De Taffe,
Chef d'entreprise aux Pépinières de Boitsfort

Interview réalisée en avril 2011

En quoi consiste votre activité au quotidien ?

30 personnes travaillent aux pépinières de Boitsfort. Elles sont en possession de diplômes différents et ont des tâches et des responsabilités différentes. Il y a trois grandes activités : l’entreprise de jardins, le travail en pépinière et le travail en magasin.

Pour l’entreprise de jardins, le pépiniériste se présente au bureau, reçoit sa feuille de chantier qui détaille où il doit aller et les travaux à réaliser. Après avoir préparé son camion avec les fournitures et l’outillage, il se rend chez le client pour réaliser les travaux demandés. Cela peut être du travail de création et de réaménagement (soutien de terre, construction de terrasses et chalets de jardin, mise en place de clôtures, création de pièces d’eau…) ou des travaux d’entretien (tonte, taille, élagage, ramassage des feuilles, plantations…).

Le travail en pépinière nécessite de s’occuper de la réception de marchandises, de l’étiquetage, de la mise en place des plantes, de l’entretien et du nettoyage... Tout au long de la journée et en parallèle avec ces tâches, le pépiniériste s’occupe également de la vente et du conseil aux clients.

Le travail en magasin et en horticulture consiste en la vente et au conseil des clients sur les fleurs de saison, les plantes d’intérieur, les accessoires, les soins à apporter aux plantes… Le pépiniériste s’occupe également de la décoration et de la mise en place, de l’étiquetage, des commandes…
Pour ma part, en tant que chef d’entreprise, je dois ajouter le travail de ressources humaines : la gestion des horaires et des vacances ainsi que celle des salaires. Je décide également de la ligne de conduite pour l’achat des plantes et autres auprès de nos fournisseurs ainsi que du marketing en magasin.

Quelles sont les qualités nécessaires pour exercer votre profession ?

Il faut être polyvalent. Il n’y a pas que les études qui comptent ! Il faut de l’autonomie et être bricoleur. Il faut avoir de l’imagination. Une bonne connaissance en botanique est essentielle : connaître la nomenclature des plantes et le terreau adapté, la situation et les caractéristiques de chacune, les maladies et les remèdes. Des connaissances en biologie et en chimie sont un véritable avantage. Il faut aimer ce qu’on fait et avoir beaucoup de motivation. J’ajouterai que le métier de pépiniériste exige une bonne condition physique et de la force.

Quels sont les avantages et les inconvénients de votre métier ?

Les avantages sont multiples. C’est un métier fort diversifié et qui varie en fonction des saisons et des années. On a beaucoup de congés car en période creuse comme l’hiver, on peut mettre les pépiniéristes en chômage économique. Le fait de travailler dehors est un avantage énorme pour moi ainsi que le contact avec la nature. On a beaucoup de contacts, que ce soit avec les collègues, les clients ou les fournisseurs et cela me semble très positif.

Cependant, il faut avouer que les conditions climatiques ne sont pas toujours évidentes, on travaille dehors par n’importe quel temps et n’importe quelle température. C’est un métier physiquement lourd et la santé en prend parfois un coup, à long terme !

Quel est l’horaire de travail ?

On travaille 39h/semaine et on récupère 6 jours de congé en plus. Il y a deux horaires : 8h-17h ou 9h-18h avec une pause à midi, des tournantes sont organisées. Ce métier est saisonnier. Au mois de mai, la vente des plantes annuelles prend beaucoup de temps car les clients ont besoin d’aide. A la fin de l’été, on est davantage dans les foires et les salons pour y découvrir les nouveautés et prendre contact avec les fournisseurs. L’automne reste la meilleure période de plantations, on a beaucoup d’arrivage de plantes à ce moment-là, des arbres fruitiers, des rosiers, des arbustes…

Quelles études avez-vous faites pour accéder à votre profession ?

Après mes études secondaires générales orientation économique, j’ai fait d’abord un bachelier en comptabilité et ensuite un bachelier en agronomie orienté vers l’horticulture. De manière générale, nos pépiniéristes sont formés via différentes filières : les apprentis issus des CEFA, les apprentis issus de l’IFAPME, les techniciens agricoles, les agronomes…

Quel a été votre parcours professionnel ?

C’est une entreprise familiale qui existe depuis les années 20, mon père et mon grand-père s’y sont succédés avant moi. Au départ, je ne devais pas reprendre l’entreprise mais la pépinière allait être revendue et transformée en lotissement et ça, je ne le voulais pas. J’ai toujours travaillé au côté de mes parents et j’ai repris l’entreprise depuis 1991. Depuis, mon mari et mon beau-frère sont venus me rejoindre et la pépinière est devenue ce qu’elle est maintenant. 

Pourquoi avez-vous choisi ce métier ?

J’ai choisi ce métier car je suis née dedans. Je voulais que la tradition du respect du client se perpétue et je voulais maintenir ce havre où nos clients trouvent des réponses précises, une expertise, des conseils et un amour du métier.

Que diriez-vous à un jeune qui souhaite se lancer dans cette voie ?

Je lui dirais qu’il faut par dessus tout aimer ce qu’il fait, être enthousiaste chaque matin en se levant, sinon ce n’est pas la peine. Il faut être humble et rester ouvert et il faut accepter d’apprendre tous les jours. Il faut aussi accepter de faire des tâches qui n’ont pas toujours un lien direct avec la formation initiale, garder un intérêt pour toutes les activités et rester motivé.

Avez-vous une anecdote à raconter ?

J’ai beaucoup d’anecdotes sur les clients que nous voyons à la pépinière ou qui nous téléphonent pour des conseils ou des questions. On se retrouve souvent face à des personnes qui s’y connaissent de moins en moins mais qui ne savent pas écouter ce qu’on leur dit. Ils vont alors poser la question à trois personnes 

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.