Sylvie B., Hôtesse de l'air

Interview réalisée en janvier 2010

Qu'est-ce qui vous a incité à devenir hôtesse de l'air ? 

Toute petite déjà j'étais attirée par tout ce qui volait, que ce soit un avion, une montgolfière ou une fusée ! La première fois que je suis montée dans un avion, j'avais 13 ans. C'était dans un coucou qui bougeait beaucoup mais j'adorais ça ! Dès que j'ai eu l'âge pour pouvoir devenir hôtesse de l'air, j'ai postulé à la Sabena. J'ai eu la chance de voir ma candidature retenue. Je suis alors entrée en formation. A l'époque elle durait trois mois.  

En quoi consistait cette formation et quelles étaient les conditions d'admission ? 

Pour y avoir accès, il fallait avoir son CESS (certificat d'enseignement secondaire supérieur) et passer des tests d'admission. La connaissance des langues était, et est toujours d'ailleurs, essentielle : le français, l'anglais et le néerlandais. Chaque compagnie aérienne a son propre centre de formation et donc les cours peuvent différer d'une compagnie à une autre. Globalement, on suit des cours axés sur la sécurité des passagers, les premiers soins médicaux, sur les comportements à avoir face aux passagers, sur les produits dangereux et corrosifs, les procédures d'embarquement et débarquement mais aussi d'évacuation… Les formations sont récurrentes. Ainsi, tous les ans, les hôtesses et stewards retournent en formation ! Il faut préciser que certaines compagnies aériennes font payer la formation et d'autres pas. 

Comment vous êtes-vous retrouvée chez TNT ? 

Après la faillite de la Sabena, beaucoup d'hôtesses et de stewards se sont retrouvés sur le carreau, dont moi. J'ai bien sûr essayé de me "recaser" dans d'autres compagnies mais comme il s'agissait d'une période noire dans l'aéronautique (d'autres compagnies ont rencontré des problèmes similaires à ceux de la Sabena), il y avait beaucoup trop de demandes par rapport à l'offre. Après divers petits boulots (dans le secrétariat, la comptabilité et la vente notamment), j'ai découvert, en lisant la presse, que TNT se lançait dans le transport des passagers. J'ai envoyé ma candidature et ai été retenue. Je suis retournée en formation mais, vu mon passé dans l'aéronautique, j'ai suivi certains cours en accéléré. Lorsque nous avons pu visiter l'un des avions, j'ai vraiment eu l'impression de retrouver mon "chez moi". Deux ans et demi après mon expérience "sabenienne", je pouvais à nouveau faire le boulot de mes rêves. 

Quels types de vols effectuez-vous ? 

TNT travaille beaucoup avec des tours operateurs mais aussi avec des entreprises ou groupes de personnes qui louent nos appareils pour leurs clients. Nous avons ainsi, en guise d'exemple, récemment transporté l'orchestre philarmonique de Bruxelles qui allait passer trois jours à Venise.

Qu'est-ce qui vous plaît dans votre métier ? 

Les horaires changent tout le temps. Je n'aime pas être confinée à des horaires réguliers donc cela me plaît beaucoup. Et puis, je rencontre beaucoup de personnes différentes. De même, à chaque vol, les collègues sont différents. Enfin, j'adore l'imprévu ! Et dans l'aéronautique, avec la météo par exemple, ceux-ci peuvent être nombreux ! 

Et quels aspects appréciez-vous moins ? 

La vie de famille n'est bien sûr pas toujours évidente mais tout est une question d'organisation. Il y aussi le fait que l'on ne peut pas prévoir une activité trop longtemps à l'avance puisque nous pouvons à ce moment-là être sur un vol. 

Quand connaissez-vous votre programme de vol ? 

Généralement, nous sommes au courant de notre programme pour le mois suivant entre le 15 et le 20 du mois. Ce mois-ci, j'ai eu une dizaine de destinations différentes partout en Europe. 

Y a-t-il un nombre d'heures de vol à ne pas dépasser ? 

Oui. Tout cela est bien réglementé. On peut effectuer jusqu'à 15h00 de vol par jour (notamment sur les vols longs courrier) mais toutes les prestations ne sont pas aussi longues et le repos  consécutif à une telle prestation sera lui aussi assez conséquent. Une prestation standard varie entre 8 et 10h00. Il peut arriver que je travaille durant sept ou dix jours pour ensuite bénéficier d'une interruption de 48 heures. Par ailleurs, en cas de désistement d'un collègue, on peut être amené à devoir le remplacer en urgence. 

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.