Gary Rousseau,
Conducteur de machines de fabrication textile (tisserand)

Interview réalisée en octobre 2014

Comment peut-on décrire le métier de tisserand ?

Le tisserand fabrique du tissu. Il pose des fils en longueur et en largeur, les travaille et ceux-ci forment le tissu.

Il s’occupe de ses machines. Il vérifie qu’elles fonctionnent au mieux, qu’il n’y a pas de défauts, de problèmes avec les fils.

Il est entouré d’autres personnes comme le régleur qui vérifie la mécanique. Car ça n’est pas le travail du tisserand. Le tisserand s’occupe de ses machines au niveau de la fabrication du tissu (non de la mécanique). Il remet les machines en route, coupe les pièces à la bonne longueur.                                                                                                                      

Qu’est-ce qui vous a attiré dans ce secteur ?

C’est de famille !

Mes parents travaillaient dans le textile, dans les bobinoirs. Ils faisaient le fil.

Mon frère, qui a quatre ans de plus que moi, a commencé dans le CEFRET[1]. Quatre ans plus tard, c’était mon tour ! Je suis parti en formation. J’ai fait quatre ans de travail, quatre ans d’école. Au début, je n’étais pas trop attiré car cela faisait énormément de bruit. Je n’avais que seize ans. Mais, à force de me lancer, j’étais parti ! Il faut se mettre dans le bain.

L’avantage est que le CEFRET était là pour nous assister. Il y avait des tests d’admission, puis si on était apte, il y avait l’école. C’était une bonne occasion d’apprendre.

La volonté des personnes compte aussi. Dans l’ancienne usine, on avait encadré de jeunes étudiants qui ne voulaient rien faire... C’est une question de mentalité. Il faut aimer. Moi, j’ai connu cela de famille donc je suis parti dans le secteur!

Quels sont les inconvénients du métier ?

Le bruit. Pour l’atténuer, on met des bouchons d’oreilles.

La poussière. La bourre.

Mais dans tout métier, il y a des défauts !

Quels en sont les avantages ?

Je vais dire comme tout le monde : le salaire ! Même s’il n’est pas extrêmement élevé, c’est un revenu. Ce n’est pas négligeable.

J’aime mon métier. Mais on ne peut pas se mettre à la place des autres. Il n’y a rien de valorisant ou de dévalorisant par rapport à un autre métier. C’est difficile pour les gens de savoir ce qu’ils veulent faire.

Quelles sont les qualités à avoir pour bien exercer votre métier ?

Je pense que la meilleure chose est de suivre une formation, d’être avec une personne active dans le métier. Si la personne est vraiment enthousiaste à l’idée de faire ce métier, elle suivra les conseils. J’ai appris comme cela. Par moments, ce n’était pas évident. Mais c’était efficace. La personne qui forme doit voir si le jeune est intéressé ou pas. Certains restent les mains dans les poches, vont fumer une cigarette lorsqu’il faut travailler…

Il faut être courageux et motivé.

[1] CEFRET A.S.B.L. – Centre de Formation Sectoriel du Textile

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.