Dany,
Maître chien à la police fédérale

Interview réalisée en janvier 2005

Dany travaille au sein de la police fédérale comme maître-chien. Sa fonction : retrouver des personnes disparues.

Retrouve-t-on des Maîtres-Chiens à la fois au sein de la Police locale et de la fédérale ?

Oui. Il y a le « Service Appui Canin » qui dépend directement de la Police Fédérale et le « Maître-Chien de patrouille » que l'on retrouve dans la Police locale. Pour ma part, je travaille au Fédéral.

Quels types de Maîtres chiens existe-t-il ?

Il y en a de toutes sortes. Chacun a sa spécificité. Au niveau local, il y a les chiens de patrouille et les chiens drogues. Au niveau du Fédéral, en plus des chiens de patrouille et des chiens drogues, on retrouve des chiens drogues silencieux, des chiens pisteurs, des chiens hormones, des chiens restes humains, des chiens détecteurs de foyer d'incendie, des chiens explosifs et des chiens d'attaque.

Quelle est votre spécialité ?

La recherche d'êtres humains. Mon chien et moi intervenons lors de disparitions de gens, ou lors de hold-up, notamment, lorsqu'il s'agit de trouver des indices. Nous travaillons sur les odeurs.

Quelle démarche avez-vous effectuée pour devenir maître-chien ?

Etant policier de formation, j'ai introduit ma candidature. J'ai dû passer un examen écrit basé sur la connaissance du Service Appui Canin et sur ma motivation avant de pouvoir entrer en formation.

Pouvez-vous nous parler de cette formation ?

Elle durait un an. On a eu des cours de vétérinaire, législation et odeurs. Elle est très ciblée sur la pratique. Selon la spécificité des chiens, il y a des cours plus spécialisés.

Dressez-vous vous-même le chien ?

Dans le cas de la police fédérale non. Ils sont dressés dans un centre canin à Saint-Trond par des formateurs compétents. Ce n'est que lorsque nous avons fini la formation que l'on nous remet le chien. On le garde chez nous, à notre domicile, cela afin de renforcer le lien entre le policier et son animal. Tous deux forment un véritable team. Petite précision : je ne suis pas le propriétaire du chien.

Le vrai propriétaire reste la Police. Je n'en suis que le titulaire. Bref... Après un certain temps, on passe une évaluation qui permet de déterminer si on est tous les deux capables d'aller ensemble en intervention. Au niveau local, la procédure est tout à fait différente. Là, le policier qui souhaite devenir Maître-Chien dresse lui-même son propre chien dans un centre de son choix et présente par la suite les examens.

Quels types de chiens retrouve-t-on au sein de la Police ?

Ce sont prioritairement des malinois et des bergers allemands mais des chiens plus petits peuvent être autorisés pour certaines spécialités.

Quels conseils donneriez-vous à un policier qui souhaiterait exercer comme Maître-Chien ?

Si on aime les animaux, c'est un métier très agréable. Attention toutefois : il ne faut pas perdre de vue les inconvénients ! On est quasiment avec son chien 24h/24 ! De même, on n'a pas d'horaires fixes ! Il y a les permanences de nuit également. Et puis, dans mon cas, il faut avoir le coeur bien accroché. Il n'est pas rare que nous soyons confrontés à la découverte de cadavres.

Y a t-il actuellement beaucoup de débouchés ?

Non pas vraiment. Il y a beaucoup de demandes mais peu d'élus. Il faut attendre qu'une place soit vacante. D'ailleurs, au niveau local, c'est la zone de police qui décide elle-même si elle a besoin d'un maître-chien ou pas.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.