Claudine,
Infirmière en néonatalogie et chef adjointe

Interview réalisée en février 2019

Pouvez-vous retracer en quelques lignes votre parcours scolaire ? 

J’ai fait mes études secondaires en néerlandais à Anvers puis mes études supérieures d’infirmière à Bruxelles, en français, suivies d’une spécialisation en pédiatrie à l'AZ VUB en néerlandais.

Et votre parcours professionnel ? 

J’ai été engagée au service néonatal (soins intensifs et non intensifs) de l'hôpital Erasme en 1988.

Au fil du temps, j'ai eu envie de prendre plus part à l'organisation et à la gestion d'une équipe, je suis donc devenue chef adjointe pendant un an 1/2, puis infirmière en chef pendant 10 ans. L'équipe est passée pendant ce temps de 35 à 65 personnes. Puis, le stress lié à la gestion d'une telle équipe est devenu très lourd et j'ai ressenti le besoin de diminuer mon temps de travail afin de retrouver une meilleure qualité de vie. J'ai démissionné de mon poste de chef et ai eu la chance de pouvoir rester adjointe dans le même service (nous sommes actuellement trois adjointes)

Pourquoi avoir choisi le métier d’infirmière et le domaine pédiatrique en particulier ?

Je voulais un métier avec des horaires variables et qui n’était pas sédentaire. J’ai découvert la pédiatrie en faisant mon année de spécialisation, car je voulais un diplôme en deux langues (à ce moment-là, on ne pouvait pas travailler en Flandre avec un diplôme d’infirmière francophone). Finalement, je n’ai plus jamais quitté le domaine de la pédiatrie.

C’est fabuleux, tout ce qu’un nouveau-né (prématuré ou à terme) peut nous montrer. J’ai toujours beaucoup aimé le contact avec les parents dans des moments très intenses, comme ceux qui entourent une naissance.

Connaître plusieurs langues est un atout évident, cela m'a permis de participer à beaucoup de formations en néerlandais et en anglais, car peu de collègues parlaient ces langues. Les parents aussi parlent parfois une langue étrangère et cela permet de communiquer avec eux plus facilement.

Quelles sont les pathologies que vous rencontrez le plus fréquemment au sein du service pédiatrique ? 

Toutes les pathologies liées à la prématurité : fragilité liée au faible poids de naissance et faible âge gestationnel, maladies des membranes hyalines (au niveau respiratoire). Mais aussi réanimation à la naissance pour certains bébés nés à terme, malformations congénitales, etc.

Comment s’organise le travail au sein de ce service ?

La néonatologie est un service de soins intensifs, ce qui signifie que les soins aux patients se font en continu. Il faut constamment s’adapter à l’état de l’enfant, pouvoir se réorganiser quand un nouveau bébé arrive et se mettre au courant des nouvelles techniques ou pratiques de soins en permanence. J’aime énormément l’aspect soins intensifs, où l’on suit les patients jusqu'à leur sortie. 

C’est aussi un métier social (soutien aux familles, etc.) …

Bien sûr, c’est aussi ce qui le rend aussi enrichissant.

Dans votre métier, vous êtes parfois confrontée à des situations particulièrement difficiles. Comment faites-vous pour gérer ces interventions qui vous touchent ? 

Le fait de travailler en équipe est capital, on se serre les coudes, on s’entraide et on se soutient mutuellement. On fait régulièrement des réunions de débriefing.

D’après vous, quelles sont les qualités requises pour exercer en tant qu’infirmier en pédiatrie ?

Il faut pouvoir être très humain. Une grande capacité d’adaptation et de remise en question sont également nécessaires. Mais c’est tellement enrichissant que cela en vaut largement la peine.

Quels sont les avantages et les inconvénients de votre profession ?

Le côté humain, le contact avec les bébés et leurs parents, est très valorisant. Les horaires variables sont fatigants à la longue et ne sont pas faciles à gérer avec des enfants en bas âge.

Auriez-vous une anecdote à raconter ?

On avait un bébé né prématurément qui avait été très instable pendant 15 jours. Ce jour-là, il était très stable pour la première fois, j’ai donc décidé, avec l’aide d’une collègue, de le mettre dans les bras de ses parents. J’ai eu l’impression de véritablement leur « donner » leur enfant. C’était magnifique.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.