Geoffroy de Hasque,
Monteur de chapiteau

Interview réalisée en juillet 2012

Geoffroy de Hasque est monteur de chapiteau et « riggueur » free lance.

Pourriez-vous retracer brièvement votre parcours scolaire? 

Après mes primaires, je suis entré en section artistique / dessin (technique de transition) et suis passé par différentes écoles (Saint-Luc, Académie des Beaux-Arts de Bruxelles, Sainte-Marie). A 18 ans, en accord avec mon père, j’ai décidé d’arrêter mes humanités pour rentrer à l’école du cirque de Bruxelles pour une période de deux ans, dans la discipline équilibre sur câble. Je suis sorti de l’école en mai 1994. A cette époque, l’ESAC n’était pas encore reconnue par la Communauté Française (FWB). Dès lors, je ne dispose que du diplôme d’études secondaires inférieures avec une qualification en dessin artistique.

Quel est votre parcours? 

J’ai commencé à travailler en 1994 comme « fil de fériste » dans différents spectacles et dans différents cirques. Parallèlement, je me suis intéressé aux aspects techniques du cirque, au point que, désormais, je ne m’occupe plus que de la technique.

Quelle est votre formation? 

Ma formation en qualité de technicien de cirque, monteur de chapiteau s’est faite « sur le tas ». En même temps que je réalisais les ancrages pour le câble sur lequel j’évoluais, j’aidais au montage du chapiteau et petit à petit, je me suis aussi intéressé aux accrochages aériens (rigging), ce qui fait maintenant partie de mes compétences.

Selon vous, est-ce important de continuer à se former? Si oui, dans quels domaines? 

Oui, il est important de continuer à se former pour élargir ses compétences et apprendre de nouvelles manières de faire. Dans mon métier et en fonction du développement des métiers du cirque, les formations commencent à se mettre en place, c’est très récent. On y aborde les règles de sécurité, la réglementation en vigueur en ce qui concerne l’accueil du public, que ce soit sous chapiteau ou dans la rue.

Pour ma part, je me suis formé en travaillant comme assistant avec différentes personnes. Au fil du temps, avec l’expérience, j’ai pris plus en plus de responsabilités pour finir par voler de mes propres ailes. Je reste en contact avec les personnes qui m’ont mis le pied à l’étrier afin d’échanger nos expériences, nos difficultés, nos idées. Il nous arrive aussi de retravailler ensemble sur les mêmes projets. Cela se passe très bien, c’est même agréable. C’est comme travailler en famille.

En quoi la formation que vous avez suivie vous aide-t-elle dans la pratique de votre métier? 

Ma formation de « fil de fériste » m’apporte une bonne connaissance du monde du cirque. Ayant pratiqué cette discipline, je suis très conscient de l’attente et des souhaits des artistes avec lesquels je travaille. Je travaille donc à la carte, ce qui est un énorme avantage et renforce la qualité de la relation humaine dans le travail.

Vous êtes également "riggueur", parlez-nous de cet aspect de votre travail. 

Effectivement, je m’occupe de l’installation des différents agrès (trapèze, fil, cadre aérien …). C’est ma principale activité car le montage de chapiteau est une activité ciblée dans le temps durant un spectacle. Cela me permet d’élargir mes compétences et mon temps de travail.

Est-ce un travail administratif? 

Non, c’est surtout un métier technique.  Néanmoins, il y a une partie plus administrative au moment de la prise de contact avec les responsables du lieu d’accueil afin d’évaluer le cas précis, les besoins en temps, en personnel. Ces points sont souvent très variables.

Quels sont les autres professionnels avec qui vous collaborez? Quelles sont leurs missions? 

C’est un travail d’équipe avant tout. J’entretiens une étroite collaboration avec le directeur technique, le régisseur son, le régisseur lumières, la personne en charge de la distribution électrique, ainsi que les pouvoirs publics en charge du lieu où le chapiteau se monte.

Quelles sont les principales difficultés rencontrées dans votre métier? 

A mon sens, la principale difficulté est d’arriver à concilier les différents impératifs imposés par le chapiteau, le lieu où il doit être implanté, le spectacle et la réglementation en vigueur, tout en respectant les budgets de production. Il nous faut trouver des solutions pour installer tout le matériel de manière identique et sécurisée quel que soit le lieu où nous nous implantons.

Quels sont les conseils que vous donneriez à un jeune qui a envie de se lancer dans le milieu? 

D’être motivé, d’avoir du cœur à l’ouvrage, de pouvoir travailler en équipe, de faire preuve d’une certaine autonomie. Telles sont, à mon sens, les principales qualités dont il faut faire preuve pour exercer mon métier.

Quelles sont les conditions de travail? Les horaires? 

Les conditions et les horaires sont très variables. Il faut être extrêmement flexible et accepter de travailler « au finish » tout en sachant que nos employeurs tiennent compte de ces paramètres.

Qu'est-ce qui vous a attiré dans ce secteur? 

Ce qui m’a attiré dans le monde du cirque et du spectacle, c’est cette ouverture sur le monde et les gens. C’est un milieu où il est très facile de faire des rencontres et de partager.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.