçoit comme médicament.

Existe t-il des associations entre les vétérinaires ?

Oui. Des associations entre vétérinaires se forment pour pouvoir consacrer plus de temps à la famille. Mais l'inconvénient des associations est qu'il faut s'entendre et avoir une confiance presque illimitée en celui avec qui l'on travaille.

Quelles sont les aptitudes que l'on doit posséder ?

Il faut un minimum d'intelligence,de capacité et de dynamisme. Nous devons savoir nous tenir au courant de l'évolution de la science médicale.

Votre métier a-t-il connu une évolution ?

Oui, une très grande évolution depuis que j'ai commencé il y a 35 ans. Nous sommes passés d'une médecine individuelle où nous mettions l'accent sur un animal en particulier à une médecine de groupe qui est une médecine préventive et prophylactique. Dans le passé, nous venions simplement pour un animal. Maintenant, nous devons discuter avec le fermier pour mettre en place un plan de stratégie contre les maladies que les animaux peuvent attraper.

Comment voyez-vous l'avenir de votre métier ?

Il dépend des éleveurs et ceux-ci sont en difficulté. Lorsqu'il se passe une crise ; nous en subissons les conséquences. Notre métier n'est pas rémunéré au prix qu'il devrait l'être car les fermiers ne savent pas payer. Le métier de vétérinaire rural est délaissé car les jeunes ne veulent plus s'imposer un rythme de travail trop éprouvant. Ils préfèrent des horaires fixes. L'année dernière, 250 étudiants sont sortis de l'université de Liège. La moitié d'entre eux était des français qui sont retournés en France, Parmi ceux qui restaient, il y avait 70% de fille. Celles-ci ne se destinaient pas à la pratique vétérinaire pour bovins. Seuls 3 ou 4 étudiants se sont destinés aux bovins. Au rythme où l'on va dans 10-15 ans, il va manquer des vétérinaires ruraux.

Quelles sont les personnes qui vous entourent ?

Principalement les éleveurs et leurs femmes. Nous rencontrons les représentants de médicament et les vétérinaires pour se tenir au courant de l'évolution des maladies, sans oublier les autorités (AFSCA).

Quels outils utilisez-vous ?

Le minimum d'instrument de chirurgie, un échographe. Certains ont des appareils de radiographie. L'investissement (l'infrastructure) pour les bovins est moins important que pour les petits animaux. La médecine vétérinaire rurale est une médecine économique : l'intervention du vétérinaire doit rapporter à l'éleveur.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui voudraient pratiquer votre métier ?

Ils doivent aimer les animaux et ne pas avoir peur de travailler. Nous devons avoir un contact facile avec les éleveurs et les écouter. Mais avant tout, ils doivent savoir ce que ce métier représente et il est intéressant de faire un stage avec un vétérinaire avant d'entamer des études.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.
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