Sylvie, Inspectrice de police

Interview réalisée en janvier 2005

Sylvie, 36 ans, a d'abord travaillé comme civile à la police avant de devenir auxiliaire puis inspectrice.

Quel a été votre parcours scolaire et professionnel avant d'entrer à la police ?

Après mes études secondaires, j'ai travaillé dans une administration publique durant plusieurs années. Puis, il se fait qu'une place s'est libérée pour travailler, comme civile, à la police, toujours dans l'administratif. Je me suis rendue compte, après quelques années, que j'avais besoin de plus bouger, de davantage d' « action » en quelque sorte. J'en avais assez de rester confinée dans un bureau. Après avoir pris conseil auprès de différentes personnes, j'ai choisi de suivre la formation pour devenir auxiliaire de police. Pour pouvoir entamer la formation d'auxiliaire, j'ai dû suivre un régime draconien car j'étais à l'époque obèse mais j'étais motivée à exercer cette profession et ma volonté a fait le reste.

En quoi a consisté votre fonction d'auxiliaire de police ?

On fait un petit peu de tout mais principalement tout ce qui concerne le respect des règlements communaux que ce soit en matière de circulation, du code de la route, on verbalise les contrevenants, etc. 

Puis vous avez décidé de suivre la formation du cadre de base.

De par les contacts avec des collègues policiers qui travaillaient en intervention, j'ai souhaité moi aussi faire le métier qu'eux et progresser dans la hiérarchie. Le métier d'inspecteur est beaucoup plus large que celui d'auxiliaire. Je dois dire que je suis épanouie dans cette fonction. Je ne voudrais pas changer de métier. Je l'ai vraiment dans la peau. Tant que je suis apte physiquement et mentalement, je l'exercerai. Dans quelques années, je souhaiterai devenir inspectrice principale.

Comment s'effectue au quotidien votre travail sur le terrain ?

Nous travaillons par deux. Il est indispensable que les deux policiers s'entendent bien pour effectuer du bon travail. Cela fait un an que je travaille avec le même équipier et on se complète parfaitement. Je suis quelqu’un de très impulsive et dans certaines circonstances cela peut jouer de mauvais tours. Par contre mon équipier est plus calme. Lors des interventions, l'un prend le pas sur l'autre en fonction des circonstances.

Quel avantage et éventuellement inconvénient y-a-t-il à être une femme policière ?

Mon collègue me dit toujours que, par ma présence, je parviens à décanter une situation. Certaines personnes agressives confrontées à une femme policière semblent s'adoucir subitement. Je ne vois pas vraiment d'inconvénient. Pour ce qui me concerne, et je pense que c'est le cas de chacune de mes collègues féminines, je suis très bien intégrée et ne suis nullement confrontée au « machisme ».

Quels avantages tirez-vous de votre profession ?

La grosse diversité des tâches mais aussi le fait que l'on rencontre une multitude de personnes différentes, provenant de tous milieux.

Et comme inconvénients ?

La difficulté de mener une vie privée « normale » de par nos horaires. Je n'ai pas d'enfants et franchement je ne sais pas comment je ferais si j'en avais. Il faut apprendre à gérer sa vie privée en fonction de sa vie professionnelle. Il y aussi les risques inhérents au métier. On ne sait jamais, lorsque l'on part en intervention, ce qui nous attend. C'est un métier motivant mais stressant. Je pense aussi qu'il faut avoir un solide mental à toutes épreuves car on est parfois confronté à des situations extrêmes comme la découverte d'un cadavre par exemple.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.