Matthieu Buelens,
Préparateur physique

Interview réalisée en décembre 2008

Préparateur physique du Centre de l’Association Francophone de Tennis (A.F.T.) de Mons, Matthieu Buelens s’occupe plus particulièrement des élèves de moins de 14 ans. Il adapte constamment son travail en fonction des spécificités de chacun d’entre eux.

Comment avez-vous été amené à travailler pour l’Association Francophone de Tennis ?

Un peu par hasard. J’ai certes bien fait un régendat en éducation physique mais l’enseignement en tant que tel ne me plaisait pas trop. J’avoue que je me suis un peu cherché à la fin de mes études. Thierry Van Cleemput, qui a longtemps entraîné Olivier Rochus et qui est un de mes voisins, m’a signalé que l’A.F.T. cherchait un éducateur, si possible sportif lui-même, pour encadrer les jeunes espoirs du centre de Mons. A force de côtoyer les jeunes éléments du Centre, je me suis intéressé à leur préparation physique. Je me suis inscrit à des cours de préparateur physique à Lille. Mais j’ai surtout appris le métier au contact du préparateur physique du Centre, Patrick Meur. Je l’ai parfois harcelé avec mes questions ! Il a été un véritable mentor pour moi. En somme, il m’a tout appris : pourquoi travailler l’explosivité à tel moment, pourquoi privilégier la vitesse à tel autre, quand travailler le haut du corps, quand travailler le bas… Ses conseils, couplés à la formation que j’ai suivie à Lille, m’ont donné de bonnes bases pour débuter dans le métier. Maintenant, parallèlement à ma fonction d’éducateur, je m’occupe spécifiquement de la préparation physique des moins de 14 ans, ils sont huit au total, tandis que Patrick s’occupe principalement de tous les autres élèves. En quelque sorte, je le décharge un petit peu d’une partie de son travail. Quand l’un de nous est en vacances, l’autre prend bien évidemment en charge l’ensemble des joueurs. Nous travaillons en totale symbiose avec les autres membres du staff technique, à savoir les entraîneurs, les kinés et les médecins.

Quelles connaissances doit avoir un bon préparateur physique ?

Des connaissances en anatomie et en physiologie mais aussi les méthodes d’évaluation et de développement des qualités physiques. La traumatologie, la rééducation, le réentraînement, l’apport de la technologie, la préparation mentale et la nutrition sont aussi des matières intéressantes à développer. Pour être efficace, le préparateur physique doit aussi bien maîtriser le sport pratiqué par l’athlète. Des notions de psychologie s’avèrent aussi nécessaires, surtout lorsque l’on travaille avec des sportifs très jeunes, ce qui est mon cas. Ils ont en effet parfois du mal à relativiser une défaite. Il faut aussi parfois leur apprendre à gérer la concurrence qu’ils établissent entre eux et les inévitables tensions qui s’ensuivent.

Comment se déroule la préparation physique de vos élèves ?

Patrick et moi adaptons la préparation physique à différents paramètres : l’âge du joueur, son état de forme du moment et son calendrier de tournois. D’un athlète à l’autre, on peut ainsi passer d’une heure d’entraînement physique par jour à quatre heures comme c’est parfois le cas chez les joueurs plus « expérimentés ». Nous leur faisons faire des courses, nous travaillons leur endurance, leur vitesse, le visuel, la coordination des mouvements et l’explosivité (notamment par des petits sauts). Il est important, selon moi, de varier au maximum les exercices. Le préparateur physique doit beaucoup dialoguer avec les entraîneurs. Ceux-ci doivent donner le maximum d’informations sur leur élève, ceci afin de trouver les exercices adéquats. Bref, il faut adapter la préparation physique à chaque situation personnelle. La volonté du joueur de progresser et de repousser ses limites peut être décisive quant à son avenir. Il ne faut pas négliger non plus la prévention : une bonne condition physique est la meilleure protection contre les blessures musculaires. Quand ce sont des jeunes enfants, comme ceux dont je m’occupe, il ne s’agit pas vraiment de musculation en tant que telle mais plutôt d’un travail à faire sur les muscles sollicités. A partir de 16 ans seulement ils commencent à développer leur puissance en soulevant des poids. Nous devons toutefois veiller à ce qu’ils gardent un certain équilibre physique. Comme je l’ai déjà signalé, la préparation peut être différente d’un élève à l’autre en fonction de sa morphologie.

En quoi une bonne préparation physique est-elle nécessaire pour atteindre le haut niveau ?

Le rôle du préparateur physique est essentiel parce que la puissance, l’explosivité, l’endurance et la vitesse sont devenues des facteurs essentiels de réussite. Certes, la tactique, la technique et le mental sont aussi prépondérants mais sans une condition
physique irréprochable, il n’est pas concevable d’espérer faire partie des meilleurs joueurs du monde. Cela n’est pas propre au tennis. C’est valable pour la plupart des sports.

Pouvez-vous nous décrire une facette moins connue de votre profession ?

Je dois très souvent accompagner mes élèves dans leurs activités extra tennis. Lorsqu’ils se rendent chez le diététicien ou chez le médecin pour effectuer une prise de sang ou un test à l’effort, par exemple.

A terme, comment voyez-vous votre avenir ?

Je suis encore en apprentissage. J’apprends tous les jours en côtoyant de près Patrick Meur et espère pouvoir me développer dans cette activité à son contact. J’avoue qu’il ne me déplairait pas de travailler à temps plein dans la préparation physique.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.