Docteur Baudouin Mansvelt,
Chirurgien digestif et chef de service à l’hôpital Jolimont de La Louvière, président du Collegium Chirurgicum

Interview réalisée en juillet 2018

Quel a été votre parcours de formation ? 

J’ai suivi 7 années de médecine et puis, j’ai poursuivi ma formation de 6 ans en chirurgie générale. J’ai effectué mes stages dans différents hôpitaux universitaires et non universitaires afin d’exercer dans les deux types de fonctionnement. Cela m’a permis d’avoir une vue d’ensemble sur la chirurgie en Belgique. Je suis également parti un an à Monaco pour travailler avec un grand chirurgien hépatique. A l’heure actuelle, je recommande vivement aux jeunes de partir un an à l’étranger pour parfaire leur formation. 

Ensuite, je suis revenu en Belgique et j’ai été engagé à l’hôpital Jolimont où j’exerce en tant que chirurgien digestif et chef de service. Je tiens à préciser que chef de service ne veut pas dire « le chirurgien le plus qualifié », c’est totalement faux. Devenir chef de service veut simplement dire avoir la compétence de combiner le caractère de tout le monde. Il faut savoir que les chirurgiens sont réputés pour avoir des personnalités assez fortes, ce qui est un des traits de caractère dont on a besoin en chirurgie. Notamment, lors des urgences où nous devons prendre des décisions en salle d’opération et face à une situation problématique, nous sommes généralement seuls. Il faut donc avoir du sang froid et réagir le plus rapidement possible.

Justement, quelles sont les qualités requises pour exercer ce métier ?

Savoir prendre des décisions dans l’urgence est vraiment la qualité la plus importante. Nous avons parfois des assistants doués au niveau intellectuel et pratique, mais trop hésitants dans la prise de décision et ce ne seront donc pas de « bons chirurgiens ». 

La deuxième qualité importante est de savoir poser des indications. Un chirurgien ne se limite pas à opérer, il doit également établir un diagnostic. Il doit aussi expliquer au patient sa pathologie et son mode d’intervention tout en établissant une relation de confiance qui est essentielle.

Quels sont les aspects négatifs dans votre métier ?

L’aspect négatif de la profession sont évidemment les heures accumulées au travail. Cela représente effectivement quelques sacrifices au niveau de la vie privée. Je dis toujours à mes assistants de mettre en place une bonne organisation entre la vie professionnelle et la vie privée. Nous ne sommes pas à moitié chirurgiens. Nous ne pouvons pas dire, il est 17h, la journée est finie. Si une intervention se prolonge ou si nous rencontrons des complications, nous devons assumer notre responsabilité et donc les heures s’accumulent très vite durant une journée. Il m’est déjà arrivé d’avoir une urgence le jour où je devais partir en vacances avec ma famille et j’ai donc postposé mon départ comme l’ont fait un bon nombre de chirurgiens. 

Quels sont les aspects positifs de votre profession ?

Indéniablement, l’aspect positif du métier sont les remerciements d’un patient. Il nous confie sa vie, nous fait confiance et, pour moi, c’est la plus belle récompense. J’ajouterai aussi que, si j’exerce dans cette région, ce n’est pas pour la beauté du paysage, mais pour la gentillesse des gens. 

Est-ce que l’aspect financier n’est pas aussi un point positif ?

Nous avons l’image du chirurgien qui gagne bien sa vie, il est vrai que c’est un aspect positif, mais compte tenu des heures que nous pratiquons (parfois 80h par semaine), c’est une juste rétribution.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.
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