Stéphane Noirhomme, Guide nature

Interview réalisée en janvier 2009

Comment êtes-vous devenu guide nature ?

J’ai un master en zoologie mais se contenter de dire cela est selon moi beaucoup trop réducteur. J’ai effectivement obtenu ce diplôme démarré à l’ULB (Université Libre de Bruxelles) pour les candis (bacs), interrompu, puis terminé à l’ULg (Université de Liège) mais ce sont divers petits évènements de mon parcours qui ont joué un rôle non négligeable dans mon évolution personnelle. Durant cette interruption qui a duré 5 ans, après avoir tâté de la musique dans un groupe, j’ai eu l’occasion, par exemple, de travailler comme animateur-réparateur de vélos dans une asbl (association sans but lucratif) bruxelloise. Ce job correspondait à mon envie d’aller vers les gens, envie qui datait de mes humanités. Par ailleurs, arrivé en licence (master) et dans le cadre d’un séjour Erasmus, en Grande-Bretagne, j’ai découvert une autre approche de la biologie à savoir plus naturaliste alors qu’en Belgique, on se consacrait davantage à son approche moléculaire. Cet évènement a eu un impact énorme sur ce que je voulais entreprendre comme activité sachant que l’enseignement ne me tentait absolument pas… ce qui ne m’a pas empêché de passer mon agrégation. Agrégation que je conseille à tous car c’est une occasion incroyable de réfléchir à la manière d’aborder le travail même et surtout  quand on a une certaine expérience en termes d’animation de groupes. Par la suite, très vite, je suis entré, comme ACS (agent contractuel subventionné) à l’Institut d’Eco-pédagogie, une asbl (association sans but lucratif) installée à Liège sur le site universitaire du Sart Tilman pour laquelle je travaille actuellement à temps plein en tant que salarié.

En quoi consiste exactement votre activité ?

A titre de salarié, longtemps, j’ai réalisé l’essentiel de mes activités dans le secteur scolaire principalement à destination du primaire (animations, classes vertes, etc ). Actuellement, je garde un pied dans ce secteur mais l’essentiel de mon temps est consacré à des formations de guides-nature destinées aux adultes. Par ailleurs, je consacre une bonne partie de mon énergie à l’aspect administratif des projets mis sur pied. Enfin, à titre d’indépendant, je m’ouvre aux groupes issus de tous les horizons et suis donc, de ce fait, actif dans le secteur touristique. Dans les années qui viennent, je compte d’ailleurs élargir mon champ d’action. 

Métier à part entière ou activité intermittente ?

A l’heure actuelle, il est impossible selon moi de vivre d’une activité de guide à titre indépendant principal. En effet, seul un organisme bénéficiant de subsides peut se permettre de proposer l’intervention d’un guide nature. Si nous le faisions à titre privé, nous serions beaucoup trop chers ! Je conseille donc de réaliser ce job  à titre indépendant complémentaire si on ne peut pas l’exercer en tant que salarié. A l’avenir, je suis persuadé que la demande sera toujours plus importante car l’intérêt pour la nature est à la mode c’est vrai mais celle-ci ne sera certainement pas passagère. 

Quels conseils donneriez-vous à des jeunes tentés par l’expérience ?

En termes de formations de base, beaucoup de cas de figure sont possibles : je pense à une formation en horticulture, jardinage mais on peut évidemment partir d’une bonne base en connaissances scientifiques comme un bac en agronomie, option environnement ou un master en biologie. Côté pratique, il est bon de présenter un certain don pour le bricolage car nous sommes souvent amenés à faire des petites démonstrations genre observations ou expériences diverses tout au long des promenades. Enfin, je pense qu’il est indispensable de savoir animer un groupe et d’avoir le goût des gens, le plaisir d’apprendre. A cet égard, pour les très jeunes et les adolescents, un passage par des asbl de type naturaliste comme « Jeunes et Nature » ou « Natagora » ne peut être que bénéfique. Sinon, au départ, il ne faut pas faire la fine bouche, être ouvert à des expériences nouvelles et, définitivement, se dire qu’il faudra bosser. Ce type d’activité demande de la préparation et exige de se tenir au courant des nouveautés. Bref, c’est tout sauf un boulot routinier. 

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.
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