Sylvain Roquet,
Ingénieur des mines et géologue

Interview réalisée en novembre 2020

Pourriez-vous décrire en quelques mots ou en quelques phrases ce en quoi consiste le métier d’ingénieur des mines et géologue ?

Le métier d’ingénieur des mines et géologue est un métier de sciences appliquées. On se consacre moins à l’étude détaillée des minéraux et des roches mais davantage à l’application pratique de la géologie (traitements et processus liés à l’industrie minière, méthodes d’imagerie du sous-sol, caractérisation de la pollution du sol et des eaux souterraines, etc.).

Et vous, en tant qu’ingénieur des mines et géologue, quel est votre parcours scolaire et professionnel ?

J’ai fait mes études à l’Université de Liège. Durant les années de bachelier d’ingénieur civil, il y a un important tronc commun mais on doit également choisir deux « options ». Pour ma part, j’ai choisi l’option « géologie » en majeur et l’option « électricité » en mineur. Par la suite, j’ai fait le master en ingénieur des mines et géologie. Pour mon parcours professionnel, j’ai été engagé un petit temps après la sortie de mes études, après un rapide passage par l’enseignement, au SPW (Service Public de Wallonie).

Quelle fonction occupez-vous alors aujourd’hui ?

Je travaille dans la cellule qui s’occupe des anciennes exploitations souterraines. On travaille sur plusieurs thématiques.

On a d’abord la remise d’avis aux communes et d’information aux particuliers et aux notaires par rapport aux projets de construction pouvant se trouver au droit d’anciennes exploitations. La deuxième chose concerne les anciennes concessions minières. La dernière mine wallonne a fermé en 1984 mais certaines concessions existent toujours du point de vue administratif. On s’occupe d’aller sur ces anciennes concessions minières, contrôler les ouvrages miniers encore visibles, vérifier que tout est en ordre au niveau de la sécurité pour enfin la retirer administrativement. Plus rarement, nous sommes parfois amenés à constater des effondrements au niveau d’anciennes exploitations souterraines (mines ou carrières souterraines). Enfin, nous nous occupons également de thématiques connexes comme l’exploitation du grisou sur d’anciennes mines fermées ou des projets de géothermie utilisant les anciennes mines.

Lors de l’exercice de votre métier, est-ce que vous utilisez des outils particuliers ?

Dans la cellule où je travaille, on ne fait pas directement des mesures ou des analyses. Ce sont les bureaux d’études qui vont s’en charger et qui nous remettent ensuite leur rapport. Dans le cas d’une demande de permis d’urbanisme, il est parfois nécessaire que le demandeur nous communique une étude de sol faite par un bureau d’études spécialisé. Nous pouvons alors vérifier si le projet tient la route, s’ils ont pris en compte toutes les problématiques qu’on a soulevées et si des solutions ont été trouvées pour que la construction reste stable dans le temps.

Lorsque vous travaillez, est-ce que vous le faites de manière autonome, seul ou en équipe ?

On a l’habitude de travailler en binôme dans ma cellule. Nous faisons des terrains plus ou moins une fois par semaine et généralement l’ingénieur géologue ou le géologue travaille avec un géomètre qui s’occupe des relevés à faire sur le terrain. Le géomètre a plus d’expérience du point de vue urbanistique tandis que nous gérons plutôt les aspects liés à la géologie appliquée.

Vous avez mentionné une journée de terrain en moyenne sur la semaine mais est-ce que vous êtes régulièrement amené à vous déplacer ?

Cela peut arriver que l’on se déplace pour un colloque en France, aux Pays-Bas mais pour le travail de tous les jours, nous restons en Wallonie. Par contre, la particularité de mon travail est que nous sommes parfois amenés à aller en souterrain, ce qui est plutôt atypique et très intéressant.

Est-ce que vous avez un horaire de travail qui est fixe ou alors un peu plus flexible ?

Mon horaire de travail est fixe en général. Je pourrais cependant être contacté en cas d’effondrement. C’est le seul cas où je pourrais être appelé le weekend, par exemple.

Quels sont les aspects positifs de votre métier ?

Le plus gros avantage, c’est de faire du terrain. C’est l’aspect qui m’a fait choisir cette option-là car on ne reste pas toujours dans un bureau, on sort également à l’extérieur.

Et à l’inverse, des aspects négatifs ?  

Ce qui peut être frustrant par rapport à d’autres disciplines scientifiques, c’est qu’il y a une grande part d’incertitude et d’interprétation en géologie appliquée. C’est-à-dire que le sous-sol est un environnement complexe où plusieurs couches se superposent et se mélangent. On a une image depuis la surface et on va essayer de l’interpréter d’une certaine façon mais on n’est jamais totalement sûr que notre analyse soit la bonne ou qu’un élément inattendu ne se trouve pas dans le sous-sol que l’on étudie.

Est-ce qu’il y a des qualités à avoir absolument pour exercer ce métier ?

Il faut être débrouillard et continuer à se former par soi-même. Les études universitaires nous préparent surtout à avoir une méthode de réflexion. Elles nous donnent une base de connaissances mais ce sont des domaines qui sont en constante évolution. Il faut se tenir au courant pour pouvoir réfléchir et développer de nouvelles choses. Il ne faut pas non plus avoir peur du terrain, de se salir, se mouiller : imaginer être ingénieur géologue et rester dans son bureau, il faut oublier.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.
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