Monsieur Dernier, Podologue

Interview réalisée en janvier 2005

Quel est votre parcours professionnel ?

J'ai commencé avec mon père qui était chausseur puis j'ai passé des examens dans un groupement professionnel et j'ai obtenu l'agréation de l'INAMI pour les semelles orthopédiques.

En quoi consiste votre métier ?

La podologie soigne certaines affections de la peau ou des ongles des pieds tels que cors, durillons, ongles incarnés...
Il s'agit aussi de petites corrections au niveau des orteils et l'orthopédie soigne aussi les déformations des pieds par semelles orthopédiques.
Je suis indépendant. Aujourd'hui je suis en fin de carrière et j'ai ralenti mon rythme de travail. Je commence à 9 heures et je m'arrête à 17 heures.

Quel est l'investissement financier pour installer un cabinet ?

Le matériel coûte très cher mais je pense que, comme d'autres professions paramédicales, les banques proposent des prêts à des taux d'intérêt intéressants surtout ceux qui permettent un remboursement après 5 ans.
Pour débuter avec du matériel convenable, il faut compter un minimum de 25 000 euros... A titre d'exemple, le prix d'un fauteuil s'élève environ à 2500 euros...

Quels sont les qualités nécessaires pour bien exercer votre métier ?

Indéniablement, il faut d'importantes aptitudes manuelles et un bon contact avec les gens.

Est-ce vous qui posez un diagnostic ou travaillez-vous à partir de prescriptions médicales ?

Les deux sont possibles, cela dépend des cas. Au niveau remboursement, mon agréation INAMI permet au patient d'être remboursé pour les prescriptions émanant d'un médecin en ce qui concerne les semelles orthopédiques. Il peut également obtenir une intervention dans les soins de pédicurie sans ordonnance.

Le métier a-t-il évolué ces dix dernières années ?

Oui et particulièrement la formation : le bachelier est une excellente chose qui permet une bonne formation et les stages dans les hôpitaux sont très instructifs. D'un point de vue technique, de nouveaux outils ont permis une belle évolution comme les pistes de marche, les plateformes de pression, l'informatique. C'est surtout au niveau des matériaux que l'évolution est importante.

Y a-t-il une formation continue ?

Oui, il y a des congrès, des séminaires qui permettent de se maintenir au courant de l'évolution de la profession et des nouvelles technologies.

Est-ce un secteur porteur d'emplois ?

Oui étant donné que l'on constate un vieillissement de la population en Belgique. La clientèle du podologue se compose essentiellement de personnes âgées. De plus, le métier s'élargit vers des techniques qui n'existaient pas avant comme par exemple, la posturologie (étude de la statique avec l'équilibration des différents muscles qui tient compte notamment de l'aptitude visuelle...). Ces soins augmentent potentiellement notre clientèle.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune ?

Pas de conseils en particulier, si ce n'est que comme dans beaucoup de domaines, il faut le faire à fond ou ne pas le faire du tout.
Idéalement pour les jeunes d'aujourd'hui, je leur conseillerais de se regrouper en cabinet. De créer un cabinet avec plusieurs professions paramédicales qui offriraient aux patients un large éventail de soins.
De plus, le travail en équipe permet une convivialité entre collègues. Le cabinet permet les spécialisations, il faut savoir par exemple, que les podologues spécialisés au niveau du diabète sont très rares aujourd'hui. Or, le champ d'action des podologues s'élargit très fort.
Il y a aussi tout l'aspect prévention qui permet de maintenir une bonne santé du pied : comment acheter une bonne chaussure, tailler les ongles convenablement... Des conseils que l'on ne donne nulle part.

Qui compose votre clientèle ?

Majoritairement des personnes âgées tout simplement parce que le pied s'abîme avec l'âge. Ma clientèle, c'est aussi 95% de femmes parce que les messieurs, ce n'est pas pareil...

Ils ne s'occupent pas de leurs pieds, les messieurs ?

Si mais ils ne portent pas des chaussures qui font mal! Nous vivons dans une société où la pression de la mode sur les femmes est abominable pour leurs pieds : talons hauts et bouts pointus, ces chaussures sont une catastrophe pour les pieds!

Quels sont les avantages et les inconvénients de votre profession ?

Les inconvénients sont les inconvénients d'un indépendant. Les horaires sont lourds. Lorsque le dernier patient s'en va la journée est loin d'être terminée. Il faut notamment fabriquer les semelles ou les orthèses. J'ai la chance de travailler avec ma femme qui gère toute la comptabilité, tous les aspects administratifs.
Les avantages sont d'abord d'exercer un métier que l'on aime et d'éprouver de la satisfaction lorsque le travail est bien fait. C'est un métier valorisant, la satisfaction des personnes soignées est très gratifiante.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.