Le secteur de la petite enfance tire à nouveau la sonnette d'alarme
| Posté le 11/03/2026 — Actualité précédente / suivante |
Depuis quelques années, le secteur de la petite enfance traverse une crise profonde : inégalités financières entre établissements, pénurie de personnel, équipes à bout de souffle ou encore conditions de travail qui mènent à une forme de maltraitance institutionnelle. En Wallonie et à Bruxelles, ce sont près de 67 000 enfants de 0 à 3 ans qui fréquentent chaque année un milieu d'accueil. Et malgré ces difficultés, le gouvernement a décidé de réduire leur budget de 74 millions d'euros.
En Fédération Wallonie-Bruxelles, la norme d'encadrement dans les crèches est d'un puériculteur·ice pour un minimum de 7 enfants. Sur le terrain, les équipes confirment que cet encadrement est réalisable avec des enfants plus grands, dès l'âge de deux ans, mais plus compliqué avec des tout-petits. Selon une puéricultrice, "ce sont des journées assez dures physiquement et mentalement, il y a vite la frontière qui peut être passée et les regards ne vont plus être aussi doux". Et cette réalité a des conséquences non seulement sur les enfants mais aussi sur le personnel. La durée moyenne d'ancienneté chez les puériculteurs·ices belges est de 8,7 ans. De nombreux professionnels quittent le métier à cause des conditions de travail difficile.
Un secteur divisé en deux
Et la situation économique du secteur ne vient pas aider à améliorer la situation. Le secteur est divisé en deux : d'un côté, les crèches subventionnées qui reçoivent des subsides de l'ONE via la Fédération Wallonie-Bruxelles, et de l'autre côté, les crèches non subventionnées qui subsistent grâce à la participation des parents. La réalité entre ces deux types d'établissements n'est pas la même et les inégalités se creusent.
Manque de moyens
Pour résumer, le secteur de la petite enfance accumule un manque d'effectifs, de place, de moyens et de temps. Et le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles n'aide pas à arranger la situation en réalisant une économie de 74 millions d'euros sur le secteur. Une mesure qu'il défend par la volonté de sauver les milieux existants en priorité et travailler à la création de 5000 nouvelles places d'ici 2030.
RTBF Actus, 11 mars 2026