Bernard Haeck, Logisticien

Interview réalisée en janvier 2010

Bernard Haeck utilise l'anglais et le néerlandais au quotidien dans le cadre de son travail de logisticien.

Pouvez-vous nous présenter brièvement votre société ?

Agility est une agence de fret, basée au zoning de Brucargo, en face de l’aéroport de Zaventem. Nous traitons aussi bien l’import que l’export. Nous dédouanons certains camions pour des trafics particuliers, c'est-à-dire que nous réglons leurs droits de douane (ex. : Widmer en provenance de Suisse, des medicaments pour la firme Christiaens…). Depuis le début de cette année, nous avons également ramené la division maritime sur Brucargo,
ceci afin de regrouper nos activités au niveau de la Belgique. Au sein d'Agility, on retrouve 4 personnes au department maritime, 4 à l’export et 2 à l’import. Le magasin compte 4 personnes (dont 2 chauffeurs magasiniers).

Pouvez-vous nous décrire vos tâches ?

Au niveau de l’importation, je dédouane divers envois arrivés par avion. Pendant que nos magasiniers retirent le fret en ligne aérienne, je contacte les divers clients pour connaître leurs instructions de dédouanement. Lorsque le fret est en magasin, je peux dédouaner l’envoi de façon électronique, tout en tenant compte que certains d’entre eux seront verifiés de façon physique par la douane. Quand l’envoi est declaré libre, j'assure les livraisons à nos divers fournisseurs via nos camions ou des sociétés de transport avec lesquelles nous collaborons étroitement.
Au niveau de l'exportation, les clients nous contactent pour enlever leurs envois, et j'en assure l’exportation (procedure inverse donc).
Pour le fret maritime, nous recevons les containers en provenance du port d’Anvers (la douane ayant été faite au préalable à Anvers par une société de douane avec laquelle nous collaborons aussi). Pour ce qui concerne les dédouanements de camions, nous recevons les documents à l’arrivée des camions et les chauffeurs doivent attendre que le dédouanement soit achevé pour aller livrer leurs clients en Belgique (là aussi, de nombreux contrôles douane malheureusement).

Quelle est l'importance des langues dans votre métier ?

L’usage des langues est essentiel pour les contacts téléphoniques, et par e-mail surtout. L’anglais est bien évidemment la langue la plus utilisée. L’anglais rassemblant une multitude de nations, l’usage de cette langue se révèle indispensable pour une bonne compréhension au niveau des instructions, et traitement des envois divers.
Pour notre activité à Brucargo, c’est le néerlandais qui prédomine. J'utilise aussi le français avec nos clients francophones.
Vu l’ouverture du secteur vers le continent asiatique en général et la Chine en particulier, l’emploi d'une langue asiatique pourrait se reveler intéressant, mais heureusement pour nous, l’anglais est fort pratiqué déjà chez eux, donc, ceci ne se révèle donc pas franchement indispensable.

Pourquoi vous êtes-vous orienté vers la logistique ?

Mon père était lui-même logisticien. Ayant effectué quelques stages en tant qu’étudiant, cela m’a branché tout de suite, même si je m’orientais de par mes etudes vers l’interprétariat. Ma fonction me permet d’exercer les langues étrangères tout en me permettant de faire un métier qui me passionne toujours autant après 34 ans d’activité dans le secteur.

Quels côtés négatifs voyez-vous à votre métier ?

Les conditions de travail se sont fortement radicalisées, ce qui ne facilite pas toujours les mêmes prestations que précédemment (beaucoup plus de contraintes, plus de stress…). A l'instar d'autres professions, ce métier est aussi fort dependant de l'informatique. Lorsque les systèmes sont en panne ou perturbés, tout le secteur se retrouve paralysé (je pense au système de la douane, très souvent en panne, suite à des modifications de programmes
informatiques).
D'autres points négatifs seraient le stress, les horaires extensibles (quand un envoi doit partir, il n’y a pas d’autre alternative) et la flexibilité de plus en plus grande, vu la concurrence. Dans notre secteur, plus de 100 firmes sont en concurrence !

Et quels seraient les côtés positifs ?

Ce qui me plait le plus dans ce métier , c'est ce challenge perpétuel que constitue chaque envoi : le retirer au plus vite, le dédouaner rapidement, et pouvoir le livrer le lendemain de son arrivée à Bruxelles. Voila ce qui me motive chaque jour !
Essayer d’entretenir un bon rapport avec nos clients est également un facteur très important : anticiper leurs demandes, ou satisfaire une livraison urgente… Tout ceci concourt à fidéliser les clients, et à leur montrer qu’ils ne sont pas qu’un numéro comme dans les grandes sociétés

Le secteur de la logistique va-t-il se développer de plus en plus ?

Sans aucun doute avec l’ouverture du continent Asie.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.