Bibliothécaire à la bibliothèque spéciale de la Ligue Braille

Quelles sont les particularités de votre bibliothèque ?

Notre bibliothèque est au service de toute personne handicapée de la vue. Ainsi, nous possédons un matériel adapté à leurs besoins. Pour les personnes maîtrisant la langue Braille, nous possédons 4000 ouvrages dans ce langage. Nous possédons, pour les autres, les textes de 13.500 ouvrages sur bandes audios. Pour les personnes malvoyantes, c'est-à-dire qui possèdent encore une vision limitée, nous leur proposons des documents en grands caractères.

Cela implique-t-il un type de travail particulier ?

Bien sûr. Nous devons réaliser un travail de traduction de longue haleine avant de pouvoir disposer d'un ouvrage en rayon. Ce type de travail n'existe pas dans les autres bibliothèques. Nous possédons, par exemple, quelques studios d'enregistrement afin de réaliser les cassettes audio. Ainsi, la traduction d'un livre de 250 pages, prend 150 heures. C'est très astreignant. Sans les bénévoles qui nous prêtent leur voix, cela serait impossible : ils sont 150 à collaborer avec nous. Le travail se réalise également avec des techniciens du son.

Nous fournissons un travail de traduction identique pour traduire des ouvrages en langage Braille. Les seuls ouvrages que nous ne traduisons pas nous-mêmes sont les livres en grands caractères. Pour ceux-ci, nous sommes tributaires des entreprises d'édition.

Travaillez-vous en complémentarité entre voyants et non-voyants ?

Si beaucoup de personnes travaillant chez nous sont handicapées de la vue, nous ne pouvons pas nous passer de personnes voyantes. Notamment lors du choix des livres : il faut pouvoir voir pour se documenter sur les nouvelles publications. C'est un aspect particulier du travail chez nous. Souvent, ce sont des personnes qui sont sensibilisées aux problèmes des non-voyants qui travaillent avec nous, parce qu'ils connaissent quelqu'un dans ce cas dans leur entourage proche. Pour apprendre cet aspect du métier, beaucoup d'étudiants viennent suivre un stage chez nous. Cela se passe, généralement, très bien. Il faut avoir une bonne connaissance des handicapés de la vue, mais cela s'apprend beaucoup ici, sur place. Le travail est très vivant, chez nous.

L'accueil est-il différent par rapport aux autres bibliothèques ?

A cause de leur handicap, les lecteurs ne peuvent que rarement se déplacer jusqu'à la bibliothèque. 95% de nos prêts se déroulent par correspondance. Cela implique la maîtrise de l'accueil par téléphone pour pouvoir, tout autant que dans les bibliothèques classiques, être à l'écoute de nos lecteurs. Nous devons, en relation avec un vingtaine de pays, faire face à un très important travail de correspondance. La masse de courrier est considérable. Nous nous rendons également dans les hôpitaux, les homes et les écoles d'enseignement spécial pour proposer nos services.

Quelles sont les qualités professionnelles utiles pour travailler chez vous ?

Outre les particularités propres à notre institution, les exigences sont exactement identiques au travail bibliothéconomique classique. La seule particularité est de posséder une grande motivation, une volonté de travailler avec des personnes handicapées de la vue.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.