Alain Koninckx, Embaumeur

Interview réalisée en mars 2013

Qu’est-ce qui vous a attiré vers ce métier ?

J’ai été attiré par deux aspects de ce métier : le service rendu à la famille qui est énorme et le métier en lui-même, c’est-à-dire l’aspect scientifique et le savoir faire requis.

Quel est votre parcours ?

J’ai fait mes études secondaires en économie, suivies d’une année spéciale math où je me suis remis en question. On m’a parlé de ce métier auquel j’ai tout de suite accroché ! Je me suis donc dirigé vers cette voie à 19 ans.

Existe-t-il des formations spécifiques en embaumement en Wallonie et à Bruxelles?

Oui, cela se développe de plus en plus. Il y a deux écoles : l’Institut belge de thanatopraxie (via l'IFAPME à Mons et Arlon) et la Division belge de l’institut britannique d’embaumement.

Est-ce une pratique courante dans notre pays ?

La pratique se développe mais reste encore assez confidentielle. On nous contacte généralement par obligation, lorsqu’il y a un rapatriement à effectuer ou lors de problèmes sanitaires.

Quels sont les cas les plus fréquents pour lesquels on fait appel à vos services ?

Pour les rapatriements, les mort non naturelles et lorsqu’il y a un « long » délai avant les funérailles.

Vous est-il déjà arrivé de refuser un embaumement ?

Jamais pour des raisons techniques, mais parfois pour des raisons organisationnelles, oui.  

Quelles sont, d’après vous, les qualités à posséder si l’on veut devenir embaumeur ?

La motivation sans nul doute ! Surtout lorsque l’on commence. Après, je pense qu’il faut être organisé, discret et physiquement apte, car on manipule souvent seul des défunts.  

Quelles sont les compétences, les connaissances à maîtriser ?

Il faut une bonne connaissance de l’anatomie, surtout l’angiologie (spécialité qui analyse le fonctionnement des vaisseaux sanguins et lymphatiques, ndlr). Et ne pas apprécier le travail bâclé.

Le métier est-il protégé ?

Non, seul entrepreneur de pompes funèbres l’est.

Travaillez-vous à votre compte ou pour une entreprise de pompes funèbres ?

Je suis indépendant et mes clients sont les entreprises de pompes funèbres.

Quels sont les conseils que vous donneriez à un jeune qui veut se diriger vers ce métier ?

Je déconseille de se lancer tête baissée dans le métier, mais de commencer par travailler dans une entreprise de pompes funèbres où la personne pourra pratiquer l’embaumement. La formation est coûteuse, il serait donc dommage de faire tant d’efforts financiers et d’études pour ne pas appliquer cette technique correctement.

http://www.alainkoninckx.com

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.