Julien R., Employé de banque

Quelle formation avez-vous suivie ?

J'ai une formation de technicien en travaux publics. Pendant mes études, j'envisageais plutôt de m'orienter vers le domaine de l'architecture ou celui des travaux publics.

Quel est votre parcours professionnel ?

Avant d'avoir repris des études, j'ai travaillé dans le secteur public (ministère de la prévoyance sociale) où j'étais rédacteur. Lorsque j'ai été engagé par mon actuel employeur, j'ai commencé dans un service du siège central où je m'occupais de la gestion des comptes de placement. Après un an environ, j'ai accepté de travailler dans une agence en province. De là, à nouveau, je suis retourné dans un siège régional où ma fonction était d'assister les agences du réseau dans certains domaines spécifiques, surtout celui des assurances. Après une bonne dizaine d'années, je suis retourné en agence.

Pouvez-vous définir votre fonction ?

Ma fonction est " conseiller de clientèle ". Cela va du simple service bancaire de base comme des versements ou retraits d'argent jusqu'aux opérations de placement ou de crédits ou de la vente de produits d'assurances. L'important, c'est l'entretien en bureau de conseil avec le client. C'est aussi découvrir ses besoins et répondre efficacement à ce qu'il attend du banquier ou de l'assureur.

Avez-vous suivi des formations au sein du Groupe ? Si oui, lesquelles ?

Chaque employé, à son entrée en service, suit la formation de base classique pendant quelques semaines. Après un certain temps, des formations plus spécifiques sont nécessaires, telles que les opérations de bourse, placements divers, crédits d'habitation, prêts personnels à buts divers, produits d'assurances, etc? Chaque employé assiste aux différents séminaires pour acquérir les connaissances de spécialiste.

Comment le monde bancaire a-t-il évolué depuis vos débuts ?

Je me rappelle qu'au début de ma carrière, aucune agence n'était équipée d'ordinateurs. Toutes les opérations demandaient des écritures manuelles, un tas de formulaires étaient à remplir. Le plus souvent, la communication entre agences et siège central était un long échange de courriers ou de notes de service. Aujourd'hui, nous sommes en liaison directe avec l'ordinateur central et dans la plupart des cas, nos dossiers sont complets au premier entretien avec notre client.

Les clients eux-mêmes ont également toutes les facilités et n'ont même pas besoin de se rendre à leur banque pour les opérations simples. La carte bancaire qui leur est délivrée permet d'effectuer un tas d'opérations (retraits, virements, impression d'extraits pour n'en citer que les plus courantes). Les services de banking par téléphone ou PC leur permet même d'aller jusqu'à opérer en bourse. Pour ce faire, le client ne doit même pas quitter son domicile ou son lieu de travail.

Ceci du point de vue technique. On ne saurait citer ou décrire tous les nouveaux produits qui sont venus compléter la gamme des services disponibles jusqu'à ce jour.

Les banques et assurances n'ont plus le monopole de la vente des services financiers, comment faire face à une telle concurrence ?

Il est vrai que les banques n'ont plus ce monopole, mais elles sont aussi devenues concurrentes d'autres services à la clientèle. Il y a plus ou moins 20 ans, les banques ne vendaient pas de produits d'assurances en dehors des assurances-vie liées à des prêts.

Mais cette question me fait surtout penser au fait qu'il y a beaucoup d'entreprises commerciales qui facilitent le paiement de certains gros achats par mensualités et pour lesquelles, dans la plupart des cas, l'acheteur devrait solliciter un crédit auprès d'une banque. C'est une concurrence dans le domaine des crédits qui échappe aux banques. Mais il n'est pas certain que les banques accorderaient tous ces crédits, parce qu'elles tiennent compte, avant tout octroi, du pouvoir d'achat et en conséquence des remboursements de ces acheteurs. Lors d'acquisitions de ce genre, le vendeur non banquier n'en tient pas compte et ne s'en occupe pas. Ceci a pour conséquence, on en parle de plus en plus, le surendettement d'un grand nombre de citoyens ; ces facilités sont dangereuses pour l'équilibre financier sain de beaucoup de ménages.

Comment y faire face ?

Informer le public (publicité, mailings), avoir de toute façon la meilleure offre et la plus attrayante, prouver compétence et sérieux.

Quelles sont vos missions, vos responsabilités au sein de l'agence ?

Ma fonction est d'avoir un entretien avec le client, de lui parler de nos produits, de l'équiper selon ses besoins. Il doit être satisfait des conseils et services, et ce de façon durable. On veut le client fidèle.

Comment imaginez-vous votre avenir professionnel ?

C'est plus délicat. Tout le monde est au courant des fusions de plusieurs banques pour former un seul groupe. Cela veut dire, trop d'emplois dans le secteur. L'avenir est difficile à imaginer. L'incertitude du maintien de l'emploi s'installe. Mais j'ai l'espoir de garder mon emploi et ma fonction au sein de l'entreprise.

Quels sont les aspects attrayants de votre métier ?

Le contact avec les clients, la diversité. On rencontre des personnes de tous les métiers, de toutes les couches sociales. Chaque rencontre peut apporter un plus.

Quel est votre mode de rémunération ?

Mensuelle, par anticipation.

Y a t il des perspectives d'avenir pour les jeunes ?

Espérons-le ! et que le progrès de l'informatique n'empêche pas la présence de personnes compétentes et surtout le contact humain qui manque déjà beaucoup actuellement. Je conseille en tous cas à tous les jeunes de poursuivre des études après leurs humanités. C'est un atout. Sans qualification, ils auront moins de chance de trouver un emploi intéressant et épanouissant.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.