Horeca : une nouvelle génération entre passion et besoin d'équilibre
| Posté le 08/05/2026 — Actualité précédente / suivante |
Malgré l'image parfois glamour véhiculée par les concours culinaires télévisés, le secteur de l’hôtellerie et de la restauration reste l’un des plus exigeants. Entre la pression des services, les horaires décalés et la fatigue physique, les métiers de la salle et de la cuisine demandent une résistance à toute épreuve. Pourtant, le secteur n'a jamais attiré autant de jeunes : le nombre d'étudiants y a presque triplé en dix ans, au point de représenter aujourd'hui près de la moitié de la main-d'œuvre.
Pour beaucoup, ces jobs sont une nécessité financière ou une manière d'occuper un emploi où l'on ne s'ennuie jamais. Mais pour d'autres, il s'agit d'une véritable vocation. Dans les écoles hôtelières, les futurs professionnels apprennent dès l'adolescence la rigueur et la discipline nécessaires pour réussir. Ils voient dans ce métier une opportunité de voyager, de créer et de relever des défis quotidiens, tout en étant conscients que le salaire et le temps libre ne sont pas toujours à la hauteur de l'investissement fourni.
La nouvelle génération de travailleurs apporte cependant un regard différent sur la profession. Si la passion reste le moteur principal, le sacrifice total de la vie privée n'est plus la norme absolue. Les jeunes diplômés sont de plus en plus attentifs à leur qualité de vie. Pour concilier carrière et vie de famille, certains envisagent de se diriger vers l'enseignement après quelques années sur le terrain, tandis que d'autres profitent de la pénurie de main-d'œuvre pour choisir des établissements qui proposent des horaires plus souples.
Face à ces attentes, le secteur évolue. Pour attirer et garder ces jeunes talents, de nombreux restaurateurs abandonnent les traditionnels "services coupés" au profit d'équipes tournantes ou de jours de fermeture plus nombreux. Cette mutation semble porter ses fruits : des cuisines étoilées aux directions de grands hôtels, les perspectives de carrière restent nombreuses pour ceux qui sont prêts à s'accrocher. En fin de compte, l'horeca continue de séduire pour ce qu'il a d'essentiel : le contact humain, la créativité et le plaisir de satisfaire le client.
Le Soir, 8 mai 2026