Anna, Couturière

Interview réalisée en janvier 2007

Anna est couturière depuis 42 ans.

En quoi consiste votre activité au quotidien ?

Piquer des toiles pour faire les modèles de la collection, faire les retouches que les clients demandent (raccourcir, rétrécir le bas des manches, des pantalons, des vestes). Je réalise aussi toutes les commandes spéciales sur mesure. Il y a les toiles et les premières pièces de collection en cuir, en daim ou en mouton retourné que j'assemble. Je coupe le tissu des toiles, je prépare les morceaux de tissu ou de peau à assembler (repassage, thermocollants,...), je pique pour faire l'assemblage, puis je repasse les pièces et je vérifie que tout soit bien fait. 

Quelles sont les qualités attendues dans votre métier ?

Savoir piquer droit, être un peu méticuleux, finir ce qu'on commence. Toutes les qualités qu'il faut, on les apprend en faisant le métier.

Quels sont les avantages et inconvénients de votre métier ?

C'est un beau métier car on habille tout le monde. On a besoin de couturières. L'inconvénient, c'est le marché, je ne sais pas si on peut encore avoir un avenir avec ce métier car il n'y a plus d'ateliers comme il y avait dans le temps. Pour celle qui a envie de devenir couturière, c'est dommage.

Quelles études avez-vous faites pour accéder à votre profession ?

A l'école secondaire, en Belgique, j'ai suivi les cours de couture et ménage. On apprenait à coudre, à lessiver, à nettoyer. J'aimais bien. 

Quel a été votre parcours professionnel ? 

Quand j'étais petite, en Grèce, il y avait une couturière tout près de chez moi. Je ramassais tous les petits déchets. J'arrivais à peine à la hauteur de la machine à coudre manuelle de ma mère. D'une main, je tenais les petits bouts de tissus et de l'autre, je faisais tourner la manivelle de la machine.

J'ai arrêté l'école à 15 ans pour travailler. J'ai d'abord fabriqué des chapeaux : découper, piquer, descendre la pièce dans une machine pour faire une forme, piquer les voiles, les petites garnitures, ... Puis, j'ai fait des cravates. Ensuite, j'ai cousu des jupes à la maison LD assez longtemps. Par après, j'ai confectionné des vêtements en cuir, en daim et en mouton retourné comme ici. Pour finir, j'ai été engagée ici, chez Enato, ça fait 18 ans et j'y resterai jusqu'à ma pension.

Que diriez-vous à un jeune qui souhaite se lancer dans cette voie ?

Il peut, mais je ne sais pas si l'avenir est prolongé car, maintenant, tout est fait en Inde, au Pakistan, ... Quelque part, c'est injuste. Là-bas, les gens travaillent pour rien du tout, ils sont maltraités, c'est injuste. Les grands poissons mangent les petits.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.