Gilles Bazelaire, Directeur créatif

Comment êtes-vous arrivé dans le webde­sign ?

Après l’option « latin-grec » en secondaire et un passage en Journalisme, je me suis redi­rigé vers la Communication visuelle. L’école Supérieure « le 75 » propose plusieurs options à dimension artistique ; l’aspect informatique n’y est pas très présent. Ce décalage entre les études et le monde professionnel m’a provo­qué un choc considérable. Au terme de mes études, je me suis inscrit au Tremplin pour l’emploi. Cette plateforme aujourd’hui, intitu­lée Jobstoday, facilite l’intégration des jeunes diplômés et étudiants au sein des entreprises par l’intermédiaire de jobs d’étudiants et de stages.

J’entame un stage dans une entreprise de tra­duction et de graphisme, où rapidement j’ap­prends en autodidacte le webdesign pen­dant mes temps libres et via des formations internes à l’entreprise. J’intègre ensuite une jeune startup anglaise de développement web en tant que webdesigner. Je poursuis ma jeune carrière professionnelle dans une plus grosse agence avec des clients plus impor­tants, comme la Communauté Européenne. Je poursuis mon autoformation et enrichis mes compétences de webdesigner avec d’autres compétences d’analyse de site web, d’au­dit ergonomique et de respect des conformi­tés web. La taille conséquente de l’entreprise ne me convenait pas vraiment et je décide de vivre une nouvelle expérience. Je pars en voyage au Mexique et décide à mon retour de devenir indépendant. Cette étape constitue finalement une suite logique à mon parcours professionnel.

Devenir indépendant, est-ce difficile ?

Au départ, on ne se rend pas compte du temps nécessaire pour la gestion administrative. Heureusement, il existe des organismes qui sont là pour vous aider. L’asbl Job In m’a aidé à débuter dans mon nouveau statut d’indé­pendant, tant au niveau de la facturation, de la gestion comptable que du business plan.

Après 5 ans d’activités d’indépendant, les demandes des clients sont devenues de plus en plus spécifiques et complexes ; cette évolu­tion m’amène à créer avec mon frère et un ami ma propre société DOGSTUDIO. Aujourd’hui, je suis directeur créatif, je gère les concepts en collaboration avec le directeur artistique et l’équipe. Je suis aussi professeur invité à la Haute Ecole Albert Jacquart.

Le webdesigner, un artisan du pixel ?

Le métier du webdesigner variera en fonc­tion de la taille de l’agence où il évolue. Il tra­vaille en équipe et valide les étapes d’évolu­tion du projet par des réunions successives avec l’équipe. Deux étapes balisent son travail. Le webdesigner construit des interfaces, il tra­vaille en partenariat avec l’architecte de l’in­formation/ergonome qui définit les chemins fonctionnels, ou les réalise lui-même selon le cas. La seconde étape constitue la mise en peinture des interfaces, le plus important demeurant néanmoins le schéma fonctionnel et le respect des codes du web. Selon les types de projet, le choix se portera vers un webdesi­gner plus créatif ou plus conventionnel. Pour un projet de type événementiel, le webdesi­gner plus créatif sera privilégié. Il doit sortir des conventions et imaginer des navigations alternatives. Pour un projet davantage « corpo­rate », le webdesigner plus conventionnel cor­respondra davantage au projet via le respect de conventions liées au milieu et via des che­mins de navigation plus classiques.

Un webdesigner est pointilleux, précis au pixel près et fait preuve de jusqu’au-bou­tisme. Il est très éveillé aux perpétuelles évo­lutions du métier et leurs implications, aux possibilités qu’elles offrent. Le webdesign, c’est une course face aux évolutions techno­logiques : soit on est en adéquation, soit on est hors temps. Le webdesign est soumis aux effets de mode du temps et du zapping rapide des internautes. Pour s’inscrire dans le temps, le webdesigner doit rester éveillé et anticiper les effets de mode : à chaque saison, il y a des « grands » blogs qui définissent les standards.

Le webdesigner est un veilleur « constant » et un autodidacte. Il a peu d’outils de base à mai­triser, à savoir un logiciel graphique (majori­tairement Photoshop), un logiciel de wire­frame, le langage html et css. La difficulté du métier ne réside pas dans l’apprentissage des outils peu complexes mais bien dans le besoin de pratique. Le seul accès à la qualité en tant que webdesigner : c’est la pratique et encore la pratique, le plus rapidement pos­sible. La connaissance d’autres langages liés au webdesign, tels le javascript, l’ajax consti­tue un plus, mais n’est pas indispensable. Le découpage du design est aussi une compé­tence supplémentaire intéressante mais il doit au minimum comprendre la dynamique. Le webdesigner collabore beaucoup avec l’ar­chitecte de l’information/ergonome, les inté­grateurs html et le chef de projet. Il collabo­rera dans une moindre mesure avec le service marketing (pour les e-mailings) et les déve­loppeurs.

Quelles sont les difficultés ?

Etre visible. Le souci majeur est de se différen­cier, d’exister et d’être reconnu car aujourd’hui il y a beaucoup de concurrence sur le marché. Il est vital d’être présent sur le web et de travailler son identité numérique sur la toile.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui veut se lancer ?

Un webdesigner doit être autonome, se former en plus de l’école et aller plus loin le soir après les cours. Dès sa première année, il effectuera pendant les vacances des jobs d’étudiants en webdesign et il choisira une école qui pro­pose des stages pendant le cursus.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.