Sébastien de Luca, Laborantin

Interview réalisée en juin 2009

La Recherche & Développement a aujourd’hui toute son importance au sein des entreprises chimiques. Floridienne Chimie, située à Ath et active dans la production de sels de métaux non ferreux et de stabilisants pour le PVC, ne déroge pas à la règle. 

Quelle est votre formation, votre parcours professionnel ?

Après des études secondaires en sciences au Collège Notre-Dame de Binche, j’ai fait un graduat en chimie industrielle en cours du soir tout en travaillant le jour. Je ne l’ai pas encore terminé mais je suis quand même rentré dans cette entreprise, sans doute grâce à mes cinq années d’expérience en chimie au sein d’une PME qui produit des réactifs de laboratoires, d’abord en production puis au contrôle qualité où je m’occupais de la préparation de réactifs. Je travaille pour le labo R&D de la Floridienne Chimie depuis 2005.

Comment pourrait-on décrire votre profession ?

Etant donné les nouvelles normes imposées par l’Europe en ce qui concerne les usines chimiques, on doit élaborer de nouvelles formulations qui répondent à ces exigences, notamment en ce qui concerne l’arrêt de l’utilisation du plomb pour la stabilisation du PVC. Mais ces nouveaux produits doivent satisfaire le client et lui occasionner le moins de désagréments possibles. D’un autre côté, nous devons également rester compétitif par rapport à la concurrence et ainsi trouver un compromis entre le meilleur produit et son prix. Ce métier exige de la rigueur, de la précision, un sens relatif de l’initiative et un sens de l’observation. Nous n’avons pas le même outil que l’unité de production et il faut donc déterminer si les essais réalisés en labo sont transposables en usine.

D’autres qualités sont-elles nécessaires pour être laborantin R&D ?

En R&D, on est au nombre de six dont un responsable. Il faut donc pouvoir travailler en équipe, ne pas avoir peur de donner son avis, se sentir concerné par les problèmes à régler, observer de manière stricte les consignes et respecter les délais afin de ne pas se faire dépasser par la concurrence. Des connaissances en chimie sont bien évidemment nécessaires mais on apprend principalement « sur le tas ». En effet, il n’y a pas de formation spécifique au PVC pour travailler dans ce type d’usine, sauf si on fait une spécialisation en plasturgie.

L’anglais technique est souhaitable mais pas obligatoire. Il constitue un atout pour la lecture de fiches sécurité libellées dans cette langue. L’informatique, quant à elle, est utilisée pour établir des tableaux de formulation, l’élaboration de rapports ainsi que pour la mise en réseau de résultats. On utilise principalement Word et Excel.

Quels sont ses avantages et inconvénients ?

Les avantages sont liés au travail en équipe et aux horaires. Il ne s’agit pas encore d’un travail à pauses ! Mais il y a surtout le fait de savoir que nos produits vont être commercialisés. C’est gratifiant. On participe à la vie de l’entreprise et à sa pérennité.

Quant aux risques, ils sont inhérents à cette profession. On manipule des produits dangereux. Il faut y être attentif même si on porte des équipements de sécurité.

Cette profession a-t-elle évolué ces dernières années ? de quelle manière ?

Les normes sont de plus en plus strictes au point de vue environnemental, ce qui occasionne davantage de contraintes tant au niveau des rejets de l’entreprise que dans nos formulations propres. Mais il y a eu une autre évolution conséquente avec l’interdiction d’utiliser le plomb dans la stabilisation du PVC.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune intéressé par ce métier ?

Il faut se rendre dans les entreprises afin de voir comment cela se déroule en tant qu’acteur et sentir si on s’accroche à cette profession. La conscience professionnelle, l’envie de faire progresser l’entreprise, lui faire atteindre les objectifs visés sont également des stimulants. En outre, s’il est intéressé par la recherche de nouveaux produits, cela peut constituer un job intéressant.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.