Sophie Calomm,
Metteuse au point en maroquinerie

Interview réalisée en janvier 2007

En quoi consiste votre activité au quotidien ?

Développer le produit, le mettre à plat, l’adapter s’il y a des changements, le modifier en fonction de certains cuirs. Le réaliser et développer la gamme opératoire que l’atelier de production va suivre. Je travaille surtout sur ordinateur à partir des plans de découpe. Je vais adapter, modifier, ajouter certains éléments : plus grand, plus petit, un point par-ci, une encoche par-là. Je vais tout développer à partir de là, savoir quels renforts mettre pour que ce soit solide, quelle épaisseur de cuir utiliser, les différentes parures, tout ce qui entre dans la confection du sac. Comprendre ce que veulent les stylistes et travailler en fonction de leurs exigences.

Quelles sont les qualités attendues dans votre  profession ?

Tout d’abord, aimer ce qu’on fait. Connaître la matière. La précision, le respect de ce qu’on fait et de la matière. Avoir de la créativité.

Quels sont les avantages et inconvénients de votre métier ?

C’est de prendre plaisir à ce que je fais. Les matières sont très agréables à toucher. Puis, ça me pousse à me développer différemment, à me découvrir, à me rendre compte de ce dont je suis capable et que je n’imaginais pas. Il y a plein d’ingrédients qui sont réunis pour que je me sente bien : toucher des matières nobles, des matières exotiques, participer à des événements, … Evidemment, il y a le stress des collections, ça demande énormément d’implication, beaucoup de responsabilités. Tout repose sur vous parce que vous êtes quasiment à la case départ du modèle.

Quel est l’horaire de travail ?

Je suis en horaire défini, de 7h30 à 16h15, mais il y a une flexibilité qui s’installe. Moi qui suis du matin, ça ne me dérange pas du tout de commencer tôt. Il y a aussi des heures supplémentaires en période de collection.

Quelles études avez-vous faites pour accéder à votre profession ?

J’ai fait mes humanités jusqu’au bout en latin-langues. J’ai fait un apprentissage ici, chez Delvaux, en deux ans, en parallèle avec l’INFAC où j’avais des cours de commerce, de droit, de français, de math et de maroquinerie. J’ai plus appris ici qu’à l’école.

Quel a été votre parcours professionnel ? 

J’ai commencé par deux années d’apprentissage. Après, j’ai fait deux fois six mois de stage. Et puis, j’ai vraiment été engagée. J’ai travaillé dans des équipes avec différentes personnes en ayant de plus en plus accès à des petites choses particulières comme les sacs en matières exotiques qui demandent un peu plus de doigté et de finesse. Ensuite, il y a trois ans, je suis passée responsable d’équipe. Cela n’a duré qu’un an car je suis arrivée ensuite au bureau d’études. Tout ça en 12 ans ! 

Au départ, quels sont les éléments qui vous ont fait choisir la maroquinerie ?

Quand j’ai terminé mes humanités, je n’avais aucune idée de ce que je voulais faire. J’étais complètement perdue. En lisant le journal, mon papa avait vu une demande d’apprenti pour Delvaux. Il savait que, depuis toute petite, j’aimais bien faire des petits bricolages. Il m’a demandé si ça m’intéressait, je ne savais pas ce qui m’attendait et j’ai dit pourquoi pas. J’ai eu un coup de chance monstre. Je suis sortie de l’école en juin, j’ai fait un jour d’essai et, le 3 octobre, j’étais engagée chez Delvaux comme apprentie. Je ne connaissais pas le travail, je ne connaissais pas les matières, ni la firme, ni les modèles. A partir de cette annonce et du fait que je me débrouillais bien avec mes mains, c’est venu naturellement. J’ai trouvé un job que je trouvais très agréable à faire. 

Que diriez-vous à un jeune qui souhaite se lancer dans cette voie ?

Qu’il ne s’attende pas à ce que ça vienne tout de suite. Qu’il montre sa volonté, qu’il s’implique, qu’il montre qu’il aime ce qu’il fait, qu’il respecte ce qu’il fait.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.