Les psychiatres tirent la sonnette d'alarme : plus d'un praticien sur trois envisage de réduire ses activités
| Posté le 03/02/2026 — Actualité précédente / suivante |
Les psychiatres ambulatoires font face à une pression constante et un manque accru de valorisation financière et sociale. Ils sont près de 43% à ressentir des symptômes du burnout.
Une réforme qui fait débat
La réforme de la nomenclature, initiée en 2019 par le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke, laisse présager une révision de la structure des consultations. Les psychiatres craignent une tendance à la réduction des temps de séance. Ils sont 93%, selon une enquête de la Fédération Belge des Psychiatres Ambulatoires (FBPA), à souhaiter maintenir des consultations traditionnelles plus longues, d'environ 45 minutes. Pourtant, ce n'est pas toujours possible. Ils doivent parfois raccourir les séances afin de recevoir plus de patients sur la journée, faute d'honoraires suffisants. Ces tarifs ne couvrent pas l'ensemble des coûts qui découlent de la pratique ambulatoire, selon 8 psychiatres interrogés sur 10.
Déconventionnement massif
Le médecin non conventionné (environ 8.5% des psychiatres en 2025) peut fixer ses propres tarifs, tandis que le médecin conventionné doit respecter les honoraires fixés par l'Inami. Et c'est principalement le manque de valorisation financière qui laisse entrevoir un déconventionnement massif. Selon un psychiatre, "se déconventionner, ça ne veut pas dire empocher de gros salaires et se laisser aller à des abus financiers. C’est simplement pouvoir garder la tête hors de l'eau, en mettant davantage à contribution les patients les plus nantis, pour permettre à ceux en difficulté de continuer à bénéficier de soins accessibles.»
Vers une désertion de la profession ?
Le manque d'attractivité de la profession fait craindre que, les jeunes diplômés principalement, ne se dirigent plus vers la psychiatrie ou partent l'exercer à l'étranger, où les conditions sont plus avantageuses. Pourtant, le psychiatre occupe un rôle crucial entre la médecine et la psychologie. De plus, les besoins en soutien psychiatriques sont croissants et les files d'attentes pour obtenir un rendez-vous sont de plus en plus longues.
Le Vif, 3 février 2026