Christian Fauvarque,
Conducteur de machines d’ennoblissement textile (acheveur)

Interview réalisée en octobre 2014

Pouvez-vous décrire concrètement votre activité au quotidien ?

J’interviens après la teinture. Je m’occupe du suivi et de la conduite de la rame qui sèche les pièces des tisses à une température de 150 degrés. A l’entrée, il y a une laveuse qui produit de l’eau chaude à 75 degrés. Les pièces passent dans la laveuse et ensuite dans deux suceuses qui aspirent un maximum d’eau. Le tissu est bien assoupli et passe dans les fours. A la sortie, les pièces sont séchées et on enroule le tissu.

Pour l’enduction au feu, je mets une pâte au dos de la pièce qui passe dans un tambour lécheur.  Pour la thermo-fixation, je travaille des pièces qui viennent en écru du tissage.Je les passe dans l’eau chaude, dans les suceuses et ensuite je les chauffe à une température assez élevée pour avoir en finition moins de marquages dans les pièces. C’est une autre qualité. On peut donc faire deux qualités : une avec plus de marquages et une avec moins de marquages.

Je contrôle la largeur pour éviter les plis. Pour les qualités qui sont plus souples, je tire assez bien en largeur. J’assure la surveillance des processus.J’ajuste les paramètres des machines : la température de chaque four, la ventilation, etc.

Quelles formations avez-vous réalisées?

J’ai fait des études de mécanicien. Je suis entré chez De Poortere en 1981. Il y a 33 ans que je suis dans la firme. J’ai évolué ! Au début, j’étais emballeur. Ensuite, j’ai été visiteur.Je contrôlais le tissu au final, réparais les défauts,triais en premier et deuxième choix. J’ai été aussi à l’achèvement en tant que tondeur. Le tissu passe dans une ébouriffeuse-tondeuse.C’est un système de brosses qui assouplit. J’ai fait un peu de tout : le tordage, le filage, la rame. Je suis polyvalent, je suis passé par tous les postes.

Quelles sont, selon vous, les qualités nécessaires pour exercer votre profession ?

Savoir réagir au moment voulu s’il y a un problème et savoir comment intervenir. Dans les machines, cela passe à 15 mètres par minute, si on ne fait pas attention, c’est vite du deuxième choix. Il faut être attentif.

Quel est l’horaire de travail ?

Je travaille de 13h à 21h et mes collègues font les deux autres parties de la journée.

Quel a été votre parcours professionnel ?

A la base, j’étais mécanicien automobile. Quand je suis entré ici, j’ai trouvé qu’il y avait une bonne ambiance. De plus, le travail m’intéressait. Ce sont des machines, il y a des réglages et différentes possibilités de finition.Et voilà ! Après 33 ans, je suis toujours là !

Avez-vous un conseil particulier à donner à un jeune qui s’intéresse à cette profession ?

Le textile c’est des hauts et des bas. Dans les années ’80, on était 515 travailleurs et maintenant on est 40. Il faut avoir de la chance avec la conjoncture. S’il est motivé, il peut s’adapter facilement au travail en entreprise.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.