Kristof Mathieu, Capitaine de navire

Interview réalisée en novembre 2020

Pouvez-vous présenter votre navire ? 

Je suis le capitaine d'une drague de taille moyenne de l’entreprise Jan De Nul. Nous exprimons la taille principalement sur la base de la capacité de la soute. Le navire sur lequel j’exerce cette fonction mesure 150m de long et 30m de large et peut stocker jusqu’à 14.000 m3 de sable. 

Quelles sont les activités de votre navire ? 

Nous transportons du sable que nous aspirons du fond marin avec une sorte d'aspirateur. Il y a généralement deux raisons différentes pour lesquelles nous faisons cela : 

  • nous aspirons le sable d'un endroit où il ne devrait pas être et l'emportons à la mer. De cette façon, nous faisons une rivière ou un port assez profond pour naviguer ;
  • nous aspirons le sable de la haute mer et l'amenons dans un endroit pour construire quelque chose. Par exemple, « L’Ile-palmier » à Dubaï.

Combien y a-t-il de membres d’équipage à bord ? 

Nous avons un maximum de 33 membres d'équipage à bord. On retrouve aussi bien des matelots que des machinistes, des cuisiniers, des stewards ou encore des soudeurs. Les nationalités sont diverses : il y a des Belges mais aussi des Philippins, des Indonésiens, des Croates, des Néerlandais, des Polonais, des Indiens, etc.

Où naviguez-vous ? 

Nous travaillons dans le monde entier, bien que nous restions souvent à un endroit pendant un certain temps, en fonction de notre mission. C'est pour cela que je me trouve actuellement en Colombie ! 

Comment êtes-vous devenu capitaine de navire ? 

J’ai suivi le Master en Sciences nautiques à l’Ecole Supérieure de Navigation d’Anvers. C’est une formation maritime très polyvalente avec beaucoup de maths et de sciences. J’ai ensuite franchi tous les stades d’officier de pont jusqu’à devenir capitaine.  

Quelles connaissances théoriques indispensables faut-il posséder pour être un bon capitaine ? 

Tout dépend du navire et de sa fonction. Sur une drague, il y a les connaissances nautiques habituelles (navigation, stabilité, etc.) mais il faut aussi posséder des compétences plus techniques et spécifiques à son secteur d’activité (caractéristiques des pompes, résistances des tuyaux, etc.).

Qu’est-ce qui vous plaît dans votre fonction ? 

La polyvalence qu’elle exige, la possibilité de naviguer dans divers lieux et l'aventure que constitue chacune des missions ! Nous travaillons en équipe et si nous parvenons à remplir tous ensemble nos missions, nous en retirons une immense satisfaction.  

Quelles sont les difficultés auxquelles vous êtes souvent confronté ? 

Le fait de partir souvent, de rater des moments importants à la maison avec des amis et la famille. A bord, il faut pouvoir anticiper les situations imprévues, être toujours prêt à parer aux urgences et gérer le stress qui va avec. La gestion de l’équipage nécessite une attention particulière et ce n’est pas toujours simple avec des caractères forts opposés. Mais, d’un autre côté, je trouve que cela rend aussi le métier attrayant ! 

Un événement en particulier vous a-t-il marqué ?  

Lors de la première vague de l’épidémie du Coronavirus, nous étions coincés en Uruguay. Une partie de l'équipage était à bord depuis plus d'un an. Pourtant, l'ambiance était bonne, tout le monde se serrait les coudes et cette expérience nous a encore plus soudés ! Lorsque nous avons appris que nous pouvions être rapatriés chez nous, les sentiments étaient partagés. Certains membres d'équipage ont regretté que notre bulle positive de sécurité touche à sa fin !

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.
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