Delphine Grandry, Styliste

Interview réalisée en janvier 2007  —  Interview 520

Delphine Grandry est styliste depuis 15 ans.

En quoi consiste votre activité au quotidien ?

Je travaille en freelance.Je reçois des commandes de clients, je dialogue avec eux pour connaître leurs exigences, le style de collection qu'ils souhaitent.Selon la demande, je réalise aussi les fiches techniques, je réalise le graphisme ou je supervise le travail des graphistes. Je travaille les collections sur ordinateur, notamment avec Photoshop.C'est un métier qui génère beaucoup de contacts avec les clients et beaucoup de travail seul dans son bureau pour imaginer, concevoir et mettre sur papier les modèles de chaque collection.

Quelles sont les qualités nécessaires pour exercer votre profession ?

La polyvalence, la flexibilité, la motivation, la mobilité, l'esprit d'observation, la rapidité, la maîtrise de l'anglais (au minimum), l'ouverture d'esprit, la curiosité, la faculté d'adaptation, la sociabilité, l'imagination, la créativité.

Quels sont les avantages et inconvénients de votre métier ?

Curieusement, les avantages et inconvénients sont les mêmes. Ce n'est pas un travail répétitif. Tout est remis en question à chaque saison. Tous les six mois, on traite une nouvelle collection pour un marché et un consommateur changeant. Ce n'est pas routinier, mais ce "pas de routine" peut devenir épuisant ! Car tout est toujours à refaire et à repenser tous les six mois.

Quel est l' horaire de travail ?

Variable, mais, en général, plein temps et surtout plus que plein temps puisque l'on travaille dans le but de vendre un produit, de satisfaire ou séduire un consommateur.Il faut toujours une grande faculté d'adaptation.

Quelles études avez-vous faites pour accéder à cette profession ?

J'ai fait deux ans dans la section stylisme de l'Académie des Beaux-Arts d'Anvers puis un cycle de 3 ans dans la section stylisme de l'Institut des Arts Visuels de la Cambre où j'ai terminé mes études avec succès.

Quel a été votre parcours professionnel ?

Au début, j'ai eu un travail assez diversifié.J'ai fait du stylisme de photo, de la création de costumes, du graphisme de mode et j'ai créé les collections d'une marque pour enfant (Kid Cool).Là, j'ai pas mal voyagé pour suivre la mise au point des échantillons et la production.Ensuite, au fil des années, j'ai créé des collections pour plusieurs marques telles que Lee, Etam, Cassis, Enato, Dod, Mini Cat, Bengy... . Actuellement, je travaille comme freelance pour les collections de Prémaman, C&A, Sodirep, Carrefour... .

Si c'était à refaire, choisiriez-vous la même profession ?

Parfois je regrette la futilité, le côté superficiel de cette profession : beaucoup d'énergie au service d'un objectif assez futile « le paraître » et la « consommation ». Mais, au plus loin que remontent  mes souvenirs, je n'ai jamais voulu faire que cela.L'idée m'est venue à l'âge de 13 ans. Je suis fille de couturière, petite fille de couturière, etc.

Que diriez-vous à un jeune qui souhaite se lancer dans cette voie ?

Ne pas se décourager, rester polyvalent, garder les pieds sur terre, ne pas pratiquer le « pousse-toi pour me faire de la place ». De la place, il y en a pour tout le monde et chaque individu a quelque chose de très personnel à apporter.Ce monde est très petit, le pire est de s'y faire des ennemis! Restez corrects!

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.